Le terreau des terroristes

L’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo et de nos malheureux compatriotes juifs de la porte de Vincennes, nous a justement indigné, comme d’ailleurs une grande masse de Français, et, nous le condamnons. Notre peuple souvent manipulé, assoupi, chloroformé commençait à se réveiller d’un long sommeil. Le voilà désormais confronté à la réalité ultime, à l’aboutissement final du multiculturalisme et de l’immigrationnisme qu’on lui inflige depuis 40 ans.

Si, après les attentats, il ne s’était agi que de manifester contre le terrorisme en affirmant la volonté de lui résister, nous nous serions placé au premier rang, le 11 janvier. C’était sans compter avec le pouvoir politico-médiatique qui voulut récupérer toute l’opération.

La première erreur fut de lancer le douteux slogan : Je suis Charlie. S’il fallait condamner les meurtres en effet, il fallait aussi tracer une nette ligne de démarcation avec le contenu ordurier et outrageant de Charlie Hebdo. L’usage du slogan Je suis Charlie revenait à sacraliser la dérision (Chantal Delsol). Il fallait au contraire prendre ses distances envers une revue dont le contenu, les « valeurs », les prises de position sont fort heureusement très éloignées de celles de la majorité des Français. Que ces derniers n’aient pas vu le piège et soient partis ventre à terre, pour nombre d’entre eux, à la remorque des média, montre la domination qu’exerce la gauche sur l’audiovisuel et l’efficacité de certaines techniques de manipulation.
A cette première erreur de taille s’en est ajoutée une seconde : les gens qui défilaient, avec ce slogan fort discutable, virent se placer à leur tête la plupart des chefs politiques de ce qui constitue aujourd’hui l’Occident, flanqués d’une pincée de dirigeants marginaux venus d’Orient et d’Asie. Si l’Occident n’a pas d’autre message à lancer au monde que Je suis Charlie, c’est plus qu’affligeant, c’est consternant. La liberté d’expression nous est chère, – d’autant plus chère qu’à nous elle est refusée ou à tout le moins chichement mesurée par ces dirigeants qui prétendent, avec un culot digne d’une meilleure cause, en être les défenseurs -. Or, si nous sommes prêts à combattre pour une véritable liberté d’expression (confisquée actuellement par une camarilla gaucharde) , elle ne doit pas être symbolisée par le magazine précité,�?� ou alors il y a un hic de taille. Pas sérieux s’abstenir, dirons-nous. Penser que David Cameron a pu évoquer devant les caméras la nécessité de défendre les valeurs (sic) de Charlie Hebdo, voilà qui laisse songeur !!
Troisième erreur : la sortie d’un nouveau numéro du journal susmentionné contenant derechef une caricature de Mahomet. Cette sortie fut accompagnée d’un battage médiatique considérable encouragé par le pouvoir. �? ignorance !
Il est très difficile de faire comprendre à des Occidentaux que leur vision du monde n’est pas partagée par tout l’univers. Beaucoup de Musulmans considèrent ainsi avec tristesse, parfois fureur, l’irrespect envers le prophète de l’Islam. Pour nombre d’entre eux, le simple fait de le représenter est tenu pour blasphématoire. On peut certes regretter ce manque de plasticité intellectuelle. Il en sera ainsi également pour maints Européens qui ont depuis longtemps perdu leurs repères. Leur psychologie, pour ne rien dire de leurs préoccupations, est très éloignée de cette ombrageuse religiosité. Mais�?��?�..agir comme si le globe entier était constitué de bobos incurables ou de petits-bourgeois europocentrés , noyés dans les brumes de la société de consommation et étrangers à toute préoccupation spirituelle , c’est projeter sur le monde un regard d’halluciné , coupé du réel.

Quant aux fantasmes cosmopolites et au mondialisme branché de certains princes qui nous gouvernent (mal), ils ne peuvent que compliquer nos rapports avec le reste du monde. Certes les terres d’Occident doivent rester des terres de liberté ; le terrorisme djihadiste doit être combattu sans merci. Cependant, un tel combat doit se mener au nom de vraies valeurs, pas au nom de principes abstraits ou confus abrités derrière le bouclier troué de la laïcité, dont nos dirigeants font mine de se parer, alors qu’ils la bafouent quotidiennement dans leur rapports politiques avec l’Islam en France.
Les même qui passent leur temps à nous expliquer que l’Islam est une religion de paix, oublient de respecter les Musulmans. Ils vont jusqu’à les outrager.
Demain, il sera encore plus difficile de trouver des Musulmans modérés. Les candidats au Djihad et à l’islamisme radical vont proliférer. Tel sera le résultat.
A quoi est venue s’ajouter une 4ème erreur : dire au sommet de l’Etat que la France est une société d’Apartheid est absurde et dangereux. Dénigrer systématiquement la France actuelle ou son Histoire, comme aiment à le faire de nombreux intellectuels ignares, c’est alimenter la pire des contestations . C’est fournir à des jeunes privés de repères de pseudos justifications et doper le radicalisme.

La désintégration programmée de la nation

« Rome se fit tant de nouveaux citoyens, par brigue ou par raison, qu’à peine pouvait-elle se reconnaître elle-même parmi tant d’étrangers qu’elle avait naturalisés. » Bossuet. Discours sur l’Histoire Universelle
Un certain rapport officiel sur l’immigration et l’intégration a fait couler beaucoup d’encre ces dernières semaines. Il s’agit d’un texte en cinq volumes publié sur le site du Premier ministre, lequel avait approuvé la composition des commissions désignées pour le rédiger.
Ce texte a soulevé une légitime indignation.
Légitime, car bien des Français ont découvert avec surprise et colère que nos politiques envisagent de démanteler la chère ( autant que dispendieuse) république égalitaire, sociale et laïque dans laquelle ils croient vivre
Colère légitime mais pourtant bien tardive. En matière d’immigration, les initiés et les renseignés savent en effet depuis belle lurette que les propositions des cinq groupes de travail précités ont constitué l’orientation de base de notre classe politique (droite et gauche confondues) durant les 30 années écoulées.
Qu’y-a-t-il donc dans ce quintuple rapport ?
D’abord il y est question de remplacer l’intégration des nouveaux venus par l’inclusion. Ne parlons pas d’assimilation car, pour nos hiérarques et leurs idéologues de service, c’est devenu un gros mot. Bien sûr certains objecteront qu’il ne faut pas dramatiser, que cela relève du folklore sémantique et qu’il vaut mieux en rire.
Ce serait négliger le côté orwellien de ces exercices jargonneux, qui font souvent froid dans le dos. Ce serait oublier aussi que des actes précis et des décisions extrêmes y correspondent déjà. Les politiques qui ont chassé Louis XIV des programmes d’histoire et qui veulent que, désormais, les petits Français étudient les royaumes africains, n’ont pas attendu le rapport dont nous parlons ; ils ne jouent pas. Ils agissent, ils tranchent. Et cette décision date du quinquennat précédent.

Indiquer comme le fait le quintuple rapport que « l’héritage légué par les migrants fait partie de l’identité française » a de quoi, heurter. Affirmer que la France doit « assumer sa dimension arabo-orientale (sic) » est aussi ridicule qu’inquiétant. Car ces formules sont aussi imprécises qu’absurdes : on peut apprécier le couscous, les maqrouds et la lecture d’Ibn Khaldoun, sans pour autant avoir envie d’assouplir l’interdiction du voile à l’école. (Or c’est une des recommandations du texte.)
Asservir les femmes, ou laisser des imams diriger nos cités par délégation n’a jamais fait partie de la dimension franco-occidentale de notre pays. La France est depuis des siècles une terre de liberté. Voilà la dimension qu’il convient d’assumer. Or, réclamer, comme le rapport, la création d’un délit de harcèlement racial pourrait mener aux pires abus. Ce ne serait pas l’instauration du terrorisme intellectuel,- il ne se porte déjà que trop bien-, ce serait la possibilité d’une véritable tchéka de la pensée unique qui se dessinerait.
Sur tous ces points, d’excellents commentaires ont déjà été publiés dans une partie de la presse. Je reprendrai ici le jugement de Mme Malika Sorel-Sutter, qui me semble les résumer tous : « Pour moi, il s’agit de déraciner le peuple français. »
Ajoutons-y quelques commentaires malicieux et amusants, car, aujourd’hui les occasions de rire se raréfient : Gilles-William Goldnagel estime que la gauche est prise « une nouvelle fois en flagrant délire ». François d’Orcival rappelle que le rapport invite à « faire France », (expression biscornue calquée sur : « faire chic »), pour évoquer l’accueil des étrangers et la transformation multiculturelle du pays. Ce que l’éditorialiste propose en fait de traduire par : « défaire la France ».
La réaction du président Hollande à la publication de ce rapport fut qu’il ne correspondait pas à l’orientation du gouvernement. Ce qui reste à prouver. Il y a tout lieu de craindre, au contraire, que la règle soit ; y penser toujours, n’en parler jamais, selon un précédent fameux.
Pour ma part, je souhaiterais attirer l’attention sur une partie moins remarquée de ce rapport. Le texte-feuille de route conseille de créer un musée des migrations. Tout naturellement il suggère qu’il soit installé à l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde, où fut signé en 1848 le décret de l’abolition de l’esclavage. (Le Figaro 12/12/2013)*
Or, ce projet a précisément toute une histoire. Fleuron du patrimoine national, il avait été prévu vers 2010 de le vendre et de le transformer en hôtel de luxe. Après la réaction hostile d’un certain nombre d’intellectuels et d’historiens, d’aucuns suggérèrent d’y installer un musée de l’esclavage et de la colonisation. Vouloir y joindre un musée des migrations en dit long sur la conception « historique » de certains idéologues.
Avec eux, l’histoire de France va se muer en une longue histoire de l’esclavage (crime contre l’humanité) auquel risque fort d’être assimilée la colonisation. Il n’est que de regarder dans le journal Le Monde de janvier 2011 la composition du groupe pétitionnaire réclamant la transformation de l’Hôtel de la Marine. La mouvance anticoloniale y est abondamment représentée.
On devine que, placées dans ce voisinage, les migrations et l’immigration seront,- c’est clair comme de l’eau de roche-, systématiquement présentées sous un double aspect, marquées dès l’origine par le racisme et le rejet de l’autre ; elles devront aboutir à la transformation en profondeur de ce pays « réactionnaire et dominateur » qu’est la France. Plus tard, réconcilié avec ses identités multiples (sic) et en quelque sorte régénéré et ramené des abîmes, notre pays sera un havre de paix, où s’épanouiront les divers peuples qui le composent, en un cosmopolitisme frais et joyeux.
Certes, les actuels désordres économiques obligent nos gouvernants à mettre en sommeil le projet de musée. Ceci n’a rien de définitif. Le moment venu et pour peu que les rapports de force politique le favorisent, on le verra réapparaître car la réécriture de l’Histoire est inhérente à l’immigrationnisme et indispensable au communautarisme.
Que le ciel nous préserve de ces utopies totalitaires ! Elles ont toutes chances de nous mener directement à la guerre civile plutôt qu’aux lendemains radieux et chantants qu’annoncerait cette bigarurre culturelle.
Denis Tillinac a malheureusement raison de voir dans ce rapport l’amorce d’un suicide collectif à base de nihilisme.
JEAN MONNERET

10 janvier 2014
*Eric Zemmour a fait remarquer, en plaisantant, qu’on y avait aussi décidé d’exécuter Louis XVI. Il suggère qu’on pourrait donc y créer un musée de la monarchie.

Face à l’anticolonialisme d’état

L’anticolonialisme est désormais la doctrine officielle de la République. Lors de sa visite en Algérie, au début de son quinquennat, Nicolas Sarkozy y avait déjà affirmé à l’Université de Mentouri, que le système colonial était basé sur l’injustice.
L’exposition qui a eu lieu récemment, au musée de l’Armée, aux Invalides à Paris, sur la conquête et sur la guerre d’Algérie est allée plus loin. Conçue sous Sarkozy et faisant appel à un célèbre trio d’historiens anticolonialistes, elle avalisait la version FLN du conflit.
Mettant gravement en accusation l’Armée française, elle minimisait les crimes de la rébellion comme les souffrances des Pieds-Noirs et des Harkis. Nous sommes donc en présence désormais d’un anticolonialisme d’état. On peut compter sur les socialistes au pouvoir pour le porter à de nouveaux sommets. L’anniversaire du 5 juillet 1962 a été présenté dans les médias audiovisuels (sauf un) sous l’angle de l’accession de l’Algérie à l’Indépendance. Les massacres d’Oran ont été totalement occultés sauf dans l’émission de Robert Ménard (lequel a vu depuis son émission supprimée sur I Télé ).
Que signifie tout cela ?

La France tourne le dos à son passé, alors même que l’Empire colonial, la colonisation et la départementalisation de l’Algérie furent pour l’essentiel une oeuvre républicaine. Elle fut longuement exaltée comme telle par les plus hauts dirigeants de la IIIème République en particulier. Or, depuis deux décennies, la Vème du même nom a décidé de stigmatiser cette période de notre histoire. Ainsi, concernant la guerre d’Algérie qui eut lieu de1954 à 1962, les médias ont pu, avec l’appui des gouvernants de droite comme de gauche, cautionner une version de ce conflit fort analogue à celle du FLN, à peine distincte de ce qui se diffuse an Algérie depuis un demi-siècle. Il n’y a pas eu de repentance de la France comme le réclamaient les hiérarques d’Alger. Il y a eu acceptation par la France officielle de leur version falsifiée de l’histoire coloniale et du conflit algérien.
Il y a quelques années M. de Villepin avait répondu aux demandes de repentir venues d’Alger qu’il convenait de laisser les historiens débattre de ces problèmes. Depuis c’est tout l’inverse qui s’est produit. Nous avons vu s’installer un système de propagande soviétoïde qui a martelé à satiété la version anticoloniale officielle. Ce système n’a pas hésité à censurer des universitaires de renom et même à retirer à d’autres des responsabilités déjà attribuées. Il a favorisé jusqu’à la caricature la pensée unique, voire l’omniprésence d’un historien unique et la ghéttoïsation complète des opinions dissidentes.
Ce système totalitaire domine largement les médias. Il est la honte d’un pays qui, urbi et orbi, s’affirme démocratique. En plaçant la France en position d’accusée permanente, il crée dans les banlieues « sensibles » une atmosphère négative hostile au pays d’accueil.
En choisissant de faire de certaines victimes du conflit algérien de « bonnes » victimes, tandis que celles causées par le FLN sont oubliées, ce système bafoue la morale et l’Histoire. Des centaines de milliers de victimes de la rébellion il fait une sous-catégorie de la population française. Ceux qui dirigent la France seraient bien inspirés d’y réfléchir.
L’objectif idéologique
Il s’agit de discréditer les nations européennes. Pour cela, on les charge de responsabilités historiques toujours plus pesantes : l’esclavage depuis longtemps tenu pour crime contre l’humanité, et la colonisation que certains s’efforcent de mettre sur le même plan. Cet objectif fut révélé par M. Stora dans un entretien du 14 novembre 2006 publié par le Figaro : « Il faut reconstruire nos mémoires nationales, comme nous l’avons fait, en d’autres registres avec l’esclavage et la période vichyste. »
Tout est dit. Reconstruire nos mémoires nationales, si l’on traduit ce charabia, signifie réécrire l’Histoire. Stora est spécialiste de la période coloniale et de l’Algérie. Il veut mettre le signe égale entre la colonisation, l’esclavage et Vichy.(Que nous laisserons de côté dans le cadre de cet article).
Ce vers quoi nous nous dirigeons est de plus en plus clair : une vaste culpabilisation des nations européennes, France en tête. En effet, notre pays fut par excellence un pays colonisateur. L’objectif ultime est non moins clair : il s’agit ainsi de discréditer puis d’abolir ces nations européennes. Elles devront à l’avenir s’effacer au profit du conglomérat multiculturel concocté à Bruxelles. Ce magma informe, sans âme et sans épine dorsale sera un protectorat américain où l’Islam politique (on nous l’annonce de toute part), jouera un rôle croissant.
Bon vingt et unième siècle !
JEAN MONNERET

2 septembre 2012

Un livre choc sur l’immigration en Europe

Un éditeur new-yorkais vient de publier un livre consacré à l’Europe et à l’immigration*. L’auteur, Christopher Caldwell, écrit dans le Weekly Standard, le Financial Times et le New-York Times Magazine. Il n’a pas craint d’ouvrir un dossier que trop d’Européens veulent tenir clos, par pure pleutrerie.
Caldwell détruit de nombreux clichés et stéréotypes avec une décontraction notable, combinée à une grande finesse d’analyse. On en jugera par cet extrait :

« L’immigration fait partie d’un ensemble de tendances sociales : libertés économiques, prospérité accrue, travail féminin en hausse, diversité des revenus, chute de la natalité qui caractérisent tous les pays occidentaux depuis deux générations. Il n’y a pas d’exception à ce phénomène, et donc la distinction faite par Nicolas Sarkozy entre immigration « choisie » et immigration « subie » paraît inexacte. Si l’immigration résultait d’un « choix », certains pays l’auraient refusée. Or, dans les cinquante dernières années, nul pays occidental libre ne l’a fait. » (p. 269) »Parmi toutes ses conséquences, l’immigration lance un grave défi car elle ne consiste pas seulement à importer des facteurs de production, mais aussi des facteurs de transformation sociale. »�?� »Les Européens craignent désormais que leurs pays respectifs n’échappent à leur contrôle politique. » (p. 270)
« Peut-on conserver la même Europe avec des gens différents ? » interroge Caldwell, qui répond :« Non. »Deux traits nouveaux distinguent l’immigration actuelle: elle est massive et largement musulmane. La question se dédouble : l’Europe peut-elle encore assimiler ses immigrés ? Pourquoi l’Islam pose-t-il des problèmes spécifiques ?
A la première question, les politiciens européens ont constamment répondu par l’affirmative.
A ceux qui contestaient leur optimisme, ils reprochèrent leur frilosité. Ceux qui insistèrent, ils les vouèrent aux gémonies. On se souvient du Fig-Mag paru, il y a 25 ans avec le buste de Marianne voilée et, à l’intérieur un article prémonitoire de Jean Raspail. L’écrivain essuya alors les malédictions d’une ministre socialiste, largement reprises par les media de l’époque. Ce tintamarre contre un journal isolé était peu ordinaire. Or le souci qu’exprimait ce magazine est celui aujourd’hui de millions d’Européens.
Depuis, on a affirmé sur tous les tons que « l’immigration est une chance » pour l’Europe. On a souligné que toutes les cultures sont « égales », que « la tolérance » et « le droit à la différence » sont des règles absolues. Simultanément, s’empilaient de discutables lois stigmatisant les discriminations.
Pourtant, les craintes n’ont jamais été aussi vives quant au bien-fondé des politiques suivies en matière d’immigration. Trois dirigeants européens de premier plan ne viennent-ils pas de déclarer en Allemagne, en Angleterre, en France que le multiculturalisme est un échec ? S’interroger est donc légitime.
Caldwell le fait tranquillement, sans s’embarrasser des oukases de la bien-pensance. Quand les tenants de l’immigration soulignent qu’elle a revitalisé nombre d’industries européennes, il objecte qu’elle a prolongé des secteurs condamnés et freiné de nécessaires gains de productivité. La gauche européenne, elle, a vu dans l’immigration un moyen de sauver l’état-providence en rajeunissant la population.
Une donnée capitale avait été négligée ; ce n’était pas seulement une main-d’oeuvre qui venait en Europe, mais aussi des hommes souvent porteurs d’une très vivace conception du monde : l’Islam.
Comme l’écrit sans ambages Caldwell (p.139) : « L’Europe n’avait pas affaire à un problème d’immigration ordinaire, mais à une contre-culture. »** On fut alors prié de croire que l’Islam, dont l’histoire avec l’Europe fut souvent conflictuelle, était une idéologie de paix et de tolérance. Des associations rappelèrent les sceptiques à l’ordre. L’accusation de racisme se fit menaçante. L’auteur américain y voit de la censure. (p.252)
Son analyse souligne de plus une des difficultés de la citoyenneté européenne : « Culturellement vous êtes une personne et légalement une autre. Vous pouvez être officiellement européen même si vous n’êtes pas véritablement ( culturellement ) européen .Cette division entre personnalité individuelle et légale peut sembler libérale, tolérante. Elle a son revers. Les droits sont attachés à la citoyenneté. Si cette dernière devient un artifice légal, vos droits aussi. Ils ne sont plus inaliénables. » (p.252)
Caldwell rappelle aussi les inquiétudes nées en Hollande après l’affaire Pim Fortuyn. Ce dernier, professeur de sociologie, ex-marxiste et homosexuel, partisan lui-même du multiculturalisme, formula des mises en garde : « L’Europe jette le bébé culturel avec l’eau du bain nationaliste », et aussi :« Il ne peut pas y avoir d’Union Européenne sans identité européenne. » (p.252)
Bouleversé par les attentats du 11 septembre 2001, Fortuyn voyait dans la tolérance de la Hollande, son relativisme, de mortelles faiblesses. Rejetant ses vues antérieures, il contesta que le multiculturalisme renforçât les sociétés qui le pratiquaient.(p.253) « Il n’y a aucun doute que le fondamentalisme musulman va croître dans notre partie du monde aussi. » Et il jugeait inévitable : « d’adopter une politique de quotas pour l’accueil des réfugiés »,car disait-il,« admettre quelqu’un de votre propre sphère culturelle et quelqu’un de très éloigné, diffère complètement. » On sait que Fortuyn fut tué par un écologiste radical l’accusant de faire des Musulmans des boucs-émissaires. Ceci marqua l’opinion aux Pays-Bas, tout en laissant intactes les questions soulevées.
Peut-on risquer un bilan de la politique suivie en matière d’immigration ?
« Si l’Europe, dit Caldwell, reçoit plus d’immigrés que ses électeurs ne le désirent, cela montre que sa démocratie fonctionne mal. Or les dirigeants européens font un choix différent: l’immigration et l’asile politique représentent une sorte de devoir moral non négociable et non soumis au vote. » Un ministre européen l’a exprimé en des termes qui définissent exactement le mondialisme :« Nous vivons dans un monde sans limites où notre mission n’est pas de défendre la frontière de nos pays mais celle de la citoyenneté et des droits de l’homme. » (p. 271)
Caldwell met à nu le paradoxe de la diversité tenue pour une valeur absolue. Si l’immigration « enrichit » et « renforce » les sociétés d’accueil, pourquoi vouloir que les immigrés s’intègrent ? L’intégration abolit la diversité. On ne peut rendre les pays européens divers et affirmer simultanément qu’ils resteront les mêmes. Comme l’écrit Alain Besançon***, les mythes de la diversité et du métissage viennent transfigurer une inquiétude, que l’on veut dissimuler.
L’auteur américain définit l’Islam comme une hyper identité « déterminant toute la vie du croyant. » (p.129) Portée par une natalité vigoureuse, ne pourrait- elle se substituer aux identités traditionnelles de l’Europe, défaillantes après des décennies d’auto-flagellation et de repentance? (p. 13)
La conclusion de l’ouvrage ne manquera pas d’étonner. L’auteur se demande, non sans ironie, si le « système du millet » de l’ancien empire turc, sur lequel reposait la mosaique de minorités plus ou moins autonomes qui le composaient, ne serait pas une valeur d’avenir pour l’Europe. (p. 280)**** Il est vrai que les grandes villes ottomanes d’alors incluaient Grecs, Arméniens, Juifs, Kurdes, Georgiens, en des proportions à faire pâlir l’actuel cosmopolitisme des mégapoles occidentales. Mais cette ironie ne fera pas sourire car chacun sait comment l’empire ottoman périt de son impotence. Souhaitons à l’Europe un futur différent.
Le livre de Caldwell, son alacrité, sa vigueur permettent aussi de mesurer combien la liberté d’expression, apparemment intacte aux USA, s’est étiolée en France. Raison de plus d’espérer une rapide traduction française.

JEAN MONNERET
25 août 2011
*Christopher Caldwell: Reflections on the revolution in Europe. Immigration, Islam and the West. Anchor Books. New-York 2009. Le titre est un clin d’oeil aux mânes d’Edmund Burke.
**Il semble légitime de traduire ainsi : adversary culture, que l’auteur définit comme fondée sur la méfiance envers l’idéologie dominante et prônant des vues opposées sur tout sujet.
***Revue Commentaires n°128.
****L’auteur signale aussi que le Kémalisme rebâtit la nation turque à partir de son empire �??croupion (rump empire) en bannissant toute reconnaissance de minorités organisées.

Lecture du jour dans le Figaro; article hebdomadaire d’Ivan Rioufol

« Le chercheur Vincent Geisser, spécialiste de l’Islam explique l’actuel interêt que portent les Américains aux banlieues ». Le Monde,6/7 juin.
« ILS MISENT SUR UN CHANGEMENT SOCIO-DEMOGRAPHIQUE EN FRANCE. ILS FONT LE CALCUL QUE LES ELITES FRANCAISES AUJOURD’HUI AGEES ET BLANCHES VONT FORCEMENT EVOLUER ET IDENTIFIENT CEUX QUI, AUJOURDHUI EN PERIPHERIE DU SYSTEME, POURRONT ETRE DEMAIN DES LEADERS. »
Pour ceux qui savent décrypter les messages politiques, il y a beaucoup à apprendre.
1_D’abord qu’il y a de la part des Américains une vieille stratégie consistant à faire du protectorat européen (car nous sommes un protectorat ) un champ d’expérimentation pour un Islam européanisé. Voir la guerre dans les Balkans il y a qqes années.

2_Que depuis Giscard jusques à Sarko, en passant par Mitterand (« les immigrés sont chez eux chez nous« ) c’est la même politique immigrationniste qui s’est poursuivie, en dépit de tous les votes et referendums des populations locales essayant tant bien que mal et plutôt mal que bien, de protester.

3_Que cette politique consistant, entre autres, à faire venir entre 200.000 et 300.000 étrangers supplémentaires en France tous les ans continuera , contre vents et marées, car elle est voulue à Bruxelles et à Washington. Que disparaissent nos peuples et nos cultures, les hiérarques bruxellois et washingtoniens s’en tamponnent le coquillard. Non, ils le souhaitent ardemment car c’est ça le mondialisme. VOIR MON ARTICLE METISSAGE OU IDENTITE DANS LA NOUVELLE REVUE D’HISTOIRE.

4_Que la « démocratie » occidentale n’existe plus, remplacée qu’elle est par un projet mondialiste totalitaire.

5_Que survivre à ce nouveau plan de domination menaçant notre liberté appelle une Résistance. Ne vous découragez pas, pensez à la petite fée Espérance.
JEAN MONNERET
Vendredi 21 juin 2010

SALMIGONDIS IS GOOD FOR YOU

Une série d’articles sur les Etats-Unis écrits par François Hauter dans Le Figaro à la fin du mois de juillet dernier doit retenir notre attention. Le journaliste y montre à partir d’exemples concrets que les Américains seront à l’avenir de plus en plus mêlés. Ils le sont déjà, mais, fait nouveau les communautés tendraient à s’effacer, de même que les frontières et les fractures ethniques. Internet, les grandes migrations, la mondialisation du commerce ne peuvent qu’accroître cette tendance à une mixité accrue

Le journaliste croit déceler en outre une impulsion semblable dans le monde entier, au moins dans sa portion développée. Nos sociétés occidentales ont commencé à s’uniformiser. « D’ici à vingt ans » affirme Hauter « l’on sera encore moins américain, moins allemand ou français qu’aujourd’hui, mais aussi [ET C’EST LA ASSEZ DIFFERENT. NDLA] moins noir, blanc ou jaune ». Et d’ajouter que l’humanité entière est plongée « dans un grand bain unitaire ».
Ce brassage gigantesque, François Hauter le considère comme « inéluctable ». Il ne semble pas d’ailleurs s’en réjouir outre mesure car, constatant que nos identités pourraient fondre et nos sociétés devenir « un peu de tout », il ajoute avec une pointe de mélancolie : « Nos lieux finiront également par se ressembler, comme c’est déjà le cas aux Etats-Unis. Je ne suis pas certain que nous nous rendrons compte de ce que nous perdrons, à devenir plus universels, mais aussi plus communs ».
Ces articles d’un grand journal ne peuvent qu’influencer la partie instruite et renseignée de l’opinion. Ils sont également conçus, mieux que les études de certains « futurologues », pour annoncer l’avenir et préparer les esprits à ce qui paraît inévitable : un monde indistinct.
Je dis « paraît » car ce n’est pas la première fois dans l’Histoire que nous est présenté comme inéluctable ce qui ne l’est, en définitive, que pour les esprits faibles ou naturellement conformistes. Il est bon, en tout cas, de réfléchir à tout cela.
On met souvent le signe égal entre mondialisation et métissage. Nos dirigeants et leurs média suivistes n’hésitent pas à s’en faire les apôtres. Il est entendu pour eux, une bonne fois pour toutes, que ces changements uniformisants, ces mélanges globalisants et internationaux, sont une excellente chose.
Or, il y a là une confusion au moins sémantique qu’il faut mettre en question. Si l’on néglige l’aspect économique, certes important, de la mondialisation, pour se concentrer sur son aspect culturel, quelques observations s’imposent. Les échanges à ce niveau peuvent être en effet féconds. La fusion de la spiritualité juive et de l’héritage philosophique grec a donné, dans l’antiquité, le christianisme. Ceci a bouleversé l’Empire Romain et fait éclore une nouvelle civilisation prodigieuse.
Le métissage est une chose différente. Aujourd’hui les média emploient ce terme au sens de mélange. On parlera par exemple de cuisines métissées ce qui est un déplacement de sens et une manipulation. Le métissage désigne en effet le croisement de deux races distinctes. Un tel processus est aujourd’hui engagé dans le monde occidental sur une grande échelle et avec l’aval des responsables politiques. Il s’agit quasiment d’une politique d’état. Les politiciens ne craignent pas d’empiéter ainsi sur ce qui relève de l’intime, du privé et du libre arbitre. Bornons-nous à constater ici que la puissance des courants migratoires est telle qu’elle modifie à vue d’oeil, les caractéristiques des grandes villes européennes. Il n’est que d’observer Paris, Londres, Berlin, voire Rome ou Milan pour s’en convaincre. Ceux, et ils sont nombreux, qui voient tout cela d’un oeil contrit ou inquiet, se feront, le cas échéant, rappeler à l’ordre car l’accusation de racisme les guette.
Or, si les échanges culturels peuvent passer pour souhaitables, nul ne peut réellement prévoir les conséquences des mélanges raciaux à grande échelle qui s’annoncent. Nous essaierons ici d’en analyser les plus prévisibles et de déterminer s’ils ne rencontreront pas, en toute hypothèse, une limite.
Dans ces mélanges qui se profilent et que l’on dit universels et souhaitables, les cultures les plus fragiles risquent d’être englouties.
Le cosmopolitisme porte en lui un paradoxe : il n’existe que par opposition à des nations constituées, identitaires, vivaces. Il serait contradictoire de se réjouir qu’à Honolulu, les anglo-saxons, les asiatiques, les mélanésiens, les japonais et les chinois se mélangent, si demain, devaient disparaître les foyers culturels dont ils sont issus(1). Il serait contradictoire de se féliciter que l’on puisse rencontrer à New York des artistes français, des architectes italiens, des restaurateurs thaïlandais et des écrivains anglais ou bulgares si la France, l’Italie, la Thaïlande, l’Angleterre ou la Bulgarie devaient cesser d’exister. Ou encore, si devenant de simples expressions géographiques par l’effet d’un changement de population, elles perdaient leur spécificité et leur unicité, pour devenir « un peu de tout » comme le dit F. Hauter. Ne peut-on craindre que ce « un peu de tout » ne devienne un « pas grand-chose » ?
Car, et c’est une autre conséquence prévisible : les ethnies et les cultures les plus faibles, démographiquement parlant, risquent l’effacement. Si la population de l’Afrique va doubler, celle de l’Inde croître encore et celle de la Chine, poursuivre longtemps sur sa vitesse acquise (1 milliard 200 millions d’habitants), d’autres cultures, d’autres nations sont dans la voie d’un affaiblissement démographique peut-être irréversible. Que sera la population allemande dans cinquante ans ? Un conglomérat de séniors ? Que sera la population russe ? Un vestige accroché aux bornes d’un Empire devenu beaucoup trop vaste ?
La contribution d’un peuple à l’histoire de l’humanité et à sa culture n’est pas forcément liée à son gigantisme. La Chine et l’Inde sont certes des superpuissances culturelles, mais l’Angleterre, la France, l’Allemagne ou l’Italie avec des populations plutôt petites ont immensément apporté au monde : une masse de découvertes scientifiques et d’oeuvres artistiques prodigieuses sans rapport avec le nombre de leurs habitants (mais sans doute avec leur vitalité démographique passée et la proportion de jeunes dans leurs rangs).
François Hauter n’hésite pas à écrire que les blancs seront minoritaires aux Etats-Unis en 2042. Ils seront la seule communauté qui n’augmentera pas ou, au mieux, qui n’augmentera que plus lentement que toutes les autres. Ces chiffres devraient faire réfléchir les adeptes de la centrifugeuse culturelle obligatoire, à commencer par les dirigeants du monde occidental.
Mais ces gens-là réfléchissent-ils ?
Oui, ils réfléchissent. Comme on réfléchit dans les Conseils d’Administration.
Le métissage connaîtra deux limites dans l’espace :
La première est qu’il ne concerne que l’Occident. L’Afrique, l’Inde ou la Chine : l’Asie en général, n’ont aucune intention d’être un peu moins « jaunes », un peu moins « noires » ou un peu moins « blanches » et de devenir « un peu de tout ».
Certes l’uniformisation américaine peut les concerner mais l’Asie a d’énormes ressources identitaires, – voir les Jeux Olympiques de Pékin qui furent une manifestation ouvertement nationaliste des Chinois -, et l’énormité même des populations de l’Inde et de l’Empire du Milieu exclut les croisements raciaux à grande échelle.
La seconde barrière au métissage mondialiste est constituée par la zone d’influence islamique. Cette religion couvre des portions très diverses de l’humanité, de l’Afrique jusqu’à l’Extrême-Orient. Les « blancs », arabes ou persans, en sont une importante fraction mais non la totalité. Or, l’Islam a cette particularité d’être racialement divers sans tolérer la diversité culturelle. Les Berbères d’Afrique du Nord, les Coptes en Egypte, en savent quelque chose.
L’Islam est, lui aussi, uniformisateur.
Les mélanges raciaux entre Musulmans et non-Musulmans existent, ils sont possibles et même relativement communs (au moins en Europe).
Ils ne sont pas pour autant conçus pour nourrir la multiplicité culturelle. La religion coranique n’a sûrement pas l’intention de devenir « un peu de tout ». Mieux encore, elle est organisée pour y mettre obstacle. Une règle très simple y pourvoit : l’homme musulman peut épouser une chrétienne ou une juive (pas une polythéiste en principe) ; une femme musulmane peut seulement épouser un musulman. A partir de là il n’y a pas fusion mais seulement absorption. Voilà un solide cliquet bloquant toute évolution. L’Islam englobe les non-Musulmans et ne se laisse pas englober.

Août 2009

LE MINISTERE DE LA NON IDENTITE NATIONALE

La science politique vient de faire un grand bond en avant (ou en arrière) depuis que M.Besson a déclaré: « La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion; c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. »
Je ne m’étonne plus d’apprendre à intervalles réguliers que des jeunes sifflent la Marseillaise et que certains, à Toulouse, y brûlent le drapeau français. Sans doute ignorent-ils la notion de patrie et celle de « conglomérat » les rebute peut être. Qui voudrait être pris pour un « congloméré« ?

En effet,à prendre la déclaration bessonienne au pied de la lettre, on a une bonne définition de ce qu’est la « non identité nationale ». Nous apprenons que nous Français ne sommes pas un peuple. Quid dès lors de la souveraineté populaire? Quid de la Justice, rendue au nom du peuple? A lire le Ministre, il y aurait en effet plusieurs peuples sur le territoire français. Ca promet.
Nous n’avons pas non plus de langue. Ce qui pourrait signifier que le Français que nous parlons et écrivons, que d’aucuns parmi nous défendent, n’est qu’une langue parmi d’autres. Lesquelles au fait?
Lorsque je travaillais, je me souviens pourtant d’un rappel du Ministère qui avait jugé bon de préciser que  » le Français était la langue de la République. » Mais tout cela c’était avant la révolution bessonienne. Désormais,la République n’a plus de langue.
Ni de religion d’ailleurs. Certes il y a les racines chrétiennes du pays mais ça, c’est une lubie d’historiens et l’Histoire, M.Besson peu lui chaut.
Au total donc je suis obligé de conclure que nous ne sommes pas, ou plus, une Nation. En effet, selon le Larousse: « Une nation est une communauté humaine installée sur un même territoire et qui possède une unité historique, linguistique, religieuse, économique plus ou moins forte. »
Si donc, Louis XIV, Napoleon, Clémenceau ont cru que la France était une Nation, ce fut une illusion. Ca c’était avant Besson. A vous et moi qui crûmes longtemps être des Français de souche il faut crier: « Halte là! » Nous n’existons pas. La France est un conglomérat (j’allais écrire un ramassis) de peupleS. Vous avez bien lu peupleS avec un s et pas individus.
Nos ancêtres morts pour la France ne sont pas morts pour la Patrie mais pour le Conglomérat. Définition du « conglomérat » dans le Larousse: « Roche formée de matériaux grossiers, réunis par un ciment calcaire ou siliceux ». Un bond en avant de la science politique vous dis-je!
Quelqu’un a parlé jadis du niveau 0 de la politique. Le bessonisme nous projette vers des abîmes
Pour ma faible part, je resterai fidèle à ce qu’autrefois on m’enseignait à la petite école et qui correspondait à la définition du Larousse. A toutes les bessonades, j’ai envie de répondre par ces vers de V.Hugo:

Ceux qui pieusement, sont morts pour la patrie
Ont droit qu’à leur cercueil, la foule vienne et prie.
Entre les plus beaux noms, leur nom est le plus beau.
Toute gloire prés d’eux passe et tombe éphémère;
Et, comme ferait une mère,
La voix d’un peuple entier les berce en leur tombeau!

Et à ceux qui crachent sur notre Patrie malade, à ceux qui nous insultent et brûlent notre drapeau, je dirai, comme Victor Hugo encore:

………….Ah! Je voudrais
Je voudrais n’être pas Français,pou pouvoir dire
Que je te choisis,France,et que,dans ton martyre,
Je te proclame,toi que ronge le vautour,
Ma patrie et ma gloire et mon unique amour!

27 janvier 2010.