Quand l’Histoire sert de paillasson

M. Jean-Marie Bockel a donné une interview à un journal algérien Al-Akhbar (L’information !!) qui fut reprise par Al Watan (La Nation). Nous y apprenons que, décidément, nos gouvernants sont des gens curieux.
Celui qui a dit que le pire n’est pas toujours probable s’est lourdement trompé car avec les politiciens, il faut toujours s’attendre au pire du pire. Quand on saura que ladite interview de l’intéressé est datée du 13 mai 2009, je pense que je serai compris.
Que déclare donc ce membre du gouvernement à propos de la guerre d’Algérie ? Attention ! Accrochez-vous aux branches ! Citation : « [Reconnaître la guerre d’Algérie] c’est reconnaître que ce conflit a opposé deux nations également (sic) constituées qui étaient déjà (sic) l’Algérie et la France. »
Alors là ! Rideau ! Basta ! N’en jetez plus !
Pauvre Clio couverte de crachats, insultée, ridiculisée. Pauvre France, ramenée par un de ses représentants au niveau de l’Algérie FLN. Car, vous avez bien lu : L’Algérie et la France étaient déjà (sic) deux nations. Et pas seulement deux nations. Elles étaient deux nations également constituées.
Autrement dit : La France qui est une des plus anciennes nations d’Europe et une des plus prestigieuses affronta, à partir de 1954, une autre nation constituée à son égal.

Chacun sait, même le plus humble de nos étudiants d’Histoire, qu’il n’y avait pas de nation algérienne en 1830, que le nom même d’Algérie fut créé par les Français que l’émir Abd-el-Qader qui dirigea la résistance à l’armée française le faisait au nom de djihad et non pas au nom d’une patrie algérienne qui n’existait pas. Pas plus qu’elle n’existait en 1954, où le mouvement nationaliste à peine sorti de la crise berbériste végétait dans les divisions et les conflits de personnes.
Pour Bockel, tout cela n’est que roupie de sansonnet, que dis-je, de la raclure de godillot : L’Histoire, il s’en essuie les pieds.
Il affirme que la France et l’Algérie étaient en 1954, deux nations également constituées.
« Puissances célestes, guérissez-le ! » disait Ophélie d’Hamlet. Oh oui !
Car ce n’est pas tout. Bockel ajoute, je le cite : « Reconnaitre la période 1954-1962 comme la guerre d’Algérie, c’est d’abord reconnaître la valeur militaire (sic) des combattants de l’Indépendance, leur bravoure, leur sacrifice en même temps (sic) que ceux des soldats français tombés sur ce sol qu’ils découvraient pour la première fois… »
Pauvre, pauvre France dans quelles mains es-tu tombée ?
Quelles voix prétendent désormais parler en ton nom !

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