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Manuels scolaires - ANNEXE 2. Il faut parler du terrorisme.


1°)__Ne pas parler du terrorisme durant la Guerre d’Algérie est une faute. Comment lutter contre ce fléau aujourd’hui sans dire ce qu’il fut et d’où il vient ?
2°) Or, les manuels scolaires examinés répondent mal à cette exigence. Disons- le sans ambages ; ils y répondent très mal. Certains ne parlent absolument pas de terrorisme durant le conflit algérien. Ceci est un exploit. Ils préfèrent dénoncer le colonialisme, ou la torture (pratiquée par l’Armée française).
D’autres en parlent mais sans l’associer au FLN. Quelques- uns l’associent à l’OAS. Exclusivement.
Enfin, deux manuels parlent de certaines exactions du FLN, ils citent : Mélouza, les massacres du 5 juillet 62 à Oran, les massacres de Harkis , mais, sans les qualifier de terrorisme. On parle de terrorisme, par la bande : extrait de journal ou citation d’un personnage. Cette pusillanimité des rédactions peut avoir des causes idéologiques, politiques, diplomatiques voire les trois à la fois. Nous avons souligné toutefois que certains manuels sont beaucoup moins circonspects que d’autres.
Dans la mesure où certains ouvrages évoquent les enlèvements d’Européens, les massacres d’Oran, et la tragédie des harkis, tous ceux qui luttent difficilement depuis un demi-siècle pour faire reconnaître ces faits historiques y trouveront un encouragement et un espoir. Le dénégationnisme peut être combattu, le silence d’Etat aussi.
3°) L’état actuel des manuels examinés révèle un état d’esprit anticolonial assez général. Ceci consiste à ne trouver aucun trait positif à la période concernée. Dans un pays comme le nôtre les opinions sont libres à ce sujet. Il y eut souvent en France des « colonistes » s’opposant à des « anticolonistes » (selon la formule d’antan). Est-il excessif de trouver que le côté systématique de certaines positions ne favorise pas les démarches historiques ?
Est-il excessif d’estimer que les tournures d’esprit favorables à la repentance peuvent être très négatives en particulier lorsqu’elles sont dirigées vers des gens très jeunes qui connaissent mal la France et son Histoire ?
Quand ceci aboutit à exonérer un mouvement révolutionnaire de ses fautes et de ses crimes, la lutte contre le terrorisme est relativisée. Ce fléau trouvera demain, trouve déjà, des « justifications » dans une vision incomplète, déséquilibrée de la Guerre d’Algérie.*
Jean Monneret.
*A son procès, un des auteurs de l’attentat du métro Saint-Michel évoqua comme « excuse » le million d’Algériens tués pendant la Guerre d’Algérie. Aucun historien ne cautionne pourtant ce chiffre.


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