DES HISTORIENS RAPPELLENT LA DRAMATIQUE REALITE DU 19 MARS 1962

Avant la célébration du 19 mars par le Président de la République, il avait paru nécessaire à Joseph Perez, Jean Monneret et Maurice Faivre de publier un texte court, qui rétablissait la réalité des faits. Texte qui a reçu le soutien de 23 historiens.

Au moment où, contrairement à tous ses prédécesseurs et singulièrement François Mitterand, le président Hollande a prévu de célébrer le 19 mars, s’impose un rappel des faits historiques.

Le 18 mars 1962, les négociateurs d’Evian signaient un accord de cessez-le-feu entre l’armée française et le FLN qui dirigeait la rébellion indépendantiste. Le texte était accompagné de « déclarations gouvernementales » censées garantir la sécurité des Européens présents en Algérie, comme de ceux, de toutes origines, qui s’étaient opposés au FLN. Les harkis, supplétifs de l’armée française n’étaient pas mentionnés. La promesse, toute verbale, du FLN qu’il n’y aurait pas de représailles contre eux, fut jugée suffisante par le négociateur français Louis Joxe…..
Le texte d’Evian fut publié le 19 mars 1962. Depuis, certaines organisations considèrent cette date comme celle de la fin de la Guerre d’Algérie. Or, loin que le conflit s’apaisât à partir du 19 mars, il ouvrit une période de massacres et de violences sans précédent dont la fusillade du 26 mars ,rue d’Isly ne fut pas le moindre. Il en alla ainsi non seulement jusqu’au 3 juillet, où Paris reconnut l’indépendance de l’Algérie, mais , jusqu’à l’automne de 1962 et au-delà.
La période suivant l’indépendance fut marquée d’un surcroît d’enlèvements et de massacres. Les victimes musulmanes du FLN furent plus nombreuses durant ces six mois qu’elles ne l’avaient été durant les huit années précédentes. Le nombre des Pieds-Noirs enlevés quintupla, contraignant l’immense majorité d’entre eux à un exil définitif. Ajoutons que durant ce semestre abominable, nombre de militaires français furent tués ou enlevés ; ainsi, 386 perdirent la vie et plusieurs centaines d’autres sont-ils portés disparus à ce jour .
Dès le 17 avril 1962 , l’encre d’Evian étant à peine sèche, le FLN inaugura le terrorisme silencieux, les enlèvements massifs d’Européens à Alger, à Oran, dans la campagne oranaise et en Mitidja. Ces rapts prenaient pour prétexte : la lutte contre l’Organisation Armée Secrète (OAS). Ils frappaient en réalité tous les Européens. Jugeons-en: en mai 1962 ,272 Européens furent enlevés en Alger contre 44 en avril. A la fin du mois de juin, on évaluait à plus de 1000 les victimes européennes de rapts dans la seule région algéroise.
Deux jours après, le 5 juillet à Oran, jour de célébration de l’indépendance, une manifestation venue des quartiers musulmans submergea le centre-ville européen. 700 Pieds-Noirs et une bonne centaine de Musulmans pro-français furent massacrés. Ceci accentua l’exode et le rendit irréversible.
Mais il faut rappeler que les victimes les plus nombreuses se situèrent parmi la population des français-musulmans. Dès après le 19 mars, des harkis furent attaqués et exécutés notamment à Saint-Denis-du-Sig, en petite et grande Kabylie, à Saïda où des membres du commando Georges furent enlevés et tués alors que plusieurs d’entre eux étaient officiers français.
Après le 3 juillet, les représailles contre les Musulmans ayant combattu le FLN s’intensifièrent. Des dizaines de milliers furent assassinés, emprisonnés ou persécutés de diverses manières, malgré l’action exemplaire et courageuse de quelques officiers français ayant tenté d’exfiltrer cette population en danger de mort… Ces faits largement établis historiquement n’en sont pas moins dissimulés voire niés aujourd’hui. Ceux qui ont vécu les événements de ce vilain temps en sont marqués à jamais.
Aussi, cette date du 19 mars ne peut-elle être considérée ni comme la date d’un cessez-le-feu, ni comme la fin de la guerre d’Algérie. On ne peut pas plus la retenir comme le début d’une ère heureuse pour la population de ce pays, car après les 132 ans d’administration française, intervint une période d’anarchie qui engendra le régime du parti unique, la dictature militaire et la guerre civile des années 1990.
Pour beaucoup de Français, cette date est celle de la douleur et du recueillement. Pour les signataires du présent texte, il convient de la respecter comme telle.

Colloque du 14 mars 2013 : L’Accord du 19 mars 1962 et ses conséquences

Le 19 mars est donc devenu une journée officielle de commémoration par la « grâce » du Parlement qu’ont élu les Français.
Pour nous, Pieds-noirs, harkis, responsables des associations, historiens attachés à défendre la vérité, c’est une défaite grave , il ne faut pas se le cacher. Dans ces conditions, il ne serait pas inutile de faire un peu d’autocritique. Avons-nous su communiquer ? Avons-nous bien défendu la vérité historique ?

1) Prenons la question des enlèvements d’Européens perpétrés après le 17 avril 1962.

Nous savons aujourd’hui par les recherches de J. J. Jordi et de quelques autres que sur 3000 personnes enlevées, les disparus s’élèvent à 1583, dont 1253 après le 19 mars auxquels il faut rajouter 170 personnes dont on a retrouvé les cadavres.
Est-il clair pour nous que les autres ont été libérés ou retrouvés, (certes en piteux état) ?
Trop souvent, certains s’expriment comme s’il y avait eu 3.000 disparus assassinés. Nous devons être rigoureux.
Pendant des années, le chiffre de 25.000 Européens disparus a circulé.

Nous avons tardé à abandonner ce chiffre déraisonnable dû à un scribouillard du Ministère des Rapatriés, qui l’avait confondu avec le chiffre des soldats français morts au combat.
Nous avons suffisamment protesté contre les chiffres absurdes du FLN :

  • 1 million de Musulmans tués par l’armée française
  • 45000 Musulmans tués par l’Armée et les milices locales le 8 mai 1945 à Sétif et Guelma. Les historiens ont à juste titre démoli ces chiffres, qualifiés de chiffres idéologiques.Nous ne devons pas opposer à une propagande soviétoïde, une contre propagande du même type. Pas de chiffres idéologiques chez nous. Diffusons plutôt le DVD de C. Feinstein sur Les Disparus. Travail remarquable. Nous avons un devoir de rigueur.

    2) Les événements du 5 juillet à Oran.

    Nous connaissons mieux les événements d’Oran. La non-intervention de l’Armée est désormais prouvée documents à l’appui .Et c’est une sacrée différence.
    Les travaux de Jordi sont éclairants :700 morts européens à Oran le 5/7 auxquels il faudrait rajouter 100 morts musulmans.
    Or, c’est très exactement ce que l’on disait ,il y a 50 ans, ce fut le chiffre employé par le Docteur Couniot dans son premier article historique sur le sujet.C’est celui que rapporta le regretté Mgr Boz également.
    Or, au cours des décennies, certains ont cru bon de multiplier le chiffre par 7. Quelle erreur !
    N’IMITONS PAS LE FLN.
    De plus l’Histoire du 5 juillet commence à être sérieusement polluée par des thèses complotistes.
    Certes, les complots existent, mais, en matière historique, un complot n’existe que lorsqu’il est prouvé.
    Ce ne sont pas des preuves qu’il faut! Il faut des preuves EN BETON !!!!!
    Certains voudraient que le 5 juillet soit le résultat d’un complot benbelliste. Pourquoi pas ? On ne prête qu’aux riches.
    Mais où sont les preuves ? IL N’Y EN A AUCUNE DANS CE QUE JE LIS A CE SUJET :Il y a un communiqué de l’ALN des frontières tout à fait surinterprété.
    Il y a le fait que les manifestants musulmans sont entrés armés dans le centre d’Oran. C’est vrai. Mais cela ne prouve pas qu’il en était ainsi à cause des manouvres de Ben Bella et du groupe de Tlemçen. Cela reste à prouver.
    NOUS AVONS UN DEVOIR DE RIGUEUR ET POUR LES CHIFFRES ET POUR LES ANALYSES.

    3)Le 26 mars 1962.

    Sur ce sujet, il n y a pas de décrochage par rapport à l’Histoire. Pas de chiffres extravagants non plus. Ceci est dû à la pondération et à la maturité des deux dirigeants qui s’occupent de la commémoration. La nécessité de la rigueur ne leur a pas échappé.
    Je regrette seulement que ne soient pas davantage diffusés les importants éléments de l’enquête que mena, en son temps feue Francine Dessaigne. Ses contacts avec les officiers généraux qui avaient vécu les événements dans l’entourage d’Ailleret sont très importants sur le plan historique. Les archives qu’elle a consultées, son propre Fonds Dessaigne déposé à Vincennes et ouvert à tous, sont un trésor pour les historiens. Il faut le faire savoir.
    Trop des nôtres s’imaginent que la thèse gaulliste sur le 26 mars est absurde et qu’il ne faut pas perdre de temps à la réfuter. ERREUR !

    Le pouvoir attend qu’il n’y ait plus de témoins pour produire ses propres documents biaisés, notamment le rapport Garat de la gendarmerie.
    Ce dernier repose en particulier sur la photo d’une volkswagen criblée de projectiles. Selon les gendarmes, ces impacts prouveraient qu’il y a eu un tir de F.M. venant de la rue Lelluch. Or, nous avons fait faire une contre-expertise balistique par un expert près les tribunaux. Elle ne valide absolument pas la thèse Garat. IL FAUDRAIT EN PARLER LARGEMENT.
    Ne faisons pas de la contre-propagande, faisons de l’HISTOIRE !!!!

Le livre blanc de l’armée française en Algérie – ouvrage collectif – Editions Contretemps 2002

Quarante ans après la fin de la guerre d’Algérie, l’armée française est aujourd’hui mise en accusation. Lancée par le parti communiste, soutenue par les anciens porteurs de valises, les professionnels de la repentance et leurs relais, une campagne de presse d’une violence inouïe vise à mettre au pilori ceux qui ont dû, dans des circonstances dramatiques, assumer la responsabilité du rétablissement de l’ordre face au terrorisme. A cette nouvelle offensive contre l’honneur de l’armée française, il n’est qu’une réponse, celle de la Vérité. C’est elle qu’ont cherché à retracer, dans sa complexité, les historiens, les journalistes et les témoins de l’époque qui se sont associés, à l’initiative d’un groupe d’officiers de réserve, pour réaliser ce  » Livre Blanc de l’armée française en Algérie « . Il ne masque rien des cruautés de l’époque, et des nécessités d’une guerre contre un ennemi sans visage. Il s’est efforcé de s’en tenir aux faits, en les éclairant par les circonstances, dans le contexte politique et militaire créé par la guerre révolutionnaire conduite par le FLN.

En le lisant, on en revivra les principales étapes, on se remémorera quelques vérités occultées (sur les crimes de l’ennemi, les épurations à l’intérieur du FLN, ou l’affreux massacre des harkis après l’indépendance de l’Algérie), on mesurera l’ampleur des cas de conscience qu’eurent à affronter soldats et officiers. On comprendra surtout que l’armée française n’a en lien à rougir de la façon dont elle mena une guerre qu’elle n’avait ni voulue ni choisie et où elle donna, dans le sang et les larmes, le meilleur d’elle-même. Ce livre voudrait donner à tous ceux qui ont été blessés par l’injustice des calomnies répandues sur elle un instrument de combat. Il s’adresse aussi aux nouvelles générations. Pour qu’il ne soit pas dit que la désinformation a eu le dernier mot.

Pieds-Noirs, mes frères !

Il faut nous résigner : la France ne nous aime pas. Nous dérangeons.
En 1962, le Maire d’une grande ville du Sud nous invitait à aller nous faire pendre ailleurs. Pendant plus de 4 décennies, nos morts, nos disparus furent tranquillement « oubliés » par tout ce que le pays compte d’officiel.
Par contre, depuis 15 ans, la France médiatique n’en finit plus de déplorer les victimes de �?�.. l’Armée française. Les victimes du 8 mai 1945, les victimes de la Bataille d’Alger, les victimes du 17 octobre 1961, ont été abondamment pleurées, honorées, plaintes. Le Maire de Paris a fait apposer une plaque pour ces dernières. Les porteurs de valises ont eu droit à des téléfilms élogieux, Les Frères des frères. etc�?�..
Regardons les choses en face ! La France d’aujourd’hui est un pays qui choisit ses victimes. Il y a les bonnes, celles qui alimentent la repentance, le déni national. Il y a les mauvaises, les nôtres, celles qui rappellent que le FLN n’était pas composé de purs esprits, et de chevaliers blancs. Alors là !
Si une municipalité, comme celle de Perpignan décide de rappeler que nous avons perdu des milliers des nôtres, enlevés, torturés, jamais retrouvés, portés disparus, jusqu’à ce jour ! Alors, rien ne va plus !

MRAP, LDH, Libération etc nous tombent sur le râble. Comment pouvez-vous célébrer certaines victimes et pas les autres ? Quel sectarisme ! En vain, tenterez-vous d’arguer que des autres victimes, on a beaucoup parlé, que la télévision les déplore sans cesse et quasi-exclusivement. En vain ferez-vous remarquer que Pieds-Noirs et Harkis enlevés et massacrés, on n’en a guère parlé dans les médias.
On pourrait imaginer le petit dialogue suivant entre un PN et un FA (Français anticolonial) :
PN : C’est que, voyez-vous, les nôtres on en a pas parlé.
FA : Pas parlé ? Mais vous n’y êtes pas. Il ne faut pas en parler. Ce serait engager un conflit mémoriel.
PN : Pourquoi alors parle-t-on des autres ?
FA : Ce n’est pas pareil. Déplorer les victimes de la répression militaire française, est nécessaire pour que la France regarde son Histoire en face.
PN : Mais n’est-ce pas une façon hémiplégique de voir les choses ? N’est-ce pas une France borgne qui regarde l’Histoire ?
FA : Pas du tout ! Rappeler les victimes du terrorisme, les victimes du FLN, c’est vouloir revenir en arrière. C’est être partisan. C’est rouvrir les plaies.
PN : �?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?��?� !!

Eh oui ! Chers compatriotes, chers frères, nos victimes ne sont pas les bonnes. Elles empêchent les bien-pensants de digérer.
Un certain SPECIALISTE de l’Algérie, réunit en un volume de 700 pages une multitude d’articles sur la Guerre d’Algérie. Il nous invite à passer « de la Mémoire à l’Histoire » et à « rompre avec l’amnésie ». Eh bien ! Si vous avez du temps à perdre, comptez le nombre de lignes qu’il consacre aux centaines de pieds-noirs enlevés à Oran, le 5 juillet 1962. Le compte sera vite fait. Amnésie, quand tu nous tiens !
Lorsqu’un monument est inauguré à Perpignan pour nos disparus, des contre-manifestants regrettent que l’on honore ainsi �?��?��?�. le colonialisme !
On pourrait penser qu’être pied-noir est un crime en soi. C’est être un agent du colonialisme par essence, partout, tout le temps, même quarante ans après. Quelqu’un a même osé écrire dans un journal du Midi qu’il y avait des victimes « moins respectables » que d’autres. Les nôtres bien sûr.
Pauvre journal qui accueille de pareils propos !
Pauvre pays où l’on tolère cet irrespect pour des morts, quand toutes les civilisations ont eu à coeur de les honorer.
Et je pense à ces familles de disparus, à leurs êtres chers, enlevés, molestés, torturés. Des familles qui ont reçu un peu de baume au coeur les 24 et 25 novembre derniers, mais que n’a pas épargnées la bave, de ces ouvriers d’iniquité dont parle l’Ecriture.