Le livre blanc de l’armée française en Algérie – ouvrage collectif – Editions Contretemps 2002

Quarante ans après la fin de la guerre d’Algérie, l’armée française est aujourd’hui mise en accusation. Lancée par le parti communiste, soutenue par les anciens porteurs de valises, les professionnels de la repentance et leurs relais, une campagne de presse d’une violence inouïe vise à mettre au pilori ceux qui ont dû, dans des circonstances dramatiques, assumer la responsabilité du rétablissement de l’ordre face au terrorisme. A cette nouvelle offensive contre l’honneur de l’armée française, il n’est qu’une réponse, celle de la Vérité. C’est elle qu’ont cherché à retracer, dans sa complexité, les historiens, les journalistes et les témoins de l’époque qui se sont associés, à l’initiative d’un groupe d’officiers de réserve, pour réaliser ce  » Livre Blanc de l’armée française en Algérie « . Il ne masque rien des cruautés de l’époque, et des nécessités d’une guerre contre un ennemi sans visage. Il s’est efforcé de s’en tenir aux faits, en les éclairant par les circonstances, dans le contexte politique et militaire créé par la guerre révolutionnaire conduite par le FLN.

En le lisant, on en revivra les principales étapes, on se remémorera quelques vérités occultées (sur les crimes de l’ennemi, les épurations à l’intérieur du FLN, ou l’affreux massacre des harkis après l’indépendance de l’Algérie), on mesurera l’ampleur des cas de conscience qu’eurent à affronter soldats et officiers. On comprendra surtout que l’armée française n’a en lien à rougir de la façon dont elle mena une guerre qu’elle n’avait ni voulue ni choisie et où elle donna, dans le sang et les larmes, le meilleur d’elle-même. Ce livre voudrait donner à tous ceux qui ont été blessés par l’injustice des calomnies répandues sur elle un instrument de combat. Il s’adresse aussi aux nouvelles générations. Pour qu’il ne soit pas dit que la désinformation a eu le dernier mot.

Petites réflexions sur le djihadisme

Nous apprenons au fil des media que quelque 900 jeunes français sont allés faire le djihad en Irak et Syrie. Notre pauvre patrie a donc le redoutable « honneur » d’être en tête des pays occidentaux par le nombre de ses enfants participant au Proche Orient à la sombre aventure de l’Etat Islamique.
Essayons de comprendre : tous les Musulmans vivant en France ne sont pas des fanatiques et c’est heureux. Néanmoins ceux qui vont faire le djihad se recrutent bien dans des milieux musulmans. Il est difficile de les confondre avec des Soeurs de la Charité ou des disciples de Gandhi. Comme la France abrite la plus forte proportion de Musulmans en Europe de l’Ouest, il n’est pas étonnant que sa frange djihadiste soit en proportion.
/ Il y a une explication complémentaire à ce nombre élevé de jeunes djihadistes partis de France. En plus des influences islamiques qu’ils ont pu subir dans certaines familles, dans certains quartiers, dans certaines mosquées ou sur certains sites internet, ils ont subi l’influence omniprésente, que dis-je, ubiquiste des media français les plus ordinaires .

Voici 25 ans que ceux-ci diffusent inlassablement et exclusivement une propagande anticolonialiste aussi primitive que biaisée. La période où la France avait un empire colonial est systématiquement présentée comme une criminelle abomination. La guerre d’Algérie est tout spécialement présentée comme un épisode peu glorieux où l’Armée française se serait couverte de honte. Les banlieues sensibles sont soumises depuis un quart de siècle à ce lavage de cerveau absurde qui, naturellement fabrique des djihadistes à la pelle. Bravo !
Cela gagne même des gens qui n’ont rien de djihadistes. Une journaliste, pourtant fort peu suspecte de gauchisme, a même écrit récemment dans le Figaro que la France avait commis des Oradour-sur-Glane durant la guerre d’Algérie. En vain, moi qui suis historien, lui ai-je demandé des précisions à ce sujet : où, quand, comment ? Bien entendu la seule réponse fut un silence assourdissant. On imagine ce que semblables âneries peuvent faire comme dégât sur les esprits vulnérables de nos délicates banlieues.
// Autre raison à l’émergence de si nombreux djihadistes chez nous : l’ethno-masochisme envahissant et l’autoflagellaton permanente que relaient nos si subtils media. Ainsi nos jeunes banlieusards issus de l’immigration apprennent-ils depuis le plus jeune âge qu’ils vivent dans un pays raciste incorrigible où ils subissent une impitoyable discrimination. Comment s’étonner que certains prennent pour argent comptant ces inepties ?
Comme l’a dit Shakespeare : « Des fous guident des aveugles c’est le fléau de notre temps » (Le Roi Lear)
JEAN MONNERET

15 octobre 2014

Note à propos du 5 décembre 2009

Il y a un an, je déplorais que l’hommage rendu aux combattants d’AFN ait été précédé, à la télévision, d’un sinistre film dépeignant nos soldats comme des tortionnaires et des meurtriers. Le non moins sinistre Bockel, après avoir décoré quelques-uns des nôtres, s’en alla ensuite accorder une interview à un journal FLN. Il rendit hommage à ses combattants et affirma que l’Algérie était une nation en 1954(sic).
Cette année, en 2009, les choses furent quelque peu différentes. M. Hubert Falco après avoir, hélas, réaffirmé que le système colonial était basé sur l’injustice, se livra immédiatement après à des considérations qui montraient rigoureusement le contraire. Il déclara que les Français en AFN avaient soigné, éduqué, construit (en Algérie ils ont créé le pays lui-même) et combattu pour le plus grand bien de tous. En somme, après avoir annoncé une première proposition conforme à l’idéologie officielle, Hubert Falco a tranquillement démontré qu’elle était entièrement fausse. Il sera donc très difficile de la prendre au sérieux.

Il a ensuite expliqué que les victimes civiles du terrorisme seraient considérées comme mortes pour la France et que les victimes du 26 mars 1962, en particulier, seraient inscrites au Mémorial du Quai Branly. Pour les familles concernées c’est une victoire que nous saluons de tout coeur. C’est également une victoire pour toute notre communauté.
Reste que l’exercice du Ministre Falco avait un caractère légèrement orwellien : affirmer son soutien à une thèse officielle, tout en la démentant à chaque parole suivante : c’est de l’art.
Reconnaissons-le donc : Falco n’est pas Bockel et sans doute sera-t-il plus populaire chez les nôtres. Cependant, l’exercice auquel il s’est livré est curieux. Les anglophones le qualifieraient d’ oxymoronic (contradictoire). Vous savez cet adjectif bâti sur la racine oxymoron, cette figure de style qui unit deux termes sémantiquement opposés : obscure clarté, faibles forces, courage craintif, rigueur démocratique etc�?� En anglais, le terme se double d’un jeu de mot sur moronic, dérivé de moron qui signifie crétin.
Des journalistes américains ont poussé l’insolence jusqu’à qualifier ainsi la politique du président Obama en Afghanistan. Envoyer des renforts dans ce pays, tout en annonçant qu’ils partiront le plus vite possible, en 2011 au plus tard est typiquement oxymoronic selon Time Magazine. C’est tout simplement une façon de dire une chose et son contraire. Elle se répand chez les politiciens occidentaux.
Mais baste ! Pour nous l’essentiel est ailleurs, nous n’acceptons pas l’idée que la colonisation fut intrinsèquement injuste. Non et non ! Nos ancêtres ne se sont pas décarcassés outremer pour y perpétuer l’oppression.
Et attention ! Encore une fois, Caveant Consules !
A force de répéter que la France a un passé peu glorieux, qu’elle est coupable d’injustice et d’exploitation, on crée, tous les jours, des terroristes dans nos banlieues. Il ne faut pas s’étonner si des immigrés ou des Français d’origine immigrée brûlent le drapeau français à Toulouse ou sifflent la Marseillaise. Ils agissent,- et c’est bien triste à écrire-, conformément à ce que leur enseignent nos gouvernants, nos écoles et nos médias : à savoir qu’il n’y a pas lieu d’être fier d’être Français.
On ne peut pas dire et laisser dire quotidiennement et partout que la société française regorge de discriminations et d’injustices ou que l’histoire de France fut une suite de crimes et s’attendre à autre chose. Il serait temps de changer de cap.
Le Figaro a évoqué récemment le cas d’un chercheur issu de l’immigration et présumé dangereux. On le soupçonnait de vouloir bricoler un engin explosif. Ce qui est intéressant dans ce cas bien connu d’un terroriste présumé ce sont ses motivations. L’une d’elle mérite qu’on y réfléchisse : la célébration d’une victoire française en Algérie par un de nos régiments le dérangeait (Sidi Brahim). Les services chargés de la lutte contre le terrorisme aujourd’hui dans le monde, craignent beaucoup l’apparition de ce type de terroristes solitaires (lone terrorists). Ils n’appartiennent à aucun réseau, mais ils sont capables de bricoler seuls des armes ultra dangereuses et ils désirent « punir » les Occidentaux pour leurs « crimes » passés.
Rien de plus dangereux que l’auto-flagellation perpétuelle à cet égard. Elle nourrit quotidiennement le futur terrorisme à nos portes, dans nos banlieues et même dans nos universités.

15 décembre 2009.

La grande peur des « bien »-pensants

La crise alimente chez les dirigeants des différents pays européens la crainte de troubles graves. C’est ce que nous apprend le Figaro du 23 janvier 2009, par la plume de son correspondant Thierry Portes. Je cite : « La peur d’une insurrection populaire nourrie par la crise commence à s’insinuer dans l’esprit des dirigeants européens. »
De ce point de vue, les troubles apparus en Grèce donnent un signal inquiétant et même très menaçant. La France, en cas d’agitation sociale, serait singulièrement touchée. Sa tradition des conflits sociaux à répétitions et le poids démesuré des appareils syndicaux la rendent particulièrement fragile sous ce rapport. S’y ajoutent le poids des partis et groupement à prétentions révolutionnaires, la longue et persistante révérence de son intelligentsia jobarde envers le marxisme et bien d’autres particularités encore. Tout cela fait finalement de notre pays le maillon faible de l’Europe en matière de résistance à l’agitation politico-sociale.

Par les temps qui courent, il n’est que plus irrationnel de jeter du sel sur les plaies et de l’huile sur le feu afin d’entretenir, à grand renfort de propagande médiatique, un esprit de contestation et de revanche dans des secteurs fragiles et instables de la population.
En effet, en moins d’un quart de siècle, la France a laissé se créer sur son sol, dans de nombreuses villes grandes et moyennes, des cités-ghettos qui peuvent devenir des foyers d’insurrections et de troubles graves. Nombre de ces lieux sont désormais des bombes à retardement à la périphérie des agglomérations. On y déverse, constamment et follement, par médias interposés, une vaste propagande selon laquelle ces zones et leurs habitants sont victimes d’une discrimination persistante. De quoi y rendre la situation encore plus explosive.
Il est tout à fait irrationnel et plus irresponsable encore de laisser entendre que bien des attitudes discriminatoires alléguées prennent leur source dans le passé colonial de la France.
Il est éminemment dangereux que la télévision et le cinéma montrent sans trêve aux habitants des cités une histoire falsifiée et tronquée de cette période. Que l’école, par l’intermédiaire de manuels bien peu objectifs, se fasse le relais de ces visions faussées est tout aussi dramatique.
Si nos dirigeants craignent des troubles, ils seraient bien avisés de mettre une sourdine à l’anti-colonialisme de principe qu’ils ne manifestent que trop officiellement.
Les conséquences de cet état d’esprit auquel se joignent de multiples appels à la repentance, peuvent être gravissimes et cela à court terme.
Qu’à cet égard, journalistes, cinéastes, éditeurs, tous ceux qui détiennent le pouvoir de diffusion de la parole et de l’image soient mis en garde. La portée délétère d’une certaine vision bancale et mensongère de l’Histoire de France, ne doit pas être sous-estimée. Elle est un ingrédient particulièrement dangereux de la situation actuelle, qu’un rien peut rendre détonnant, à tous les sens du terme.
Caveant consules ne quid detrimenti res publica capiat.*
La colonisation a pu avoir, parfois, des aspects sombres ou excessifs. Globalement, elle a toutefois permis aux populations de l’ancien Empire français de réaliser d’immenses progrès sociaux, culturels et politiques grâce au contact avec l’une des plus grandes civilisations du monde. Les ressortissants des anciennes colonies françaises doivent beaucoup à leur métropole. Les progrès en matière médicale en particulier furent immenses. Pas seulement en ce domaine. Nous y reviendrons.
Le 5 février 2009

Jean Monneret

Note
*Que les consuls prennent soin que l’Etat ne souffre nul dommage.

A propos du 8 mai 1945 et de la colonisation

Les princes qui nous gouvernent ont tout faux ; par Jean Monneret.

Prétendre que la colonisation fut un système « d’injustice et d’asservissement » revient, de la part de l’état français, à cautionner une propagande qui fut, pendant des décennies, l’apanage des milieux d’extrême gauche, des anticolonialistes de profession et des nationalistes algériens les plus radicaux. Que cette doctrine très « engagée » devienne aujourd’hui celle de la France officielle est grave. Pour plusieurs raisons.

  • C’est une entorse délibérée, voulue, à la vérité historique.
    Jusqu’à présent la position officielle des gouvernants français lorsqu’on leur parlait de repentance à propos du 8 mai 1945 ou de la colonisation était : « laissons les historiens débattre ».
    Désormais l’état qui nous dirige a dû estimer le débat clos. Il tranche, une fois de plus, en matière historique, alors qu’il n’a ni vocation à le faire, ni compétence à cet effet.
  • Il choisit de s’incliner devant la propagande grossière et grotesque du FLN en cautionnant la campagne d’agit-prop ridicule de ce dernier à propos du 8 mai 1945 (Voir déclarations de l’Ambassadeur Barjolet à Guelma). En agissant ainsi, il donne une satisfaction idéologique aux nouveaux maîtres de l’Algérie, contre livraisons de gaz et de pétrole et contre ventes de voitures. L’honneur dans tout cela ?
  • En cautionnant des fables extravagantes sur les méfaits de la colonisation d’une part, et sur des massacres d’autre part ; 8 mai 1945, guerre d’Algérie etc ; en ignorant délibérément ce que certains historiens écrivent et argumentent sur ce point, l’état français entre, quoiqu’ait dit son président dans un processus de repentance aux conséquences incalculables et potentiellement très dangereuses. En effet présenter le passé commun de la France et de l’Algérie comme s’il ouvrait une créance imprécise mais illimitée de la seconde envers la première est grave. Ceci place notre pays en position d’éternel débiteur envers l’autre rive de la Méditerranée.
  • Une telle posture est de nature à éloigner à jamais l’apaisement qui devrait être le but constant des relations franco-algériennes. Il cautionne la culture de guerre que le FLN entretient en Algérie depuis 46 ans. En ces temps où le terrorisme devient un problème planétaire, il risque d’encourager les islamistes de tout poil à procéder à des attentats démentiels qui n’épargneront personne, au nom des « martyrs algériens »
  • Il entraînera en effet dans les populations immigrées d’Algérie, aujourd’hui présentes en grand nombre dans notre pays et dans les banlieues de toutes nos grandes villes, un climat d’hostilité au pays d’accueil. Ceci ne peut qu’amener des conséquences dramatiques tant pour l’intégration de ces immigrés que pour les populations de souche. La sécurité des personnes et l’harmonie sociale dans notre société en seront très gravement perturbées. C’est en réalité une folie qui est en train d’être commise par des dirigeants irréfléchis dont les aspirations et les projets sont fondamentalement marchands, pour ne pas dire boutiquiers.
  • En rejetant l’Histoire de France, en la diabolisant et en la stigmatisant on porte un coup décisif à l’identité française. Sans réaction de notre jeunesse (et comment pourra-t-elle réagir, hélas, prise dans les filets du dressage audiovisuel, de la dépersonnalisation programmée de la propagande incessante, de la drogue, de la manipulation multiforme !), la notion même de France, l’honneur simplement d’être Français, l’identité nationale en un mot, s’effaceront. Nos enfants vivront alors dans une atmosphère de culpabilité permanente et de dépersonnalisation entretenue avec d’immenses conséquences psychologiques individuelles et collectives ainsi que d’énormes séquelles politiques.

Jean Monneret

Lettre adressée au Président directeur général du Point.

Jean MONNERET
Historien
Auteur de La Guerre d’Algérie en 35 questions

Le 27 mai 2008

Monsieur le Président directeur général,
Chaque fois que l’Algérie demande la contrition de la France à propos du conflit appelé Guerre d’Algérie ou de la période dite coloniale, les gouvernants français ont invariablement répondu qu’il fallait laisser débattre les historiens à ce sujet. Je vois que le numéro spécial du Point a décidé d’ignorer délibérément cette sage (pour une fois) recommandation. Ainsi sur les événements du 8 mai 1945, dois-je constater que M. Malye reprend les clichés habituels en la matière. Les éléments de base contenus dans le livre du SHD sur cette insurrection sont négligés. Le livre fondamental que vient de faire paraître Roger Vétillard sous le titre Sétif mai 1945, massacres en Algérie n’est naturellement pas cité et n’a même pas été lu. On nous sert tout bonnement la propagande algérienne, chiffres absurdes compris. A quand un débat contradictoire ?

Appeler la conquête de l’Algérie une « Vendée musulmane » ou les volontaires d’Achiary des « miliciens » revient à jouer sur les émotions et sur les mots. Puis-je attirer votre attention sur l’article ci-joint contenu dans la Nouvelle Revue d’Histoire ?
Nous servir pour terminer une nouvelle interview du sempiternel Stora, le big brother de la recherche historique sur l’Algérie, relève en outre d’un conformisme affligeant. A quand un débat contradictoire ?
Oui, ce numéro du 22 mai est un pur produit de la pensée unique. C’est affligeant.
Veuillez agréer, Monsieur le Président directeur général, l’expression de ma sincère considération.

La France se déjuge.

Triste époque que la nôtre !
Les plus hautes autorités de l’Etat français se disent désormais anticolonialistes.
M. Marleix, secrétaire d’Etat aux anciens combattants a évoqué le 22 mars 2008 pour le journal algérien Liberté, « les crimes coloniaux ». Il a ajouté ceci : « Le président Sarkozy a été le premier chef d’Etat à reconnaître les crimes et les fautes commis pendant la période coloniale ».
Il est vrai que l’actuel président a dit à Constantine le 5 décembre 2007 que « le système colonial était injuste par nature » et « qu’il ne pouvait être vécu autrement que comme une entreprise d’asservissement et d’exploitation ». On notera certes que le président a ajouté qu’il y eut des souffrances et des peines « de part et d’autre ». Ceci n’atténue que très partiellement la brutalité de son propos.
Aussi devons-nous affirmer, en toute occasion, que nous n’acceptons pas cette condamnation qui est anti-historique. Non ! Nos ancêtres ne se sont pas battus Outre Méditerranée pour un « système d’exploitation et d’injustice ». Non ! Ils n’ont pas construit l’Algérie, ils ne l’ont pas faite émerger du néant où elle se trouvait, parce qu’ils étaient les instruments criminels d’une entreprise « d’asservissement ».
L’Algérie était considérée dans les années 30 comme la perle de l’Empire français. La plus belle réussite de la France. On nous dit aujourd’hui que tout cela n’était que crimes, fautes et souffrances.

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Qui nous dit cela ? Les représentants de la même république, la même classe politique, le même Etablissement, les mêmes partis républicains, les mêmes sociétés secrètes qui jadis s’enorgueillissaient de l’oeuvre accomplie alors. Ce n’est plus une révision historique, c’est une négation complète du passé. Une utilisation supplémentaire et basse de l’Histoire pour justifier des causes présentes plus ou moins fumeuses comme l’Union Méditerranéenne.
Le président n’a pas seulement condamné la colonisation, il a évoqué le terrorisme du FLN. Il l’a fait en des termes renversants.
Parlant de la journée du 20 août 1955 et des crimes racistes perpétrés contre les Européens par les hordes du FLN, il n’a pas craint de dire ceci : « Le déferlement de violence, le déchaînement de haine qui, ce jour-là, submergea Constantine et toute sa région et tua tant d’innocents était le produit de l’injustice que, depuis plus de cent ans, le système colonial avait infligé au peuple algérien ».
Non ! Non et Non !
Cette violence, ce terrorisme consistant à s’en prendre à des innocents, femmes et enfants compris était le produit du fanatisme anti-européen, du racisme et des choix terroristes de l’Organisation rebelle. Ceci ne s’appelait pas encore de l’épuration ethnique mais c’était déjà de l’épuration ethnique avant la lettre.
Il n’y a aucune excuse, aucune justification à ces actes. Ils étaient dans la logique de l’Appel du 1er novembre 1954 qui incitait à lutter pour l’Indépendance « par tous les moyens ».
Le terrorisme étant inhumain ne peut servir aucune cause humaine. Il sera un jour prochain condamné comme « crime contre l’humanité ».
Le plus tôt sera le mieux.

Il faut lire le livre de Roger Vétillard sur le 8 mai 1945 dans le Constantinois. Voici pourquoi.

Depuis 13 ans, le gouvernement algérien s’efforce d’obtenir la « repentance » de la France pour les évènements de mai 1945 à Sétif et Guelma. Multipliant les exagérations et les chiffres hyperboliques, parlant de « génocide », de « crimes contre l’humanité » et de « fours de la honte », il a monté une opération d’agit-prop, sans précédent, depuis l’époque stalinienne. Le drame est qu’il a trouvé un relais complaisant dans certains médias français et auprès de quelques historiens peu scrupuleux.

En face, trop rares sont ceux qui ont osé monter au créneau pour s’élever contre cette gigantesque opération de désinformation. Ils forment une cohorte, certes active, mais réduite. Elle vient de recevoir un renfort de qualité : celui de Roger Vétillard, dont le livre Sétif, mai 1945. Massacres en Algérie (Editions de Paris 39 �?�. 589 pages) ne pourra être négligé par les historiens.
La manière est remarquable. Adoptant avec rigueur la méthode historique, l’auteur a, selon ses propres termes [confronté] : « la vérité �?� à tous les éléments dont on dispose ». Evitant l’erreur, hélas trop répandue chez certains de nos compatriotes, d’utiliser des chiffres « idéologiques » et de défendre des a prioris en oubliant les avis opposés, il a comparé les témoignages dans leur diversité, et évalué les sources contradictoires, pour présenter des analyses aussi réalistes que possible. Sur ce sujet particulièrement sensible et délicat, il a donc réussi un tour de force : celui de donner à réfléchir et de resituer les termes d’un problème historique qui n’aurait jamais dû devenir une polémique. Le résultat est là : les chiffres utilisés en Algérie et par la Ligue Arabe, apparaissent dans leur absurdité et leur manque de crédibilité, l’aspect insurrectionnel du mouvement nationaliste, nié par certains, se dévoile, ainsi que les excès de la répression (sensibles à Guelma mais pas à Sétif). Nous sommes devant un travail d’histoire et il est excellent. Roger Vétillard débute en la matière, mais, par un indéniable coup de maître car il a la passion des vrais chercheurs pour la vérification, ce qui les distingue des idéologues. Bravo ! Alors oui, lisons, achetons, faisons connaître ce livre qui est un don inespéré, une grâce inattendue dans ce système médiatique et « informatif » verrouillé. C’est aussi une arme intellectuelle de premier choix. Ne la laissons pas au vestiaire.