Lettre adressée au Président directeur général du Point.

Jean MONNERET
Historien
Auteur de La Guerre d’Algérie en 35 questions

Le 27 mai 2008

Monsieur le Président directeur général,
Chaque fois que l’Algérie demande la contrition de la France à propos du conflit appelé Guerre d’Algérie ou de la période dite coloniale, les gouvernants français ont invariablement répondu qu’il fallait laisser débattre les historiens à ce sujet. Je vois que le numéro spécial du Point a décidé d’ignorer délibérément cette sage (pour une fois) recommandation. Ainsi sur les événements du 8 mai 1945, dois-je constater que M. Malye reprend les clichés habituels en la matière. Les éléments de base contenus dans le livre du SHD sur cette insurrection sont négligés. Le livre fondamental que vient de faire paraître Roger Vétillard sous le titre Sétif mai 1945, massacres en Algérie n’est naturellement pas cité et n’a même pas été lu. On nous sert tout bonnement la propagande algérienne, chiffres absurdes compris. A quand un débat contradictoire ?

Appeler la conquête de l’Algérie une « Vendée musulmane » ou les volontaires d’Achiary des « miliciens » revient à jouer sur les émotions et sur les mots. Puis-je attirer votre attention sur l’article ci-joint contenu dans la Nouvelle Revue d’Histoire ?
Nous servir pour terminer une nouvelle interview du sempiternel Stora, le big brother de la recherche historique sur l’Algérie, relève en outre d’un conformisme affligeant. A quand un débat contradictoire ?
Oui, ce numéro du 22 mai est un pur produit de la pensée unique. C’est affligeant.
Veuillez agréer, Monsieur le Président directeur général, l’expression de ma sincère considération.

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