Hors-la-loi : Questions/Réponses

– La première partie du film s’ouvre par l’insurrection du 8 mai 1945 à Sétif. En quoi cet épisode fait-il l’objet dans le film Hors-la-loi d’une série de falsifications ?
Le film Hors-la-loi montre l’Armée française se livrant, à l’intérieur de la ville de Sétif, le 8 mai 1945,à un massacre aveugle contre la population musulmane. Ceci à la suite d’un défilé nationaliste faussement présenté comme pacifique. On voit même nos soldats aligner des suspects contre un mur et les fusiller dans le dos. D’autres militaires entrent dans des maisons et y tuent des civils.
Ni les archives, ni les témoignages nombreux à cet endroit ne valident une telle vision des choses. Il ne s’est rien passé de semblable. Il y a eu d’abord des échanges de coups de feu entre la police francaise locale et des manifestants nationalistes armés. Ultérieurement, un petit peloton de gendarmes est intervenu aussi. A Sétif, le total des morts du côté des civils musulmans est dur à établir mais il se compte par dizaines et non par milliers comme on l’a affirmé dans certains journaux. Lorsque les troupes françaises sont apparues, le calme est aussitôt revenu. Ces soldats avaient l’ordre d’intervenir « à la crosse » et de ne pas tirer sauf en légitime défense. Il s’agissait de tirailleurs algériens, musulmans à plus de 80%. Ils n’auraient pas accepté de se livrer à un massacre contre leurs coreligionnaires. Ils ne l’ont pas fait et n’en ont jamais reçu l’ordre.
Le film « oublie » en outre de montrer que la matinée avait débuté par l’assassinat par armes blanches et armes à feu de plusieurs Européens, avant même, on le sait aujourd’hui, le début du défilé.

– Quel est l’objectif des autorités françaises qui acceptent ce lavage de cerveau ?
Un ministre français vient de nous dire qu’il fallait cultiver la fierté d’être français. Trés bien. Pourquoi alors des institutions françaises culturelles, administratives, médiatiques et politiques ont-elles financé à hauteur de 60 % ce film hostile?
La seule explication possible est que nos responsables acceptent de faire repentance à propos du 8 mai 1945, comme le réclame le FLN algérien. Ils évitent simplement d’utiliser le mot.
J’ai vu des panneaux publicitaires concernant Hors-la-loi sur beaucoup d’autobus parisiens. La pub est au maximum. En comparaison le film Katyn de Wajda, dont la qualité et l’importance étaient bien supérieures, n’a eu droit qu’à une diffusion confidentielle. Il y a une volonté délibérée de donner un retentissement énorme à Hors-la-loi.
Il s’agit de culpabiliser le peuple français, de lui faire honte de son Histoire, d’éradiquer le sentiment national. Ceci est à rapprocher de la construction d’une Europe apatride et sans identité. La France est particulièrement visée car elle est la clef de voûte de l’Europe, la nation la plus ancienne, une superpuissance culturelle.
– Quel effet peut avoir un tel film dans nos banlieues « sensibles »?
Il est arrivé plusieurs fois que les jeunes de banlieue sifflent la Marseillaise. La situation dans les banlieues « sensibles » est celle d’une islamisation croissante. Un tel film ne peut qu’exciter le ressentiment contre le pays d’accueil et ses habitants d’origine auxquels on veut faire porter, de façon insensée, je ne sais quelle responsabilité historique et collective. Inutile de dire que l’assimilation ou la simple intégration des immigrés n’en sera guère facilitée, chose qui pourrait bien coûter un jour son poids de sang et de larmes.
JEAN MONNERET
29 septembre 2010

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