Manuels scolaires – ANNEXE 2. Il faut parler du terrorisme

1°)__Ne pas parler du terrorisme durant la Guerre d’Algérie est une faute. Comment lutter contre ce fléau aujourd’hui sans dire ce qu’il fut et d’où il vient ?

2°) Or, les manuels scolaires examinés répondent mal à cette exigence. Disons- le sans ambages ; ils y répondent très mal. Certains ne parlent absolument pas de terrorisme durant le conflit algérien. Ceci est un exploit. Ils préfèrent dénoncer le colonialisme, ou la torture (pratiquée par l’Armée française).
D’autres en parlent mais sans l’associer au FLN. Quelques- uns l’associent à l’OAS. Exclusivement.
Enfin, deux manuels parlent de certaines exactions du FLN, ils citent : Mélouza, les massacres du 5 juillet 62 à Oran, les massacres de Harkis , mais, sans les qualifier de terrorisme. On parle de terrorisme, par la bande : extrait de journal ou citation d’un personnage. Cette pusillanimité des rédactions peut avoir des causes idéologiques, politiques, diplomatiques voire les trois à la fois. Nous avons souligné toutefois que certains manuels sont beaucoup moins circonspects que d’autres.
Dans la mesure où certains ouvrages évoquent les enlèvements d’Européens, les massacres d’Oran, et la tragédie des harkis, tous ceux qui luttent difficilement depuis un demi-siècle pour faire reconnaître ces faits historiques y trouveront un encouragement et un espoir. Le dénégationnisme peut être combattu, le silence d’Etat aussi.
3°) L’état actuel des manuels examinés révèle un état d’esprit anticolonial assez général. Ceci consiste à ne trouver aucun trait positif à la période concernée. Dans un pays comme le nôtre les opinions sont libres à ce sujet. Il y eut souvent en France des « colonistes » s’opposant à des « anticolonistes » (selon la formule d’antan). Est-il excessif de trouver que le côté systématique de certaines positions ne favorise pas les démarches historiques ?
Est-il excessif d’estimer que les tournures d’esprit favorables à la repentance peuvent être très négatives en particulier lorsqu’elles sont dirigées vers des gens très jeunes qui connaissent mal la France et son Histoire ?
Quand ceci aboutit à exonérer un mouvement révolutionnaire de ses fautes et de ses crimes, la lutte contre le terrorisme est relativisée. Ce fléau trouvera demain, trouve déjà, des « justifications » dans une vision incomplète, déséquilibrée de la Guerre d’Algérie.*

Jean Monneret.

*A son procès, un des auteurs de l’attentat du métro Saint-Michel évoqua comme « excuse » le million d’Algériens tués pendant la Guerre d’Algérie. Aucun historien ne cautionne pourtant ce chiffre.

MANUEL NATHAN/ Terminales S/ Programme 2014

Il est certes regrettable que les manuels scolaires soient émaillés d’erreurs diverses. Disons-le : les bourdes pullulent. Continuer à en dresser le catalogue serait un exercice fastidieux et long, je préfère donc me concentrer sur la cause de cette situation et sur le traitement du problème du terrorisme.

Chez Nathan , le titre des chapitres consacrés à l’Algérie est prometteur : L’historien et les mémoires de la guerre d’Algérie. Il est presqu’agréable de constater que l’on est qu’à moitié déçu à l’arrivée. Un effort est fait pour présenter les différentes mémoires : celle des Algériens, celle des Pieds-Noirs, celle des Anciens Combattants etc�?�..Ceci a le mérite de reconstituer une certaine diversité des points de vue gravement absente de nombre de manuels en raison du recours trop fréquent et exclusif à des historiens « anticoloniaux » et quasiment officiels.
Ceci est moins apparent dans ce manuel Nathan, lequel recommande la lecture de Stora mais aussi celle de Mme Verdès-Leroux. On croit rêver. Il faut bien signaler cette rareté car nous n’y sommes vraiment pas habitués. Ajoutons que la Guerre d’Algérie est justement présentée comme une guerre civile, ce qui n’est pas souvent dit.
Pour autant, le travail historique de présentation du terrorisme, fléau majeur est-il fait ? Donne-t-on à réfléchir aux jeunes générations à propos de ce problème-clé ? La réponse est malheureusement négative.
Malgré ce qui ressemble vaguement à de bonnes intentions, le Nathan ne parle pas de terrorisme. Pas ses rédacteurs en tout cas. Le terme est employé dans un extrait du Manifeste de 521 Officiers Généraux ayant servi en Algérie. C’est tout. C’est peu.
A quoi bon dire que les mémoires doivent s’apaiser ou encore se réconcilier(pas moins) ?
Encore faut-il auparavant parler de tous les aspects de cette guerre.
Car, se borner à décrire l’action du FLN comme une série d’attentats sans évoquer les victimes civiles, souvent et systématiquement visées, réserver le qualificatif de terroristes à certains protagonistes, en exonérer d’autres, c’est manquer au devoir d’information. Le tout au profit de considérations politiques, diplomatiques ou tout simplement par préjugé idéologique.
L’Histoire et la compréhension de ce qu’est le terrorisme méritent mieux. Beaucoup mieux.
Jean Monneret.
*Par terrorisme, l’auteur de ces lignes entend : l’assassinat délibéré par des mouvements révolutionnaires de civils innocents, souvent massivement, et sur la base de critères ethniques ou religieux.

Manuel scolaire Hatier

Pris par des travaux intenses , j’ai tardé à me pencher sur le traitement du terrorisme dans les manuels scolaires souhaité par quelques uns de vous. Le choc n’en a été que plus rude:
J’ai sous les yeux le manuel Hatier destiné aux Terminales L/ES/S , je suis abasourdi.
Torture : Il n’est question que de cela sur 2 pages entières , 44 et 45. Bien entendu , il n’est question que de la torture pratiquée par des militaires français. Alors que tous les protagonistes de cette guerre l’ont mise en oeuvre. (FLN , Barbouzes , MNA, ETC…).On peut dénoncer la torture , mais , le faire sans rappeler le contexte terroriste est intellectuellement malhonnête . Le problème de la torture touche aux fondements mêmes de la civilisation occidentale et je ne peux l’évoquer pleinement ici . Je renvoie donc à mon article sur l’Affaire Audin disponible sur mon site . Pour faire simple , disons qu’il est légitime de s’interroger sur la torture . Si le terrorisme ne justifie pas la torture, celle ci ne saurait davantage justifier, à postériori , les méthodes du FLN . Camus , pour sa part, préférait parler des noces sanglantes du terrorisme et de la répression.
Au sujet de la torture , nous avons droit à Alleg , Ighilariz , Servan-Schreiber ,de Bollardière , R.Branche et naturellement Sartre. Je ne dirais pas qu’il n’y a qu’un son de cloche puisque précisément il y en a un autre : Paul Aussaresses , personnage trés controversé et dont le témoignage discuté tend à confirmer ceux qui précèdent . Pas un mot sur les débats passionnés de l’époque concernant l’emploi de cette torture. Pas un mot sur Camus , sur l’Eglise de France , sur les officiers qui se sont opposés à la torture etc….

Terrorisme : Le mot n’est pas employé une seule fois. Le FLN est complétement exonéré de ses exactions. Si c’est ainsi que l’on prépare les générations futures à lutter contre ce fléau , la France est mal partie.

Les historiens de la Guerre d’Algérie sont : Vidal-Naquet , R.Branche déjà citée, Mohammed Harbi et naturellement Stora. Pas la moindre allusion à la diversité des opinions sur ce point : Pervillé , Frémeaux , Lefeuvre , Jauffret , Vétillard , Jordi , Faivre , inconnus au bataillon.

Les malheurs des Pieds Noirs sont exposés par J. Roy , M.Cardinal et L’Association des PN Progressistes , un groupuscule sans représentativité mais chéri des media.

Je reviendrai sur tous ces points dans une étude plus détaillée .Ceci est ma réaction à chaud.

Jean Monneret.

Le terreau des terroristes

L’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo et de nos malheureux compatriotes juifs de la porte de Vincennes, nous a justement indigné, comme d’ailleurs une grande masse de Français, et, nous le condamnons. Notre peuple souvent manipulé, assoupi, chloroformé commençait à se réveiller d’un long sommeil. Le voilà désormais confronté à la réalité ultime, à l’aboutissement final du multiculturalisme et de l’immigrationnisme qu’on lui inflige depuis 40 ans.

Si, après les attentats, il ne s’était agi que de manifester contre le terrorisme en affirmant la volonté de lui résister, nous nous serions placé au premier rang, le 11 janvier. C’était sans compter avec le pouvoir politico-médiatique qui voulut récupérer toute l’opération.

La première erreur fut de lancer le douteux slogan : Je suis Charlie. S’il fallait condamner les meurtres en effet, il fallait aussi tracer une nette ligne de démarcation avec le contenu ordurier et outrageant de Charlie Hebdo. L’usage du slogan Je suis Charlie revenait à sacraliser la dérision (Chantal Delsol). Il fallait au contraire prendre ses distances envers une revue dont le contenu, les « valeurs », les prises de position sont fort heureusement très éloignées de celles de la majorité des Français. Que ces derniers n’aient pas vu le piège et soient partis ventre à terre, pour nombre d’entre eux, à la remorque des média, montre la domination qu’exerce la gauche sur l’audiovisuel et l’efficacité de certaines techniques de manipulation.
A cette première erreur de taille s’en est ajoutée une seconde : les gens qui défilaient, avec ce slogan fort discutable, virent se placer à leur tête la plupart des chefs politiques de ce qui constitue aujourd’hui l’Occident, flanqués d’une pincée de dirigeants marginaux venus d’Orient et d’Asie. Si l’Occident n’a pas d’autre message à lancer au monde que Je suis Charlie, c’est plus qu’affligeant, c’est consternant. La liberté d’expression nous est chère, – d’autant plus chère qu’à nous elle est refusée ou à tout le moins chichement mesurée par ces dirigeants qui prétendent, avec un culot digne d’une meilleure cause, en être les défenseurs -. Or, si nous sommes prêts à combattre pour une véritable liberté d’expression (confisquée actuellement par une camarilla gaucharde) , elle ne doit pas être symbolisée par le magazine précité,�?� ou alors il y a un hic de taille. Pas sérieux s’abstenir, dirons-nous. Penser que David Cameron a pu évoquer devant les caméras la nécessité de défendre les valeurs (sic) de Charlie Hebdo, voilà qui laisse songeur !!
Troisième erreur : la sortie d’un nouveau numéro du journal susmentionné contenant derechef une caricature de Mahomet. Cette sortie fut accompagnée d’un battage médiatique considérable encouragé par le pouvoir. �? ignorance !
Il est très difficile de faire comprendre à des Occidentaux que leur vision du monde n’est pas partagée par tout l’univers. Beaucoup de Musulmans considèrent ainsi avec tristesse, parfois fureur, l’irrespect envers le prophète de l’Islam. Pour nombre d’entre eux, le simple fait de le représenter est tenu pour blasphématoire. On peut certes regretter ce manque de plasticité intellectuelle. Il en sera ainsi également pour maints Européens qui ont depuis longtemps perdu leurs repères. Leur psychologie, pour ne rien dire de leurs préoccupations, est très éloignée de cette ombrageuse religiosité. Mais�?��?�..agir comme si le globe entier était constitué de bobos incurables ou de petits-bourgeois europocentrés , noyés dans les brumes de la société de consommation et étrangers à toute préoccupation spirituelle , c’est projeter sur le monde un regard d’halluciné , coupé du réel.

Quant aux fantasmes cosmopolites et au mondialisme branché de certains princes qui nous gouvernent (mal), ils ne peuvent que compliquer nos rapports avec le reste du monde. Certes les terres d’Occident doivent rester des terres de liberté ; le terrorisme djihadiste doit être combattu sans merci. Cependant, un tel combat doit se mener au nom de vraies valeurs, pas au nom de principes abstraits ou confus abrités derrière le bouclier troué de la laïcité, dont nos dirigeants font mine de se parer, alors qu’ils la bafouent quotidiennement dans leur rapports politiques avec l’Islam en France.
Les même qui passent leur temps à nous expliquer que l’Islam est une religion de paix, oublient de respecter les Musulmans. Ils vont jusqu’à les outrager.
Demain, il sera encore plus difficile de trouver des Musulmans modérés. Les candidats au Djihad et à l’islamisme radical vont proliférer. Tel sera le résultat.
A quoi est venue s’ajouter une 4ème erreur : dire au sommet de l’Etat que la France est une société d’Apartheid est absurde et dangereux. Dénigrer systématiquement la France actuelle ou son Histoire, comme aiment à le faire de nombreux intellectuels ignares, c’est alimenter la pire des contestations . C’est fournir à des jeunes privés de repères de pseudos justifications et doper le radicalisme.

La Bataille d’Alger : Torture et Terrorisme

Il y a cinquante ans en pleine guerre d’Algérie, se livrait dans la capitale de ce pays, ce qu’on appela ensuite La Bataille d’Alger.

Cette Bataille s’est terminée par une victoire de l’Armée Française sur ce qu’il est convenu d’appeler le terrorisme. C’est donc un événement d’une grande portée historique. Soyons clairs cependant. Si nous avons choisi d’en parler ce soir, ce n’est pas dans l’esprit de commémorer cette bataille, mais dans celui de tirer des enseignements de ce qui s’est passé alors.

Ce que l’on appelle le terrorisme est en effet devenu aujourd’hui un phénomène planétaire. New York, l’Espagne, Londres, la France, l’Indonésie, Djerba en Tunisie, Dar-es-Salam en Tanzanie, Kaboul en Afghanistan, voici quelques uns des lieux où se sont déroulés ces dernières années, des attentats terroristes importants, graves par le nombre des victimes et leurs conséquences. Ceci justifie donc amplement l’adjectif planétaire que je viens d’utiliser.

Or, les problèmes que pose aujourd’hui la lutte contre le terrorisme, les objectifs de celui-ci. La tactique et la stratégie de ceux que l’on peut appeler les terroristes, tout cela rappelle énormément ce qui s’est passé en Algérie il y a un demi-siècle. A vrai dire, le terrorisme en Algérie et cette Bataille d’Alger dont je parle furent l’ébauche, la représentation à une échelle moindre de ce qui se passe aujourd’hui (comme disent les Anglais in a nutshell) , dans une coquille de noix, en miniature, si l’on veut, encore que pour ceux qui les subirent, les souffrances infligées par le terrorisme, n’aient rien eu hélas de miniaturisé.

Ce court exposé introductif commandera donc le plan que je vais suivre dans cette conférence.

  • Qu’est-ce que le terrorisme ? Que faut-il entendre par ce terme ? Car une confusion délibérément entretenue sévit à ce sujet. Quels sont ses formes, ses buts, et ses méthodes ?
  • Quel fut exactement le déroulement de la Bataille d’Alger ? Quand a-t-elle commencé ? Quand s’est-elle terminée ? Quels moyens utilisa notre Armée ? Bien entendu, à ce stade se posera le problème de l’utilisation de la torture et nous n’éviterons pas de traiter cette question, dans son intégralité. Nous aborderons à cette occasion l’analyse des différentes positions s’étant manifestées chez les chrétiens de l’époque, les conflits qui s’en sont ensuivi. Là aussi, nous essaierons modestement d’en tirer quelques leçons, si faire se peut, pour l’avenir.
  • Dans une 3ème partie qui débouchera sur notre conclusion nous verrons comment la fin de la Guerre d’Algérie a entraîné un certain nombre de conséquences graves. Nous nous poserons donc la question, aujourd’hui interdite dans les médias, de savoir si la fin du conflit algérien n’a pas allumé, ou contribué à allumer le redoutable incendie qui commence à consumer la planète et que les thuriféraires du chef de l’Etat d’alors ont présenté à l’inverse comme destiné à l’éteindre pour reprendre une autre image, nous nous demanderons si une nouvelle barbarie, de nouvelles ténèbres ne gagnent pas actuellement ce monde rongé tout à la fois par le relativisme moral et la violence.

    1/ Qu’est-ce que le terrorisme ?

    Cette histoire a commencé, pour moi aussi, il y a cinquante ans. Permettez-moi de déposer un instant mon manteau d’historien et de rappeler un souvenir personnel. Souvenir qui fut pour moi le début d’une longue aventure qui ne s’est jamais terminée depuis, et qui me conduit indirectement devant vous ce soir.

    Je me rendais au lycée ce matin-là et je passais sur la Place du Gouvernement à Alger,aujourd’hui Place des Martyrs. Des soldats français avaient établi un cordon de sécurité et je vis derrière eux un musulman qu’ils venaient d’abattre lors de la reconstitution d’un attentat. C’était la première fois de ma vie que je voyais un homme mort de mort violente [certes pas la dernière hélas] et ceci m’a naturellement marqué. Je me rappelle que l’homme avait deux trous rouges, non pas au côté, comme le dormeur du Val de Rimbaud, mais à la place du coeur. Ce qui m’a frappé alors c’est qu’il n’y avait pas de sang à terre. Rien qui rappelle ces flots de peinture rouge que l’on voit dans les films policiers. Passons.

    Et plus tard, en réfléchissant à cette scène, je me suis souvent dit qu’elle était typique de ce que fut la Guerre d’Algérie. Un homme jeune qui avait lancé des bombes. Une tentative de fuite, des militaires qui l’abattent. Des magistrats trop épris de formalisme juridique, ayant imposé une reconstitution comme en temps de paix, alors que nous étions en guerre civile, un soleil éclatant sous un ciel très beau, dans un pays magnifique, des actes terroristes très laids, une mort très basse, une tragédie horrible dans un décor somptueux un peu comme si une sorte de malédiction pesait sur ce territoire.

    Depuis cette date, j’ai toujours considéré le terrorisme comme le fléau de notre époque et je dois dire que les événements qui se sont enchaînés ensuite ne m’ont guère porté à changer d’avis. Venons-en à la question clé : Qu’est-ce que le terrorisme ?

    Lors de la 2ème guerre mondiale, en France occupée tout particulièrement, on a souvent appliqué l’étiquette infamante de « terroristes » aux gens qui luttaient contre le nazisme et les armées du 3ème Reich. Les résistants français furent souvent décrits comme tels sous l’Occupation et une certaine confusion en a résulté car, aujourd’hui, divers mouvements ou partis politiques veulent nous présenter comme résistants des gens qui ne sont en fait que de vulgaires terroristes. Alors où est la frontière entre les 2 ?

    Disons d’abord où elle n’est pas. Elle n’est pas entre ceux qui luttent pour l’Indépendance nationale et qui, ainsi, seraient ipso facto des résistants, et les autres. Ca c’est le point de vue de la gauche anticolonialiste. En d’autres termes, on n’est pas résistant en fonction des buts que l’on poursuit, si nobles, si élevés qu’ils puissent paraître en théorie. La frontière entre le terrorisme d’un côté et la Résistance de l’autre se situe au niveau des cibles visées.

    Le résistant à l’oppression peut utiliser des moyens violents et illégaux, comme un terroriste. MAIS il vise exclusivement l’Armée, ou la police, ou encore les responsables civils de cette oppression.

    Le terroriste utilise lui aussi des moyens violents et illégaux. MAIS s’il lui arrive de viser l’Armée et la Police oppressives [ou tenues pour telles, car il y aurait beaucoup à dire sur la notion d’oppression] il vise tout autant et parfois, bien plus souvent, et délibérément, la population civile, sans épargner les femmes, les enfants, les vieillards. Bref, le terroriste frappe indistinctement des civils n’ayant pas de responsabilité dans la politique qu’il combat. Le fer de lance de sa lutte ne vise pas des responsables, mais des innocents, souvent sans autre motivation que le caractère ethnique ou religieux différent de la population civile frappée par les attentats.

    Prenons des exemples pour fixer les idées :

    Lorsque Fabien abat un officier allemand dans le métro parisien en France occupée, c’est un acte de Résistance. Je n’entre pas dans la question de savoir s’il était opportun d’user de cette méthode, à ce moment-là, si le parti communiste n’a pas joué un jeu dangereux à l’époque, entraînant des prises d’otages parmi les Français etc�?� le cycle attentat �?? répression etc�?� Ce débat n’a pas sa place ici. A mes yeux, toutefois ce n’est pas un acte terroriste c’est un acte de résistance. Opportun ou inopportun dans sa forme, on en a discuté, on en discute encore.

    Lorsque des tueurs d’Al Qaida font sauter un train à Madrid, tuant des dizaines de banlieusards espagnols se rendant à leur travail, c’est un acte de terrorisme.

    Les résistants français ne s’en sont pas pris aux banlieusards allemands, c’est donc une méthode et un esprit différent qui les animaient.

    En Algérie, le Front de Libération Nationale, durant le conflit algérien, s’en est pris à plusieurs reprises à des civils européens innocents, c’était du terrorisme. Je m’empresse d’ailleurs d’ajouter qu’il s’en est aussi pris très souvent à des civils musulmans totalement innocents. Il y eut aussi le massacre de Mélouza, action terroriste type de Kabyles massacrant des Arabes. Je vous renvoie pour les détails au numéro de mai-juin de la Nouvelle Revue d’Histoire.

    Tout le monde a entendu parler du massacre des harkis, massacre frappant des gens engagés aux côtés de l’Armée française mais au mépris des Accords signés.

    Venons en donc au terrorisme pendant la Bataille d’Alger.

    2/ Le déroulement de la bataille : Enjeux et chronologie

    La chronologie est reine en Histoire.

    Dans le sujet qui nous occupe, elle est capitale car selon le moment où l’on fait débuter la bataille d’Alger, on peut fausser complètement l’idée de la responsabilité des poseurs de bombes.

    Le Film de Pontecorvo (1) – La Bataille d’Alger �?? fait démarrer l’enchaînement fatal des attentats à un attentat contre-terroriste commis par des Européens en août 1956. C’est là une manipulation. CAR s’il y a bien eu un attentat commis par des Européens dans la Casbah contre des civils musulmans c’était un attentat contre-terroriste. C’est-à-dire qu’il répondait à des actes terroristes précédemment commis par le FLN. Pontecorvo fausse les choses en dissimulant ce point. Je m’empresse de dire que je ne pense pas que, pour autant, l’acte contre-terroriste commis par des policiers européens dans la Casbah se justifiait. Frapper des civils innocents, était une erreur, puisque c’était copier les méthodes de l’adversaire.

    Je ne sais pas si nous aurons la possibilité de parler de cela, mais la méthode la plus efficace pour neutraliser le terrorisme c’est de frapper ceux qui le financent. C’est notamment l’enseignement de la lutte contre le terrorisme au Maroc à l’époque du protectorat. Les exécutants doivent être frappés également bien sûr. Mais frapper une population aveuglément parce qu’elle est de la même ethnie que les terroristes, c’est reproduire en creux, la même faute que ces derniers.

    Revenons-en à la chronologie. Faire débuter la Bataille d’Alger le 10 août 1956, comme Pontecorvo, est une manipulation de l’Histoire.

    La décision de faire débuter la Bataille tel ou tel jour comporte une part d’arbitraire. Pour ma part, je fais remonter le début de cette Bataille au 19 juin 1956. Ce jour-là dans la prison Barberousse à Alger, deux militants du FLN, condamnés à mort par un tribunal, furent exécutés. La décision de les exécuter a été signée par F. Mitterrand alors Ministre de la Justice.

    Tous les deux ont été pris les armes à la main par notre Armée. Ils s’appellent Zabana et Ferraj. Tous les deux sont enterrés en Algérie au cimetière des martyrs.

    L’un d’eux a participé au massacre d’une famille européenne le 25 février 1956. Toute la famille a été mitraillée, une fillette de 8 ans a été délibérément tuée et même, je crois, achevée.

    En représailles de cette exécution le FLN décide de lancer ses tueurs contre la population européenne, l’ordre est donné d’abattre tout Européen mâle au-dessus de 18 ans (en principe femmes et enfants doivent être épargnés) et jusqu’à 54 ans).

    Dans la pratique, quand les groupes du FLN se mettent à poser des bombes, dans les cafés, dans les stades, dans les moyens de transport, sur les marchés, les explosifs tuent indistinctement hommes, femmes, enfants. Quand on lance des grenades sur les boulodromes, on a toute chance d’y tuer des personnes âgées et des retraités.

    Le 20 août 1956, le FLN tient un congrès clandestin en Kabylie. C’est le Congrès de la Soummam. Il définit sa doctrine de guerre et décide d’amplifier la lutte dans les grandes villes d’Algérie. Il ordonne d’accroître les attentats contre les civils et prépare une grève générale.

    Le FLN a remarqué en effet qu’un attentat dans la capitale a plus de portée internationale que 10 opérations militaires dans l’intérieur du pays.

    Le 30 septembre 1956 en fin d’après-midi. Le chef des commandos terroristes d’Alger, Yacef Saadi, utilisant les services de jeunes femmes musulmanes, aux physiques peu orientaux et passant pour des Européennes donc, fait placer des bombes dans les principaux cafés du Centre ville notamment le Milk-Bar et la Cafétéria

    Voir Bilan : 3 morts (3 enfants), des dizaines de blessés (douze personnes furent amputées). Aujourd’hui, les explosifs sont beaucoup plus puissants. En Irak, par exemple, il peut y avoir 30 à 100 morts par jour et plus.

    Le 22 octobre 1956 un avion civil allant du Maroc en Tunisie et transportant les chefs de la délégation extérieure du FLN est arrêté au-dessus d’Alger et les 5 dirigeants du Front emprisonnés. Cet arraisonnement, pour spectaculaire qu’il soit, n’a qu’un effet psychologique : il montre la détermination des autorités françaises. Sur le terrain, les 5 hommes arrêtés n’ont aucune influence et les attentats continuent.

    Après des péripéties diverses que je ne peux toutes exposer ici. Le FLN décida de déclencher une grève générale des Musulmans dans toute l’Algérie pour le début de 1957. Il s’agissait alors que s’ouvrait la session annuelle de l’ONU consacrée à l’Algérie de démontrer que le peuple algérien soutenait le FLN et sa revendication d’indépendance.

    Le 7 janvier 1957, le Ministre Résident en Algérie décidait d’investir le général Massu alors placé à la tête de la 10ème D.P. des pouvoirs de police dans la ville d’Alger. La 10ème D.P. avait été choisie car c’était une division d’élite ayant remporté de nombreux succès militaires contre les maquis FLN. Désormais, elle allait lutter contre le terrorisme urbain.

    Le 8 janvier un européen communiste rallié au FLN Yveton ayant posé des bombes à l’usine à gaz d’Alger fut exécuté à Barberousse.

    La description de la Bataille d’Alger a été faite dans de nombreux livres. Je rappelle les faits marquants. Le 28 janvier 1957 ce fut le début de la grève générale. La grève fut brisée par des moyens énergiques : devantures des magasins fermés arrachées, fonctionnaires et employés publics conduits au travail manu militari. Un des plus importants chefs FLN Ben M’Hidi fut arrêté dans la Casbah. Le reste des dirigeants FLN s’enfuit en Tunisie.

    Le 24 septembre 1957, après des mois d’attentats et de recherches par les parachutistes l’organisation FLN d’Alger fut démantelée. Yacef Saadi le chef des réseaux et Zohra Drif une des principales poseuses de bombes furent arrêtés. Le 8 octobre Ali le Pointe un des derniers chefs terroristes d’Alger fut abattu par les paras du 1er REP, je crois.

[size=4]Le problème de la torture[/size]

J’aborderai ce problème uniquement en historien.

Je constate que, à l’époque récente, l’église universelle comme l’Eglise de France ont condamné, à maintes reprises, la torture.

J’ai sous les yeux le discours de Pie XII, en date du 30 octobre 1953, prononcé au VIème Congrès International de Droit Pénal. La condamnation est sans équivoque. La torture lèse un droit naturel même si l’accusé est réellement coupable.

Comment ? Dans quelles conditions ? Le problème de la torture s’est-il posé dans la Guerre d’Algérie ?

D’abord, – il est inutile de tourner autour du pot, – la torture fut pratiquée dans certaines unités de l’Armée française. Pas par toutes. A partir de 1957, la responsabilité des interrogatoires fut transférée à des organismes spécialisés, les DOP composés de gens formés, ce qui avait pour objectif de limiter cette pratique et également d’éviter les décès dus à une utilisation débridée de ces méthodes. L’efficacité de cette mesure est difficile à apprécier. Elle a été contestée.

Il est inexact de dire que la pratique de la torture était systématique et répandue sur tout le territoire algérien. Il est plus encore de dire que tous les Algériens, en tant que population, étaient systématiquement visés comme l’affirme de manière inexacte R. Branche dans son livre.

Tout au contraire, un important document de la Croix Rouge montre, après enquête, que seuls 20 % des détenus algériens de l’Armée française se plaignaient de cela. (Voir Maurice Faivre. Le renseignement dans la Guerre d’Algérie. Ed. Lavauzelle p.143).

Ajouter qu’ils (les militants FLN) avaient ordre de s’en plaindre plus ou moins systématiquement.

Ceci dit : si vous avez entendu parler de la villa Sésini ou de la ferme Améziane, ces lieux ont existé. Ce ne sont pas des créations de la propagande.

Comment se fait-il que la torture ait pu être pratiquée par des soldats d’un pays très anciennement civilisé, chrétien etc… ? Il convient de dire immédiatement qu’on ne peut poser le problème exclusivement en ces termes.

Ce sont ceux de la gauche de l’époque, chrétienne et pas chrétienne, réunie dans la condamnation de la torture en Algérie. Mauriac, Sartre, Louis Martin Chauffier, Pierre-Henri Simon, Vidal-Naquet, Jean Ellul, Paul Ricoeur. J’en oublie.

Dénoncer la torture sans parler du terrorisme est une escroquerie intellectuelle.

Dénoncer la torture sans parler de la guerre subversive également.

Voyons donc comment se pose le problème concrètement.

Vous êtes officier, capitaine par exemple, responsable de vos hommes, responsable d’un secteur ou d’un sous-secteur. Un jour un soldat et des civils sont abattus par un terroriste qui lance une bombe dans un café.

Vous enquêtez, nous recherchez le coupable, et vous vous heurtez au mutisme de la population ; car elle a peur.

Si vous arrêtez néanmoins l’exécutant, il va passer plusieurs mois ou années en prison certes, puis il sera ou ne sera pas jugé et finira un jour libéré, car la guerre ne peut durer toujours et que l’amnistie ou telle mesure de clémence va poindre. Le terroriste, lui attend, tranquillement la fin de toute cette agitation. Il ne craint guère la justice d’un pays démocratique. A ce compte-là, les apprentis terroristes ont vite fait de proliférer et vos hommes comme les civils du lieu tombent dans d’autres attentats. Le système pénal ordinaire n’est pas dissuasif en guerre civile.

Dans Alger, en 1957, les cafés, les transports en commun, les stades furent la scène d’attentats effroyables, comme je l’ai dit, tuant et mutilant des femmes et des enfants. Ne pas réagir eût été manquer à la mission de maintien de l’ordre. Ne pas combattre la lèpre du terrorisme eût été capituler. Car certains dans ce cas poussent à la négociation avec les poseurs de bombes et leurs mandants.

En effet, le terrorisme n’est pas une forme de guerre classique. Dans la guerre classique, on cherche à détruire les forces de l’adversaire. La guerre mondiale, avec l’Allemagne du moins, a pris fin quand son potentiel militaire a été réduit drastiquement.

Le terrorisme ne cherche pas à détruire les forces de l’adversaire, il cherche à intimider et à détruire le courage de l’adversaire. Cessez de réprimer , négociez leur suggérera-t-il ensuite. Sans cela, ce sera le chaos. Et c’est effectivement le chaos. Voir Baghdad aujourd’hui. Voir Alger en 1957. Des dizaines de morts et de blessés tous les jours, des amputés par dizaines. Parmi eux des enfants.

Ou vous négociez ou vous relevez le défi et vous décidez de démanteler les réseaux de poseurs de bombes.

Et c’est là que reparaît le problème de la torture. Car pour démanteler les réseaux de la terreur, il faut des renseignements. Les renseignements s’obtiennent par des interrogatoires et dans la situation de 1957, cela voulait dire interrogatoires musclés.

Et c’est là qu’apparaît le problème. Et quel problème !

Vous êtes chrétien cela vous répugne : Pourquoi ? Parce que le torturé n’est pas un légume, c’est un homme créé par Dieu à sa ressemblance et à son image. Problème. Mais l’Armée, elle, sa hiérarchie du moins, n’est pas chrétienne, il y a certes des chrétiens parmi les officiers, mais c’est une armée laïque d’un pouvoir républicain. Alors ? Bref. Chacun l’aura compris, il n’est pas toujours facile d’être soldat et bon chrétien. Ce ne l’a pas été durant la guerre d’Algérie. Vadimir Volkoff a écrit à ce sujet un roman remarquable qui s’intitule Le tortionnaire. Je vous y renvoie.

Pour un certain nombre de gens, la lutte contre le terrorisme, justifiait l’emploi de la torture compte tenu de l’horreur du terrorisme et de la nécessité du renseignement. Globalement, ce fut la position des hommes qui dirigeaient alors la France, Guy Mollet, François Mitterand à Paris, Robert Lacoste, tel préfet à Alger, ont assumé le recours à la torture, dans les faits. Plus tard, des années plus tard et selon une pratique habituelle en démocratie, les militaires, les généraux Massu et Bigeard furent désignés comme des boucs-émissaires. Ce n’est jamais la faute des politiques, c’est toujours la faute des militaires.

Condamner est facile mais que faire ? Comment agir ? Les dirigeants, eux, nous, chacun d’entre nous dans ces circonstances ? L’expérience montre que nul ne peut prévoir ce qu’il ferait. Le mal commis par les terroristes est horrible; la torture est horrible. Il y a là un dilemme. Faut-il replier le drapeau et partir sans combattre ? Faut-il ne combattre qu’avec des méthodes pures et impeccables ? Oui. Mais lesquelles ?

Certains ont pu avancer que dans des circonstances de crise lorsque l’étau du terrorisme se referme sur une ville, la torture devient un moindre mal.

Le problème s’est posé avec Yveton, ce militant communiste s’apprêtait à faire sauter l’usine à gaz d’Alger. L’attentat fut déjoué par ses collègues.

MAIS, il avait remis une autre bombe à une autre militante communiste, libre elle, qui pouvait la faire sauter n’importe où dans Alger. Certains voulaient donc torturer Yveton pour lui faire avouer où se trouvait la seconde bombe.

En définitive, la 2ème bombe fut retrouvée sans qu’il ne fût torturé, mais il s’en était fallu de peu.

Un ecclésiastique, le RP Delarue qui était l’aumônier du 1er REP, fit une déclaration remarquée à ce sujet. Il affirma que dans ce cas, il fallait torturer pour faire parler le poseur de bombes. Ceci émut évidemment considérablement en France et en Algérie.

Date de l’intervention du RP Delarue ? 10 février 1957.

Bien sûr il s’agit là d’un cas d’école et nous ne tomberons pas dans l’angélisme. Parfois aussi, les gens torturés n’étaient que des suspects. Non pas suspects de lancer des bombes, mais suspects de connaître quelqu’un qui pourrait connaître quelqu’un, qui connaîtrait des poseurs de bombes. La dérive en la matière est très rapide.

La condamnation absolue de la torture quand des bombes explosent tous les jours est aussi malaisée que délicate.

La justification de la torture par la nécessité de contrer le terrorisme n’est pas facile à accepter non plus.

Il faut noter la contribution qu’apporta il y a un demi-siècle l’abbé de Nantes à la clarification de ce problème publiée en 1957 sous le titre Morale et Torture dans une revue qui s’appelait L’ordre Français. C’est un personnage par ailleurs controversé, je le sais bien. Mais, n’entrons pas dans des débats secondaires.

Je résume ici ses arguments tout en nuances.

Après avoir dénoncé le lobby d’intellectuels français qui avait fait de la dénonciation de la torture son fonds de commerce, dans le seul but de discréditer l’Armée française :

  • Il rappela que les obligations morales et religieuses doivent toujours être rapportées aux situations concrètes, et à la recherche du bien des personnes.
  • La recherche du salut commun de l’humanité peut en certaines circonstances primer. La vie humaine consiste le plus souvent à choisir le meilleur bien ou le moindre mal. Les dénonciateurs de la torture cherchent à donner mauvaise conscience aux peuples civilisés.
  • A propos de la torture, il faut donc examiner les intentions diverses �?? les conditions concrètes.

    La torture consiste à faire souffrir sciemment et beaucoup (des gifles, une violence mineure, des privations mesurées ne sont pas de la torture).

  • En cas de sadisme – à rejeter à condamner.
  • Créer un climat d’horreur, exemple : des chrétiensfurent torturés récemment en Turquie, le but est de dissuader ceux qui voudraient les imiter. Le FLN en Algérie : couper les lèvres ou le nez des fumeurs ou des buveurs d’alcool �?? à condamner. Il s’agit alors d’inspirer l’horreur à l’adversaire, de l’effrayer.
  • Recherche de Renseignement �?? dans ce cas la torture peut selon l’abbé de Nantes être justifiée. « Instrument de combat inhumain elle peut être l’instrument désespéré du Droit contre la force matérielle brutale », je cite. Je cite encore : « On ne saurait proscrire la torture si cette condamnation théorique n’a d’autre effet pratique que de livrer le monde pacifique et civilisé au barbare et au violent ». Abbé de Nantes p.60
  • Il ajoute : On évitera de juger la torture bonne ou exécrable selon qu’elle s’exerce dans le camp de nos concitoyens et amis ou dans celui de nos adversaires. La recherche du renseignement par la torture oblige l’homme supplicié à révéler ce qu’il sait pour éviter de souffrir. Ce procédé précise l’Abbé de Nantes est extrêmement efficace, il est cependant odieux, ajoute-t-il aussitôt.

    « Il reste, je cite, un moyen immoral d’une guerre immorale. »

    Mais il peut, dit l’Abbé, devenir indispensable dans certaines circonstances.

    Pour remplir son devoir primordial de sauvegarde de l’ordre pacifique, de la vie et des biens des personnes, l’Etat a le droit strict et le devoir de tout tenter pour obtenir de celui qui sait, les renseignements nécessaires à la répression.
    L’Abbé de Nantes s’empresse d’ajouter que cette justification ne peut s’attacher qu’à une nécessité supérieure. Seules de très hautes urgences, des devoirs sacrés peuvent jouer ce rôle.

    Même justifiée selon ce principe la torture demeure un moyen dangereux qui peut rapidement se dégrader et souiller le pouvoir qui en use.

    Le recours doit être ultime . Il ne peut être qu’appliqué dans des limites précises pour un temps assez bref dans un plan d’accélération de la lutte vers une prompte issue.

    « Pour un chrétien, la torture ne sera jamais un moyen normal de combat�?�.. » conclut-il.

    Mon opinion

    La torture peut neutraliser des terroristes mais elle en crée d’autres. Camus l’a bien vu

    Recherche du rensgt aujourd’hui peut encore nécessiter l’emploi d’une contrainte physique mineure. Mais d’autres méthodes sont à privilégier.

    Utilisation de la ruse a permis de grands succès �?? bleuite �?� intoxication, pendant le conflit algérien. Elle évite d’user de moyens répugnants.

    Corruption de l’adversaire lorsqu’il est vénal; un moyen immoral mais qui peut s’ordonner à une fin militairement souhaitable.

    Combinée avec contrainte réduite sur les prisonniers, mais dans le cadre des grandes lois internationales.

    Ambiguïté des professionnels de l’anti-torture.

    Tous ceux dont j’ai cité le nom tout à l’heure comme des dénonciateurs de la torture doivent être présentés dans toute l’ambiguïté qui fut la leur. Ils furent des dénonciateurs de la torture pratiquée par des militaires français.

    Or, la torture fut pratiquée par tous les protagonistes de la guerre d’Algérie. Aussi par le FLN évidemment. Les hautes consciences précitées se turent lorsque les victimes se situaient dans l’autre camp que la rébellion et que les bourreaux étaient membres de Armée de Libération Nationale ou du FLN. Egalement lorsque les torturés étaient des membres de l’OAS ou des Pieds-Noirs suspectés de l’être.
    Or, les tortures et les massacres perpétrés par le FLN ne sont pas de petits événements annexes de l’histoire du conflit algérien.

    Citons en quelques-uns :

    20 août 1955, massacre d’Européens à Philippeville, à El Halia, Aïn-Abid et autres lieux : les victimes sont tuées souvent après d’horribles supplices.

    27 mai 1957, massacre de Mélouza. Un village peuplé de paysans messalistes (expliquer) est massacré. (Voir NRH de mai �?? juin 2007).

    A partir du 17 avril 1962 des milliers d’Européens sont enlevés par le FLN.

    Selon les enquêtes les plus récentes 3 856 européens ont été victimes de rapts. La plupart furent torturés;1253 d’entre eux sont portés disparus encore à ce jour. Beaucoup sont morts dans d’horribles souffrances.

    A partir de la même date et plus encore après la proclamation de l’Indépendance, les harkis, c’est-à-dire les supplétifs musulmans de l’Armée Française, et nombre de ceux qui à un titre ou un autre, avaient servi les autorités françaises seront victimes par dizaines de milliers de tortures et de massacres abominables.

    Sartre, Mauriac, Martin du Gard, PH. Simon resteront silencieux. Le Nouvel Observateur se taira. Jean Daniel, grand pourfendeur de l’Armée française et de la torture, se taira. Quarante années plus tard, il reconnaîtra ses torts et demandera, un peu tard, pardon aux harkis.

    Tous ces gens auront ainsi révélé le fond de leur pensée : leur préoccupation n’était pas de combattre la torture et de défendre les Droits de l’Homme, elle était de gêner et de nuire à l’Armée française. Ils pensaient servir ainsi la cause de l’émancipation du peuple algérien.

    L’objectivité m’impose de dire cependant que Vidal-Naquet récemment disparu dénonça dans le Monde en novembre 1962, le massacre des harkis. Dénonciation demeurée, unique en son genre et sans lendemain. (Comme il avait dénoncé la torture contre l’OAS)..

    Le massacre des harkis fut dénoncé le plus souvent par d’autres intellectuels et d’autres journaux : La Nation Française de Pierre Boutang. Joseph Folliet. Gabriel Marcel. Maurice Allais, Prix Nobel d’Economie, Philippe Tesson dans Combat.

    Pas par Sartre, pas par Mauriac, pas par P.H. Simon.

    3/ La fin de la Guerre d’Algérie et l’encouragement donné au terrorisme dans le monde entier

    Le Général De Gaulle a souvent affirmé qu’il ne négocierait pas avec le FLN et qu’il ne lui remettrait pas l’Algérie, clefs en mains. C’est pourtant ce qu’il fit « Moi vivant, jamais le drapeau FLN ne flottera sur Alger » avait-il dit. C’est pourtant ce qui se produisit.

    Je ne reviens pas sur les détails qui conduisirent à cette fin sans gloire. Le référendum d’autodétermination qui eut lieu en Algérie, le 2 juillet 1962, et la proclamation de l’Indépendance du pays le 3 juillet 1962 furent accueillis par beaucoup de Français de l’époque avec ce qu’il faut bien appeler « un lâche soulagement ».

    A en croire la propagande officielle : désormais le problème algérien était résolu. Le boulet était détaché. Cette boîte à chagrins, cette boîte à scorpions dont parlait le Général à son mémorialiste Alain Peyrefitte, était remisée au loin. Le noeud gordien était tranché. Le cancer opéré, la tumeur enlevée.

    Eh bien non !

    Le problème algérien est toujours là �?? comme nous allons avoir l’occasion de nous en rendre compte hélas, si une troisième guerre civile se déclenche dans ce pays d’outre méditerranée.

    Et le terrorisme lui, est toujours là plus puissant que jamais.

    Chassé par la porte, il est revenu par la fenêtre dix fois plus fort.

    Or, les Accords d’Evian, le pseudo référendum du 2 juillet, la capitulation devant des gens qui n’avaient d’autre légitimité que celle d’avoir mené �?? avec ténacité il est vrai �?? un combat violent, cruel, sans scrupule, tout cela fut un encouragement prodigieux pour tous les terroristes de la planète.

    Voyant comment, les terroristes algériens, ces gens longtemps traqués, combattus et justement vilipendés, finirent par s’asseoir à la table des négociateurs et par imposer leur loi, les apprentis terroristes du monde entier se sont dits : pourquoi pas nous ?

    Et la chronologie à cet égard est imparable : c’est tout naturellement au Moyen Orient cette plaie purulente au flanc du monde que le mouvement connut un premier essor.

    – – 1970 à peine 8 ans après la fin du conflit algérien apparaissent Septembre Noir et FDPLP.

    En 37 années, le monde islamiste est devenu la pépinière d’un terrorisme qui, aujourd’hui, a gagné la planète.

    Par un retour des choses prévisible, l’Algérie et peut-être demain le Maghreb tout entier �?? des pays qui ont plus que flirté jadis avec le terrorisme �?? vont se retrouver en butte aux méfaits et aux destructions de ce même terrorisme.

    Dans le long conflit mondial qui a débuté, les historiens retiendront peut-être un jour que les Accords d’Evian de 1962, furent à la guerre contre le terrorisme ce que Munich fut à la 2ème guerre mondiale.

    Jean MONNERET

Petites réflexions sur le djihadisme

Nous apprenons au fil des media que quelque 900 jeunes français sont allés faire le djihad en Irak et Syrie. Notre pauvre patrie a donc le redoutable « honneur » d’être en tête des pays occidentaux par le nombre de ses enfants participant au Proche Orient à la sombre aventure de l’Etat Islamique.
Essayons de comprendre : tous les Musulmans vivant en France ne sont pas des fanatiques et c’est heureux. Néanmoins ceux qui vont faire le djihad se recrutent bien dans des milieux musulmans. Il est difficile de les confondre avec des Soeurs de la Charité ou des disciples de Gandhi. Comme la France abrite la plus forte proportion de Musulmans en Europe de l’Ouest, il n’est pas étonnant que sa frange djihadiste soit en proportion.
/ Il y a une explication complémentaire à ce nombre élevé de jeunes djihadistes partis de France. En plus des influences islamiques qu’ils ont pu subir dans certaines familles, dans certains quartiers, dans certaines mosquées ou sur certains sites internet, ils ont subi l’influence omniprésente, que dis-je, ubiquiste des media français les plus ordinaires .

Voici 25 ans que ceux-ci diffusent inlassablement et exclusivement une propagande anticolonialiste aussi primitive que biaisée. La période où la France avait un empire colonial est systématiquement présentée comme une criminelle abomination. La guerre d’Algérie est tout spécialement présentée comme un épisode peu glorieux où l’Armée française se serait couverte de honte. Les banlieues sensibles sont soumises depuis un quart de siècle à ce lavage de cerveau absurde qui, naturellement fabrique des djihadistes à la pelle. Bravo !
Cela gagne même des gens qui n’ont rien de djihadistes. Une journaliste, pourtant fort peu suspecte de gauchisme, a même écrit récemment dans le Figaro que la France avait commis des Oradour-sur-Glane durant la guerre d’Algérie. En vain, moi qui suis historien, lui ai-je demandé des précisions à ce sujet : où, quand, comment ? Bien entendu la seule réponse fut un silence assourdissant. On imagine ce que semblables âneries peuvent faire comme dégât sur les esprits vulnérables de nos délicates banlieues.
// Autre raison à l’émergence de si nombreux djihadistes chez nous : l’ethno-masochisme envahissant et l’autoflagellaton permanente que relaient nos si subtils media. Ainsi nos jeunes banlieusards issus de l’immigration apprennent-ils depuis le plus jeune âge qu’ils vivent dans un pays raciste incorrigible où ils subissent une impitoyable discrimination. Comment s’étonner que certains prennent pour argent comptant ces inepties ?
Comme l’a dit Shakespeare : « Des fous guident des aveugles c’est le fléau de notre temps » (Le Roi Lear)
JEAN MONNERET

15 octobre 2014

LE TERREAU DES TERROS

Nous sommes loin de tout savoir sur Mohammed Merah et sur sa sanglante équipée qui fit sept victimes dont trois enfants. Avec le temps, de nouvelles révélations seront faites qui surprendront sans doute. Un fait pourtant commence à s’imposer de manière irréfutable : un jeune homme issu de l’immigration s’est livré à un acte de terreur aux motivations politico-religieuses avérées. L’imprécatoire M.Merah n’a guère invectivé contre la montée du chômage ou des discriminations. Pour justifier ses actes, il s’est référé au conflit du Moyen-Orient, à l’expédition israélienne sur Ghaza, à la présence militaire française en Afghanistan et à l’interdiction du voile intégral.

Pourtant, quand il est mort, une grande partie des media s’est efforcée de gommer les motivations exprimées de son acte pour y substituer une pure causalité sociale.
L’accent fut mis sur le sort tragique des jeunes issus de l’immigration, sur leur aliénation, sur leur manque de perspectives dans une société barrée par l’horizon grisâtre du chômage. Bref, nous fûmes plongés dans ce qui s’appelle la culture de l’excuse. Elle se double de la politique de la culpabilité en direction des citoyens français.
La palme pourrait revenir au New York Herald Tribune qui écrivit le 30 mars : « Ce n’est pas Al Qaïda qui a créé Mohammed Merah, c’est la France. » Manière de dire : la responsable c’est la société française et ses injustices. Le journal américain reprenait d’ailleurs la phrase d’un des camarades de classe du terroriste.
Certes, il n’est pas prouvé que Merah fût un agent d’Al Qaïda. Il est cependant impossible de passer sous silence les influences islamistes qui ses sont exercées sur lui, bien que les media les aient édulcorées et atténuées au maximum. On sait néanmoins qu’il s’est radicalisé en prison en lisant la Coran ; qu’il avait, nous dit-on ,un frère salafiste qu’il a rencontré en Egypte, dans une école coranique où il séjournait. Ajoutons qu’il a voyagé en Syrie, en Turquie, en Afghanistan, au Liban, tous pays où la mouvance islamiste est bien représentée. Malgré cela cet aspect de la personnalité du tueur fut minimisé. Nombre de journalistes ont préféré souligner son côté loup solitaire. En somme ,tout s’est passé comme si les media ne voulaient pas trop inquiéter le français moyen.
Rares finalement furent les commentateurs comme Ivan Rioufol qui mirent les pieds dans le plat, par exemple dans sa tribune du 30 mars au Figaro : « La majorité des Français musulmans ne peut que se sentir horrifiée et déshonorée par cette barbarie commise au nom d’Allah. Pour autant, le feu de l’islamisme couve dans les cités. Pour certains, Merah est devenu un héros. Des pages Facebook dédiées à sa mémoire ont dû être fermées. Des professeurs n’ont pu faire respecter à leurs élèves la minute de silence en mémoire des victimes. Des enseignants reconnaissent dans leur classe l’ancrage des sentiments anti-juifs. »
Peut-on dès lors avancer qu’il y a deux analyses du cas Merah ? Selon l’une, il serait un produit de ces cités sensibles où le manque de perspectives jette les jeunes dans la désespérance. Selon l’autre, il serait le produit de la vague islamiste venue du le Proche-Orient jusqu’à nos rivages européens
En fait, chacun comprendra qu’opposer ces deux types de causalité est artificiel. Les 2 analyses que nous venons d’évoquer n’ont rien de contradictoire. Comme l’a dit également Rioufol, le 28 mars : « Une société qui produit un tel monstre est malade mais une religion qui enfante un tel culte de la mort est aussi une religion malade. » Tout est dit.
Entasser des immigrés par millions dans des cités plus ou moins sordides où le travail et l’opportunité de progresser socialement sont rares ne peut rien donner de bon. Que sur ce terreau se répandent des influences politico-religieuses très dangereuses est une évidence qui crève les yeux. Ces influences se répandent d’ailleurs là parce que l’ambiance politico-religieuse importée par la nouvelle immigration musulmane les favorise. Voilà une autre évidence aveuglante. Dans leur majorité, les média français se refusent à l’admettre. Point n’est besoin cependant d’être un grand sociologue pour comprendre que la porosité de nos banlieues à l’islamisme vient de ce qu’elles sont largement musulmanes. Tous les musulmans ne sont pas des islamistes et c’est heureux. Mais rien ne garantit qu’il en sera toujours ainsi. En fait, les banlieues sont des bombes à retardement.
Chômage plus islamisme, voilà en effet une combinaison détonante. Reste à éviter qu’elle n’explose. Pour cela, rien n’est plus important que d’empêcher les média audiovisuels de provoquer la mise à feu.
J’ignore à quelle stratégie répond le déversement sur les ondes françaises, depuis 20 ans, d’une propagande calquée sur celle du FLN algérien, mais c’est un fait, nous y avons droit et massivement. Depuis deux décennies, et avec une intensité redoublée par le cinquantenaire de l’Indépendance, les grands média nous servent à propos de l’Algérie et de la Guerre d’Algérie, une rhétorique systématiquement anticoloniale. Au point qu’elle pourrait passer telle qu’elle à Radio-Alger : dénigrement inlassable de la colonisation, dénigrement de l’Armée française durant le conflit, édulcoration des crimes de la rébellion et « oubli » des souffrances de diverses catégories de populations algériennes de l’époque. C’est là une pure folie.
A l’occasion du cinquantenaire, c’est un déferlement de productions biaisées, de débats truqués et de propagande anti-française. Certains journalistes et « historiens » nous servent cette soupe « agrémentée » de quelques ingrédients plus ou moins subtils, mais c’est bien de la soupe FLN qu’il s’agit : éloge déguisé du terrorisme, éloge de certains terroristes, accusations démesurées contre la colonisation et l’oeuvre françaises en Algérie, accusations démesurées contre notre Armée. Ceci ne peut se faire qu’avec la connivence de hautes autorités engagées dans un sombre rapprochement avec Bouteflika et consorts.
Ceux qui agissent ainsi prennent une lourde responsabilité.
Une fois de plus : Caveant Consules !
Chômage+islamisme+propagande FLN, que voilà une formule explosive au sens propre du terme ! En inondant les banlieues d’une propagande anti-française, on prend le risque d’y créer des terroristes par centaines.
A continuer de la sorte, les loups solitaires à la Merah ne tarderont pas à chasser en meute.
JEAN MONNERET
11 avril 2012

LE FLN FUT TERRORISTE

Mme Nicole Guiraud a perdu un bras en automne 1956 à la suite d’un attentat commis par le FLN au Milk-Bar à Alger. Elle a été invitée à témoigner au 7ème Collogue de l’Association Française des Victimes du Terrorisme à Paris. Fureur du FLN algérien qui craint d’être ainsi stigmatisé comme une organisation terroriste. Il a donc fait donner quelques associations satellites pour dénoncer l’invitation de Mme Guiraud.
A cette occasion, il est intéressant d’examiner l’argumentation employée par le FLN et ses sympathisants pour nier le caractère terroriste de son activité durant la guerre d’Algérie. Mme Flici, secrétaire générale de l’ONVT (Organisation Nationale algérienne des Victimes du Terrorisme) reproche à l’association française de ne pas faire de « distinction entre le terrrorisme et les actions de lutte pour la libération du peuple algérien du colonialisme criminel et barbare « . Un peu auparavant, elle avait écrit dans son communniqué: « En tant que fille de chahid (cad de combattant du FLN tombé au combat) je n’accepterai jamais qu’on cite le FLN comme organisation terroriste alors que la lutte armée durant la guerre de libération était sacrée et noble… »
IL Y A LA UNE CONFUSION CARACTERISTIQUE.

Je ne pense pas personnellement que la lutte du FLN était sacrée et noble. Mais peu importe en l’occurrence. Cette dame, elle, le croit. Il n’en demeure pas moins que son raisonnement repose sur un syllogisme grossier: La cause était sacrée et noble DONC les moyens utilisés ne peuvent pas avoir été ignobles. On pourrait sourire si la matière n’était grave. Car, la plus sacrée des causes (et celle du FLN reste ouverte à bien des contestations de ce chef) sera ,en tout état de cause, discréditée par le recours au Mal.
En d’autres termes,la fin ne justifie pas les moyens.
Il y a belle lurette que cette thèse a été réfutée dans notre vieille Europe par tous ceux, écrivains, prêtres, théologiens, philosophes qui se sont préoccupés de morale…….
Albert Camus leur a jadis prêté sa voix: « Quelle que soit la cause que l’on défend, elle restera toujours déshonorée par le massacre aveugle d’une foule innocente où le tueur sait d’avance, qu’il atteindra la femme et l’enfant. »
Nicole Guiraud est donc l’incarnation vivante du déshonneur du FLN. On comprend dès lors qu’il ne soit pas content.
Ceci est difficile à saisir par les soutiens du FLN. Il s’est même trouvé un allemand (dont il vaut mieux oublier le nom) pour juger inévitables les actions terroristes contre les Européens pendant le conflit algérien. Selon lui, la majorité de cette population soutenait le colonialisme; il était donc justifié de s’en prendre à elle. Laissons ce malheureux à ses horribles divagations.
Une certaine Mme Benhabylès, ex-ministre algérienne, a également publié un communiqué sur le même sujet. Elle, s’insurge: « Ils qualifient, dit-elle « nos résistants et moujahidines de terroristes« .
Or, le tueur qui sait d’avance qu’il atteindra la femme et l’enfant, et agit ainsi peut bien être appelé « résistant » par des idéologues, il reste un tueur.
La même dame pose plus loin une étrange question: « Dit-on de Jean Moulin qu’il était un terroriste? »
Non, évidemment, car J. Moulin n’a jamais commandé d’attentat comme ceux du Milk Bar, de la Cafétéria ou comme le massacre de Mélouza. La Résistance française a commis des erreurs. Elle n’a jamais eu recours au terrorisme en faisant périr sciemment des civils innocents visés en raison de leur origine ethnique ou religieuse.
JEAN MONNERET
1er août 2011

LE PORTEUR DE FEU DE BROADWAY

Bien des commentaires ont suivi l’attentat déjoué à New-york et l’arrestation de son concepteur: le nommé Faisal Shahzad. Beaucoup sont centrés sur sa personnalité et le fait qu’il était un citoyen américain apparemment bien intégré.
Le magazine Time a souligné un autre point: ce qui se serait passé si la voiture piégée avait explosé à l’endroit où elle se trouvait, au coin de Broadway et de la 45éme rue. Informons-nous.

« La voiture se serait transformée en un explosif liquide en ébullition. (En raison de la présence d’un fût de propane à l’intérieur) L’explosion n’aurait duré que quelques dixièmes de seconde mais elle aurait engendré une boule de feu susceptible de balayer tout le carrefour. L’onde de choc se serait répandue dans toutes les directions à une vitesse comprise entre 3.700 et 4.500 mètres par seconde. En rencontrant les parois des immeubles environnants, elle se serait répercutée 10 fois plus vite. Toute personne présente dans un rayon de 400 mètres, un alignement de 5 immeubles eût couru le risque d’être touchée par l’effet shrapnell de millions d’éclats de verre volants.
Beaucoup de ceux qui seraient morts auraient péri dans des conditions horribles. Un journaliste de Time familiarisé avec les ravages causés par les voitures piégées à Baghdad, explique que les victimes se retrouvent nues car la boule de feu fait fondre leurs vêtements en même temps que leur peau.
« Time Magazine. 17 mai 2010.
Chacun comprendra le caractère diabolique du terrorisme qui repousse les limites du crime et de la haine à des frontières encore indépassées. Ces hommes (puisqu’il s’agit d’hommes) Albert Camus les appelait Les Fils de Caïn. Rappelons encore une fois que les gens visés par ces actes sont des civils, passants, hommes, femmes, enfants, vieillards n’ayant aucune responsabilité politique ou militaire. Simplement visés pour leur appartenance à une nationalité, une race ou une religion.
Aussi est-il triste que toute une production cinématographique française passée,actuelle,et sans doute hélas future puisse faire l’éloge de gens qui,durant la Guerre d’Algérie,utilisèrent ces méthodes.Les responsables de cet état de choses devront des comptes aux futures victimes.
19 mai 2010