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Articles Archives

Histoire cachée du Parti communiste algérien

sept. 20 2016 04:02 | Jean Monneret dans Articles

L’ouvrage peut être commandé à l’éditeur "Via Romana" : 5 rue du Maréchal Joffre, 78000 Versailles pour la modique somme de 18 euros + frais de port =20 euros.

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DES HISTORIENS RAPPELLENT LA DRAMATIQUE REALITE DU 19 MARS 1962

avril 18 2016 04:27 | Jean Monneret dans Articles

Avant la célébration du 19 mars par le Président de la République, il avait paru nécessaire à Joseph Perez, Jean Monneret et Maurice Faivre de publier un texte court, qui rétablissaitt la réalité des faits. Texte qui a reçu le soutien de 23 historiens.

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On dit souvent que Jean Raspail avait prédit.....

oct. 09 2015 11:36 | Jean Monneret dans actualité

Chers Amis,
On dit souvent que Jean Raspail avait prédit, il y a quelque 4 décennies, dans Le Camp des Saints, les torrents migratoires qui nous menacent aujourd'hui.


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Manuels scolaires - ANNEXE 1.

août 24 2015 04:10 | Jean Monneret dans actualité

Il faut faire justice d’une thèse fausse.
A en croire le manuel Belin, (mais on peut lire cela dans maints articles ou reportages), le souvenir de la Guerre d’Algérie aurait été « occulté » en France jusqu’aux années 8O.

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Manuels Hachette

août 24 2015 04:01 | Jean Monneret dans actualité

Avant de commencer, je voudrais réparer une injustice. Dans le Manuel Nathan TermS dont j’ai précédemment parlé ,j’ai oublié de signaler qu’on peut y lire, page 42,que le 5 juillet à Oran des centaines de Pieds-Noirs furent en levés et, pour la plupart, exécutés. Ceci est tellement rare qu’il convient de s’en féliciter, car cela prouve que les efforts raisonnés et inlassables de certains d’entre nous pour faire reconnaître ces épreuves ne sont pas vains. Même si l’opposition et le silence de plomb des media demeurent .

Le Manuel Hachette destiné aux classes SGTM n’est pas sans quelques vertus également. Le tout dans une tonalité restant généralement anticoloniale et sous-estimant complétement les handicaps démographiques de l’Algérie de l’époque, malheureusement.

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Manuels scolaires - ANNEXE 2. Il faut parler du terrorisme.

août 24 2015 04:14 | Jean Monneret dans actualité

1°)__Ne pas parler du terrorisme durant la Guerre d’Algérie est une faute. Comment lutter contre ce fléau aujourd’hui sans dire ce qu’il fut et d’où il vient ?

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Manuels scolaires - ANNEXE 3. Remarques sur la culture pied-noire.

août 24 2015 04:18 | Jean Monneret dans actualité

Les manuels étudiés montrent une ignorance certaine de ce qu’est la culture spécifique des Pieds-Noirs, bien qu’ils l’aient, naturellement, transplantée avec eux durant leur exil. En témoigne ainsi la création des cercles algérianistes dans les régions de métropole où ils sont massivement implantés. Un livre de Maurice Calmein a retracé cet épisode.

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MANUEL BORDAS.HISTOIRE pour TerminalesL/ES.

août 24 2015 04:05 | Jean Monneret dans actualité

P.Vidal-Naquet, René Vautier, B.Stora (cité 4 fois) ,H.Alleg, Yacef Saadi, Zidane brandissant un drapeau algérien et présenté comme le symbole d’une culture (sic) franco-algérienne , la LDH de Toulon appelée en renfort, chacun l’aura compris : les auteurs de ce manuel n’y vont pas avec le dos de la cuiller.

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MANUEL NATHAN/ Terminales S/ Programme 2014.

août 24 2015 03:54 | Jean Monneret dans actualité

Il est certes regrettable que les manuels scolaires soient émaillés d’erreurs diverses. Disons-le : les bourdes pullulent. Continuer à en dresser le catalogue serait un exercice fastidieux et long, je préfère donc me concentrer sur la cause de cette situation et sur le traitement du problème du terrorisme.

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MANUEL D’EDUCATION CIVIQUE MAGNARD

août 24 2015 03:45 | Jean Monneret dans actualité

Destiné aux Terminales S.T.M.G.

Dans cet ouvrage, le conflit algérien est replacé en une phase plus large : celle de l’émancipation des peuples. Formulation que l’on peut trouver optimiste et qui correspond, en gros, à ce qu’il est courant d’appeler la décolonisation.

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MANUEL BELIN/Terminales L,ES

août 24 2015 03:14 | Jean Monneret dans actualité

Commençons par le positif.


Ce manuel fait un effort d'impartialité louable. (Pas toujours réussi. Je reviendrai ultérieurement sur certaines fautes chronologiques et quelques analyses erronées de la culture pied-noire).

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Petites réflexions sur le djihadisme

déc. 23 2014 01:42 | Jean Monneret dans archives

Nous apprenons au fil des media que quelque 900 jeunes français sont allés faire le djihad en Irak et Syrie. Notre pauvre patrie a donc le redoutable « honneur » d’être en tête des pays occidentaux par le nombre de ses enfants participant au Proche Orient à la sombre aventure de l‘Etat Islamique.
Essayons de comprendre : tous les Musulmans vivant en France ne sont pas des fanatiques et c’est heureux. Néanmoins ceux qui vont faire le djihad se recrutent bien dans des milieux musulmans. Il est difficile de les confondre avec des Sœurs de la Charité ou des disciples de Gandhi. Comme la France abrite la plus forte proportion de Musulmans en Europe de l’Ouest, il n’est pas étonnant que sa frange djihadiste soit en proportion.
/ Il y a une explication complémentaire à ce nombre élevé de jeunes djihadistes partis de France. En plus des influences islamiques qu’ils ont pu subir dans certaines familles, dans certains quartiers, dans certaines mosquées ou sur certains sites internet, ils ont subi l’influence omniprésente, que dis-je, ubiquiste des media français les plus ordinaires .

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Manuel scolaire Hatier

juin 23 2015 03:19 | Jean Monneret dans actualité

Pris par des travaux intenses , j'ai tardé à me pencher sur le traitement du terrorisme dans les manuels scolaires souhaité par quelques uns de vous. Le choc n'en a été que plus rude: J'ai sous les yeux le manuel Hatier destiné aux Terminales L/ES/S ,...

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Conférence sur le statut civique des musulmans en Algérie française

mai 08 2015 09:49 | Jean Monneret dans vidéos

Conférence reprise sur le site internet Enquête & débat, pour les éclaircissements qu'elle apporte au sujet du fameux "décret Crémieux".

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L’embuscade de Palestro vue par Raphaëlle Branche - critique de Jean Monneret

avril 07 2015 08:22 | Jean Monneret dans travaux

18 mai 1956.
Partie en mission près des gorges de Palestro à 80 km au Sud Est d’Alger, une section de militaires français tombe dans une embuscade. Elle fait 17 morts dans leurs rangs à la suite d’un échange de coups de feu avec les hors-la-loi se réclamant du FLN. «Dépouillés de leurs armements et vêtements, les Français sont mutilés. Certains visages rendus méconnaissables…..» R. Branche. p. 6 du livre. Précisons qu’ils ont été mutilés par les villageois voisins après que les blessés aient été achevés.

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La Bataille d’Alger : Torture et Terrorisme

févr. 04 2015 02:00 | Jean Monneret dans conférences

Il y a cinquante ans en pleine guerre d’Algérie, se livrait dans la capitale de ce pays, ce qu’on appela ensuite La Bataille d’Alger.

Cette Bataille s’est terminée par une victoire de l’Armée Française sur ce qu’il est convenu d’appeler le terrorisme. C’est donc un événement d’une grande portée historique. Soyons clairs cependant. Si nous avons choisi d’en parler ce soir, ce n’est pas dans l’esprit de commémorer cette bataille, mais dans celui de tirer des enseignements de ce qui s’est passé alors.

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Colloque du 14 mars 2013 : L'Accord du 19 mars 1962 et ses conséquences

mars 17 2015 09:03 | Jean Monneret dans actualité

Le 19 mars est donc devenu une journée officielle de commémoration par la « grâce » du Parlement qu’ont élu les Français.
Pour nous, Pieds-noirs, harkis, responsables des associations, historiens attachés à défendre la vérité, c’est une défaite grave , il ne faut pas se le cacher. Dans ces conditions, il ne serait pas inutile de faire un peu d’autocritique. Avons-nous su communiquer ? Avons-nous bien défendu la vérité historique ?


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Vie et mort de la société européenne d’Algérie

mars 03 2015 09:27 | Jean Monneret dans actualité

Lorsqu’éclata, le 1 novembre 1954, l’insurrection dite de la Toussaint rouge il ne s’agissait pas d’un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Rétrospectivement, certains argueront même que les troubles de Tunisie et du Maroc venant après l’échec en Indochine puis l’émeute indigène du 8 mai 1945, tout comme les courbes de la démographie locale constituaient autant de clignotants rouges qui eussent dû alerter la société européenne d’Algérie.

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Le terreau des terroristes

févr. 07 2015 09:05 | Jean Monneret dans actualité

L’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo et de nos malheureux compatriotes juifs de la porte de Vincennes, nous a justement indigné, comme d’ailleurs une grande masse de Français, et, nous le condamnons. Notre peuple souvent manipulé, assoupi, chloroformé commençait à se réveiller d’un long sommeil. Le voilà désormais confronté à la réalité ultime, à l’aboutissement final du multiculturalisme et de l’immigrationnisme qu’on lui inflige depuis 40 ans.

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Carte des enlèvements dans la ville d'Alger

févr. 09 2015 07:58 | Jean Monneret dans travaux

Carte des enlèvements d'Européens sur la ville d'Alger, d'avril à septembre 1962. Cliquez pour afficher :

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Le débat à propos du 5 juillet 1962 à Oran. Chapitre 3.

déc. 23 2014 01:39 | Jean Monneret dans archives

B. CE QUI RESTE A DEMONTRER
De multiples interrogations subsistent en ce qui concerne cette journée du 5 juillet. On peut les ramener à deux :
-1 Qui a déclenché la fusillade ?
-2 Y a-t-il eu une machination et ourdie par qui ?
S’il est une question à laquelle les gens sont susceptibles de répondre en fonction de leurs présupposés personnels, c’est bien la première. Or, il ne s’agit pas de convaincre les convaincus mais de faire un travail aussi scientifique que possible. N’ayant pas personnellement l’assurance qui permet de tout trancher, je reste sur ce point dans l’incertitude.
En revanche, tout le monde ou presque(1) paraît d’accord pour mettre hors de cause l’OAS, dont les commandos avaient quitté Oran. Seul le Général Katz fait allusion, dans son livre(2) à de possibles desperados de l’Organisation (sans la nommer). Sa démonstration est toutefois des plus laborieuses. Je l’ai souligné à la page 109 de mon ouvrage sur le sujet.(3)
Répondre à la deuxième question est tout aussi difficile. J.F Paya s’estime, pour sa part capable de résoudre ces deux énigmes. Il semble persuadé que sa présence en Oranie en 1962, qui s’est prolongée à Mers-el-Kébir jusqu’en 1965, lui donne un avantage pour analyser le 5 juillet. Toutefois ce qu’il écrit est loin d’être toujours convaincant.
Paya insiste sur le conflit qui opposait alors le GPRA(4) au clan Ben Bella/Boumediene. Ce dernier étant le chef de l’Etat Major Général de l’Armée de Libération Nationale(5), basée aux frontières algéro-marocaine et algéro-tunisienne. C’était en effet le problème de l’heure et toute la presse nationale et internationale ne parlait que de cela. L’EMG défiait l’autorité du GPRA, ce qui avait pour résultat d’introduire au sein du FLN une très grave cassure à la veille du referendum. Celui-ci eut lieu néanmoins, mais au lendemain de sa tenue, les deux groupes antagonistes se redisputèrent avec ardeur la direction de la future Algérie.

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Dissidence/dissonance

déc. 23 2014 01:22 | Jean Monneret dans archives

Trente années de lutte pour faire reconnaître le drame des Français disparus en Algérie en 1962
Note préliminaire
Dans le texte suivant, le mot media est toujours écrit sans s à la fin. En effet, il s’agit d’un mot latin au pluriel neutre ; nul besoin donc, de lui adjoindre une seconde marque de pluriel.
Au singulier, pour désigner UN moyen de communication, j’emploie tout naturellement le mot medium qui est le singulier du précédent.
L’expression un media est un pur solécisme.
La Une de France-Soir
Pour moi, tout commença au printemps de 1982. A cette époque, France-Soir, quotidien aujourd’hui trépassé, se vendait abondamment. Dans l’après-midi, de petites cabines de toile verte s’ouvraient sur les trottoirs parisiens. Le préposé aux ventes accrochait un exemplaire à l’extérieur afin que les passants en puissent découvrir la Une. Je lus, un jour de printemps, ce titre sidérant : « Des Pieds Noirs seraient toujours détenus clandestinement en Algérie, depuis 1962 ».
La nouvelle m’avait interloqué. Nous étions en plein sensationnalisme, avec tout ce que cela a de douteux. En même temps, je me trouvais renvoyé à un passé déjà ancien, auquel, pendant vingt ans, je m’étais efforcé de ne plus penser : la fin catastrophique de la Guerre d’Algérie.
En 1962, j’étais déjà installé en métropole depuis plus d’un an lorsque survint l’Indépendance. Celle-ci s’était produite après des combats apocalyptiques dans Alger et Oran, suivis ou plutôt accompagnés d’un flot de sang qui emporta des milliers d’Européens et de Musulmans (principalement d’ailleurs après l’accord du 19 mars 1962 signé à Evian).
Mes parents avaient pu rester à Alger jusqu’au 23 juin 1962. Ensuite la situation devint intenable. Ils avaient, ce jour-là, pris la direction de l’exil comme des centaines de milliers de compatriotes, chassés par l’insécurité. Un mois plus tard, je pris la décision, contre tout bon sens, j’en conviens, de me rendre en Algérie. J’étais chargé de récupérer les meubles et diverses choses que les miens avaient dû abandonner. Quelques jours avant mon départ, j’appris que ma grand-mère qui avait voulu obstinément demeurer en Algérie, était décédée. Arrivé dans les faubourgs d’Alger, à Maison-Carrée où mes parents résidaient, je dus organiser son inhumation et le déménagement du mobilier.
Ceci me prit un mois. Durant ce délai, je constatai que les commandos du FLN, les fidas(1), ainsi d’ailleurs que des éléments échappant à tout contrôle, enlevaient à qui mieux mieux les Européens résiduels. J’ai raconté en détail cette aventure dans un livre qui s’intitule Mourir à Alger (Ed. L’Harmattan. 2003).
Mais revenons à 1982 et à ma lecture de France-Soir. Le problème des Pieds Noirs enlevés en Algérie m’était bien connu. J’avais failli moi-même être kidnappé et j’avais eu toute latitude ensuite de remercier la Providence qui m’avait évité cette épreuve ainsi qu’à ma famille. Plus tard, nous apprîmes en effet que la moitié voire les deux tiers des personnes ainsi enlevées après le 19 mars 1962 (date du cessez-le-feu) et après l’Indépendance (proclamée le 3 juillet 1962) étaient définitivement portées disparues. Soit selon les recherches les plus récentes(2) : 1 583 personnes en très grande majorité européennes dont 1 253 enlevées après le cessez-le-feu du 19 mars 1962. Il faudra ajouter à ces chiffres 170 personnes enlevées figurant comme disparues mais dont on a retrouvé les corps.
Les autres, retrouvées ou libérées avaient été molestées, emprisonnées, torturées pour finir dans un état de délabrement physique ou psychique grave. Je connaissais différents cas de ce genre.
J’avais décidé jadis de ne plus parler de ce malheur. Installé définitivement en France, en septembre 1962, j’avais résolu de refaire ma vie et pour commencer, je m’étais marié. L’annonce du journal France-Soir de ce printemps 1962, par son côté sensationnel, m’avait secoué. Des disparus de l’époque auraient donc continué à vivre là-bas, secrètement détenus. Je ne pouvais y croire et je ne pouvais cesser d’y penser. Ces nouvelles bouleversèrent l’idée que je m’étais faite de la phase ultime de la Guerre d’Algérie. Les souvenirs des évènements de l’époque, que pendant vingt ans j’avais refoulés, envahissaient sans cesse mon esprit. J’avais voulu oublier et je n’avais RIEN oublié.
J’avais lu l’article avec une attention passionnée. Néanmoins je ne pouvais me défaire d’un tenace scepticisme. Un certain capitaine Leclair que l’on présentait comme ayant des contacts avec le milieu du renseignement, avait la conviction, difficile à partager, que tous les Pieds Noirs disparus en 1962 n’étaient pas morts. Il suggérait, non il affirmait, que beaucoup étaient toujours vivants et détenus en Algérie.
Combien étaient-ils ?
Là les chiffres devenaient flous. Toutefois, l’article rappelait qu’en 1964, le Prince de Broglie, alors chargé des Affaires Algériennes avait décompté 3 019 enlèvements. Sur ce chiffre, on dénombrait un peu plus de 1 700(3) personnes toujours portées disparues. L’article sur Leclair suggérait qu’elles n’étaient pas toutes mortes et que, certaines au moins, demeuraient toujours en Algérie, retenues dans des prisons secrètes. Plus tard, le bruit se répandit porté par les uns et les autres que 1 400 personnes étaient détenues secrètement en Algérie. Ceci paraissait assez extravagant.
Un problème sérieux se posait après lecture de l’article de France-Soir. Les affirmations du capitaine ne s’appuyaient sur aucune preuve concrète. Ses déclarations tonitruantes pouvaient affecter les relations de la France et de l’Algérie. Elles pouvaient aussi bouleverser les familles pieds-noires concernées ; il y en avait plus de 2 000. Le capitaine affirmait qu’il avait contacté un avocat français spécialiste de ces questions. Celui-ci allait remettre un dossier à la commission des Droits de l’Homme de l’ONU.
Il ne m’échappa point en lisant ce passage qu’il fallait pour cela des preuves en béton, ce que quelques déclarations fracassantes ne pouvaient en aucun cas remplacer. Je notai également que les propos de Leclair pouvaient avoir une conséquence fort peu souhaitable : si de telles personnes enlevées en 1962 étaient encore vivantes et secrètement détenues, les hommes au pouvoir à Alger pouvaient avoir la tentation de s’en débarrasser en les exécutant tout aussi clandestinement.
Les affirmations du capitaine comportaient un élément de risque grave. J’imaginais donc que l’intéressé avait soigneusement réfléchi à tout cela. A ce moment-là, je ne doutais pas qu’il fût sur le point de clarifier ses affirmations et d’apporter des preuves.
En attendant, je décidais de me pencher sur le problème et de recueillir le maximum d’informations. J’étais loin de me douter que débutait ainsi une aventure qui allait durer plus de trente ans.
Au cours de la semaine qui suivit la parution de l’article de France-Soir, j’achetai tous les journaux quotidiens ou hebdomadaires évoquant la question des enlèvements de 1962. Peu reprenaient l’information. Seul, le Figaro-Magazine, à l’époque dirigé par Louis Pauwels, lui donna quelque écho. Il fut suivi par Spécial Dernière, une assez indigeste publication, consacrée aux courses et au sensationnel (elle était dirigée par un pied-noir). L’affirmation que des Pieds Noirs disparus étaient toujours vivants en Algérie, laissait les journalistes sceptiques. On attendait que Leclair prouvât ses dires mais rien de tangible ne se produisit.
Je demandai alors à l’avocat charge de défendre le dossier à l’ONU de me recevoir. Je lui dis qu’étant pied-noir, ayant vécu cette période à Alger, et connaissant des familles de disparus, j’étais désireux d’en savoir plus. Je pensai essuyer un refus, mais l’avocat, Maître Miquel, me reçut sans difficulté. A l’époque, ses bureaux se trouvaient dans le quinzième arrondissement du côté de l’avenue de la Motte-Picquet.
D’emblée, il m’apparut qu’il y avait plus qu’une nuance entre ce qu’il disait et les affirmations de Leclair rapportées par France-Soir. L’avocat m’expliqua que les journalistes avaient dramatisé et sensationnalisé les choses. Certes, il était prêt à déposer une requête à l’ONU mais à cela il y avait une condition dirimante : que le capitaine apportât une preuve solide de ce qu’il prétendait. Les journalistes avaient fait l’impasse sur ce point. « Il y a un Si » me dit Maître Miquel dont l’honnêteté et la rigueur me parurent très grandes.
Je le quittais fort troublé car l’incertitude et le flou qui entouraient ce battage me paraissaient extrêmement négatifs. Comment pouvait-on en effet prendre le risque de ranimer ou d’aviver la douleur des familles touchées par les rapts de 1962, sans avoir un dossier fourni et solide à présenter ?
Je voulus encore croire que tel était le cas et que différaient simplement le calendrier de l’avocat et celui du capitaine. Pendant quelque temps j’attendis que les choses évoluent. Rien ne se produisit. Je décidai alors d’enquêter, à titre personnel, pour satisfaire mon propre besoin d’échapper à l’incertitude. J’avais appris, notamment par Madame de la Hogue qui, à l’époque, animait le Centre de Documentation Historique sur l’Algérie, le nom et l’adresse d’une personne qui s’était occupée des Pieds Noirs disparus en 1962. Celle-ci, Madame Ayme me reçut en compagnie d’une de ses amies Madame Guise. Elles me racontèrent donc leur part de cette histoire.
Toutes deux avaient travaillé dans les milieux militaires, notamment pour l’Association Rhin et Danube. A l’été 1962, elles furent chargées de l’accueil des Pieds Noirs réfugiés en France. Parmi eux, certains avaient eu un membre de leur famille victime d’un rapt.
Madame Ayme avait assisté le général Bouvet. Celui-ci était un héros de la guerre mondiale. En août 1944, lors du débarquement en Provence de l’Armée française, il avait pris d’assaut le Cap Nègre à la tête de ses hommes.
En 1962, le général Bouvet fut ému par le sort des Pieds Noirs. Nombreux étaient ceux qui avaient combattu sous ses ordres durant le conflit mondial, et il s’était donc penché sur leur sort. Il avait tenté en utilisant des relations personnelles dans les milieux militaires d’en savoir plus et d’aider à retrouver d’éventuels survivants parmi les enlevés. Appuyé par un juriste Monsieur Chevallier et une représentante de la Croix-Rouge Mademoiselle Mallard, il avait créé l’ADDFA, Association de Défense des Droits des Français d’Algérie. Cette association recevait l’aide du Secours Catholique alors dirigé par Monseigneur Rodhain(4), son fondateur. Un ancien ministre M. Robert Bichet avait obtenu le prêt de très nécessaires locaux.
Pendant des années, elle batailla pour connaître le sort des disparus. Elle constitua des dossiers et s’efforça d’obtenir des renseignements auprès de Monsieur de Broglie alors chargé, comme précédemment indiqué, du Secrétariat aux Affaires Algériennes. C’est à la suite de ces démarches que le Prince suggéra aux épouses de disparus de faire enregistrer au TGI de la Seine des déclarations de présomption de décès de leur mari enlevé. En effet, l’absence de leur époux laissaient plusieurs centaines de femmes pieds-noires dans une situation délicate : beaucoup étaient privées de ressources, d’autres ne pouvaient toucher les retraites ou les revenus de leur conjoint ni disposer de leurs biens, ne serait-ce que parce que la signature du chef de famille était requise pour une multitude de démarches. Aliéner une propriété quelconque ou constituer un dossier d’indemnisation était pareillement difficile. La présomption de décès permettait de sortir de cette impasse.
Pour autant, les hésitations étaient grandes. Certaines épouses considéraient cette démarche avec suspicion. Beaucoup en effet étaient persuadées que leur mari était encore vivant et devait être recherché et retrouvé. Signer une présomption de décès les mettaient mal à l’aise psychologiquement ; pour certaines, c’était une sorte de trahison. D’autres, craignaient que la présomption de décès ne permît au gouvernement de tenir ces dossiers pour clos, bref, de s’en débarrasser.
Car, pour le général de Gaulle et ses partisans qui tenaient alors solidement en mains le gouvernement de la France, ce dossier des disparus était extrêmement gênant. Comme le dossier des harkis, qui allait faire surface quelques années après, l’affaire des Européens enlevés après le 19 mars 1962, date du cessez-le-feu signé avec le FLN était des plus embarrassants. Ces deux problèmes montraient que les Accords d’Evian étaient un désastreux échec. Cela, les dirigeants gaullistes de la France ne voulaient pas en entendre parler.

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Vérités et propagandes sur l’Affaire Audin (1957-2012)

févr. 07 2015 08:29 | Jean Monneret dans actualité

La Bataille d’Alger.
En quoi consiste l’affaire Audin ? Il s’agit d’une disparition. Celle d’un jeune mathématicien, assistant à la Faculté d’Alger. Membre du Parti Communiste Algérien (P.C.A.) et favorable à l’Indépendance, il était soupçonné d’avoir hébergé des militants clandestins de son parti, lequel était dissous depuis le 13 septembre 1955. Ceci se produisit en pleine Guerre d’Algérie, durant un épisode appelé la Bataille d’Alger.
Maurice Audin fut arrêté dans la nuit du 11 au 12 juin 1957 par les paras de la 10ème D.P. Le bruit courut assez vite qu’il avait été torturé. Il fut assigné à résidence et, le 1er juillet, on apprit qu’il s’était évadé et n’avait pas reparu. Au début du même mois, son épouse Josette et ses avocats (communistes) très sceptiques quant à l'évasion, portèrent plainte contre X pour homicide volontaire. Le bruit se répandit cette fois qu’il était mort sous la torture. L’affaire Audin commençait.
Que s’était-il passé ? Ou plutôt peut-on savoir ce qui s’est passé ? Essayons de répondre.

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La déchirure

déc. 15 2014 01:53 | Jean Monneret dans archives

Documentaire de Gabriel Le Bomin et Benjamin Stora (2 x 55 mn) diffusé le dimanche 11 mars 2012 à partir de 20 h 45.
Dans ce film, on voit notamment un suspect abattu dans le dos par un gendarme français. Ces images ont également parues dans LIFE et dans l’EXPRESS.
Il s’agissait en fait d’une mise en scène destinée à sensibiliser le public américain à la suite des événements survenus à Philippeville en août 1955. Cette mise en scène a été réalisée par la Fox Movietone et tournée le 22 août 1955 à Aïn Abid, devant une dizaine de journalistes, au lendemain de ces événements.

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Le difficile bilan des massacres du 5 Juillet 1962.

déc. 11 2014 12:11 | Jean Monneret dans archives

Il est tragique que sur certains sujets graves, n'importe qui aujourd'hui puisse prendre la parole pour dire n'importe quoi. Une récente déclaration d'un ministre à propos de la Guerre d'Algérie, illustre ce point. Mais si les média français sont tenus d'une main de fer par la caste politique et filtrent tout ce qui n'est pas conforme, une multitude de forums, de blogs, sur internet et ailleurs voit proliférer le meilleur comme le pire.
L'affaire du 5 juillet 1962 à Oran, après avoir été tenue sous le boisseau pendant des décennies, est aujourd'hui noyée sous un flot de déclarations, d'assertions, de témoignages de toute provenance et de tout calibre.
Le travail historique basé sur les témoignagesetsur les archives a beaucoup de mal à se frayer un chemin entre le politiquement correct chéri du pouvoir et le déballage électronique auquel se livrent différentes personnes d'inspirations diverses et variées. Essayons d'y voir clair !
Depuis que le 8/9 juillet 1962 le correspondant du Monde reprit, sans réserve, le "bilan" de la terrible journée du 5, tel qu'il fut dressé par le FLN, nous vivons un psychodrame parfaitement surréaliste.
Le célèbre "journal du soir" reprit en effet les chiffres donnés par le docteur Naït, militant FLN alors responsable de l'hôpital d'Oran : 101 morts dont 76 musulmans et 25 européens. Depuis, des douzaines de journalistes et "d'historiens" nous ont resservi ces chiffres comme s'ils correspondaient à une quelconque réalité : Parmi eux l'ineffable Stora.
Naturellement, des pieds-noirs oranais et autres, outragés et indignés par un bilan aussi évidemment faux et réducteur ont réagi. Les témoignages sur le massacre se sont multipliés, l'ampleur des exactions a fait l'objet de dénonciations sévères et indignées dans ces milieux. Hélas ! Déplacer le curseur à l'extrême bout du cadran, et en sens rigoureusement inverse, n'a pas de justification non plus.
Une bonne occasion de ne pas faire de propagande ou de contre-propagande pour s'en tenir aux faits et aux réalités fut ainsi perdue, durant les trois décennies écoulées.
Aujourd'hui, les choses sont devenues telles que le petit nombre de ceux qui ont travaillé sur le sujet, qui ont étudié le déroulement des faits en s'efforçant d'établir un bilan sérieux sont franchement isolés. Leur bilan parait singulièrement modéré, voir "trop modéré" aux yeux de quelques uns. Entre le tsunami des chiffres extravagants d'un côté, et la minimisation outrancière à laquelle se livrent les amis du gaullisme et du FLN, la vérité peine à se frayer un chemin.
Certains ayatollahs pieds-noirs se réservent en effet de stigmatiser, voir de censurer les bilans qui ne leur plaisent pas, parce qu'à leur yeux ils sont trop faibles. Ils ne se gênent pas, pour certains, pour ajouter un zéro à divers chiffres. Ils ne comprennent pas que, ce faisant, ils rendent le meilleur des services à tous les adversaires de notre communauté, en discréditant ses revendications les plus essentielles.
Lorsque dans mon livre "La tragédie dissimulée" paru aux Éditions Michalon en 2006, page 150 et 151, j'indiquai, qu'à s'en tenir aux archives militaires et aux archives du Quai d'Orsay, le bilan du 5 juillet se situait entre 365 et 453, j'ai rencontré beaucoup d'incompréhension dans notre milieu qui s'était auto-intoxiqué pendant des années.
Bien sûr, je ne faisais que montrer ce que ces archives indiquaient. Je laissais entendre que le bilan était sans doute plus lourd. Je faisais aussi clairement savoir que plus lourd ne signifiait pas 10 fois plus lourd. J'appelais discrètement à l'esprit de responsabilité.

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