Il faut lire le livre de Roger Vétillard sur le 8 mai 1945 dans le Constantinois. Voici pourquoi.

Depuis 13 ans, le gouvernement algérien s’efforce d’obtenir la « repentance » de la France pour les évènements de mai 1945 à Sétif et Guelma. Multipliant les exagérations et les chiffres hyperboliques, parlant de « génocide », de « crimes contre l’humanité » et de « fours de la honte », il a monté une opération d’agit-prop, sans précédent, depuis l’époque stalinienne. Le drame est qu’il a trouvé un relais complaisant dans certains médias français et auprès de quelques historiens peu scrupuleux.

En face, trop rares sont ceux qui ont osé monter au créneau pour s’élever contre cette gigantesque opération de désinformation. Ils forment une cohorte, certes active, mais réduite. Elle vient de recevoir un renfort de qualité : celui de Roger Vétillard, dont le livre Sétif, mai 1945. Massacres en Algérie (Editions de Paris p.39,  589 pages) ne pourra être négligé par les historiens.
La manière est remarquable. Adoptant avec rigueur la méthode historique, l’auteur a, selon ses propres termes [confronté] : « la vérité à tous les éléments dont on dispose ». Evitant l’erreur, hélas trop répandue chez certains de nos compatriotes, d’utiliser des chiffres « idéologiques » et de défendre des a prioris en oubliant les avis opposés, il a comparé les témoignages dans leur diversité, et évalué les sources contradictoires, pour présenter des analyses aussi réalistes que possible. Sur ce sujet particulièrement sensible et délicat, il a donc réussi un tour de force : celui de donner à réfléchir et de resituer les termes d’un problème historique qui n’aurait jamais dû devenir une polémique. Le résultat est là : les chiffres utilisés en Algérie et par la Ligue Arabe, apparaissent dans leur absurdité et leur manque de crédibilité, l’aspect insurrectionnel du mouvement nationaliste, nié par certains, se dévoile, ainsi que les excès de la répression (sensibles à Guelma mais pas à Sétif). Nous sommes devant un travail d’histoire et il est excellent. Roger Vétillard débute en la matière, mais, par un indéniable coup de maître car il a la passion des vrais chercheurs pour la vérification, ce qui les distingue des idéologues. Bravo ! Alors oui, lisons, achetons, faisons connaître ce livre qui est un don inespéré, une grâce inattendue dans ce système médiatique et « informatif » verrouillé. C’est aussi une arme intellectuelle de premier choix. Ne la laissons pas au vestiaire.

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