Note à propos du 5 décembre 2009

Il y a un an, je déplorais que l’hommage rendu aux combattants d’AFN ait été précédé, à la télévision, d’un sinistre film dépeignant nos soldats comme des tortionnaires et des meurtriers. Le non moins sinistre Bockel, après avoir décoré quelques-uns des nôtres, s’en alla ensuite accorder une interview à un journal FLN. Il rendit hommage à ses combattants et affirma que l’Algérie était une nation en 1954(sic).
Cette année, en 2009, les choses furent quelque peu différentes. M. Hubert Falco après avoir, hélas, réaffirmé que le système colonial était basé sur l’injustice, se livra immédiatement après à des considérations qui montraient rigoureusement le contraire. Il déclara que les Français en AFN avaient soigné, éduqué, construit (en Algérie ils ont créé le pays lui-même) et combattu pour le plus grand bien de tous. En somme, après avoir annoncé une première proposition conforme à l’idéologie officielle, Hubert Falco a tranquillement démontré qu’elle était entièrement fausse. Il sera donc très difficile de la prendre au sérieux.

Il a ensuite expliqué que les victimes civiles du terrorisme seraient considérées comme mortes pour la France et que les victimes du 26 mars 1962, en particulier, seraient inscrites au Mémorial du Quai Branly. Pour les familles concernées c’est une victoire que nous saluons de tout coeur. C’est également une victoire pour toute notre communauté.
Reste que l’exercice du Ministre Falco avait un caractère légèrement orwellien : affirmer son soutien à une thèse officielle, tout en la démentant à chaque parole suivante : c’est de l’art.
Reconnaissons-le donc : Falco n’est pas Bockel et sans doute sera-t-il plus populaire chez les nôtres. Cependant, l’exercice auquel il s’est livré est curieux. Les anglophones le qualifieraient d’ oxymoronic (contradictoire). Vous savez cet adjectif bâti sur la racine oxymoron, cette figure de style qui unit deux termes sémantiquement opposés : obscure clarté, faibles forces, courage craintif, rigueur démocratique etc…  En anglais, le terme se double d’un jeu de mot sur moronic, dérivé de moron qui signifie crétin.
Des journalistes américains ont poussé l’insolence jusqu’à qualifier ainsi la politique du président Obama en Afghanistan. Envoyer des renforts dans ce pays, tout en annonçant qu’ils partiront le plus vite possible, en 2011 au plus tard est typiquement oxymoronic selon Time Magazine. C’est tout simplement une façon de dire une chose et son contraire. Elle se répand chez les politiciens occidentaux.
Mais baste ! Pour nous l’essentiel est ailleurs, nous n’acceptons pas l’idée que la colonisation fut intrinsèquement injuste. Non et non ! Nos ancêtres ne se sont pas décarcassés outremer pour y perpétuer l’oppression.
Et attention ! Encore une fois, Caveant Consules !
A force de répéter que la France a un passé peu glorieux, qu’elle est coupable d’injustice et d’exploitation, on crée, tous les jours, des terroristes dans nos banlieues. Il ne faut pas s’étonner si des immigrés ou des Français d’origine immigrée brûlent le drapeau français à Toulouse ou sifflent la Marseillaise. Ils agissent,- et c’est bien triste à écrire-, conformément à ce que leur enseignent nos gouvernants, nos écoles et nos médias : à savoir qu’il n’y a pas lieu d’être fier d’être Français.
On ne peut pas dire et laisser dire quotidiennement et partout que la société française regorge de discriminations et d’injustices ou que l’histoire de France fut une suite de crimes et s’attendre à autre chose. Il serait temps de changer de cap.
Le Figaro a évoqué récemment le cas d’un chercheur issu de l’immigration et présumé dangereux. On le soupçonnait de vouloir bricoler un engin explosif. Ce qui est intéressant dans ce cas bien connu d’un terroriste présumé ce sont ses motivations. L’une d’elle mérite qu’on y réfléchisse : la célébration d’une victoire française en Algérie par un de nos régiments le dérangeait (Sidi Brahim). Les services chargés de la lutte contre le terrorisme aujourd’hui dans le monde, craignent beaucoup l’apparition de ce type de terroristes solitaires (lone terrorists). Ils n’appartiennent à aucun réseau, mais ils sont capables de bricoler seuls des armes ultra dangereuses et ils désirent « punir » les Occidentaux pour leurs « crimes » passés.
Rien de plus dangereux que l’auto-flagellation perpétuelle à cet égard. Elle nourrit quotidiennement le futur terrorisme à nos portes, dans nos banlieues et même dans nos universités.

15 décembre 2009.

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