Vérités et propagandes sur l’Affaire Audin (1957-2012)

La Bataille d’Alger.
En quoi consiste l’affaire Audin ? Il s’agit d’une disparition. Celle d’un jeune mathématicien, assistant à la Faculté d’Alger. Membre du Parti Communiste Algérien (P.C.A.) et favorable à l’Indépendance, il était soupçonné d’avoir hébergé des militants clandestins de son parti, lequel était dissous depuis le 13 septembre 1955. Ceci se produisit en pleine Guerre d’Algérie, durant un épisode appelé la Bataille d’Alger.
Maurice Audin fut arrêté dans la nuit du 11 au 12 juin 1957 par les paras de la 10ème D.P. Le bruit courut assez vite qu’il avait été torturé. Il fut assigné à résidence et, le 1er juillet, on apprit qu’il s’était évadé et n’avait pas reparu. Au début du même mois, son épouse Josette et ses avocats (communistes) très sceptiques quant à l’évasion, portèrent plainte contre X pour homicide volontaire. Le bruit se répandit cette fois qu’il était mort sous la torture. L’affaire Audin commençait.
Que s’était-il passé ? Ou plutôt peut-on savoir ce qui s’est passé ? Essayons de répondre.

Téléchargez les articles complets ci-dessous :

1) L’affaire Audin, la bataille d’Alger :
[attachment=29:Vérités-et-propagandes-affaire-Audin-nov-2014.pdf]

2) Au sujet du livre de Jean-Charles Deniau :
[attachment=30:Vérités-et-propagandes-affaire-Audin-Jean-Charles-Deniau.pdf]

Chronologie succinte de l’Affaire Audin :

  • 20 juin 1956 : Le FLN déclenche une vague d’attentats aveugles contre les Européens dans Alger.
  • 7 janvier 1957 : Les pouvoirs de police du préfet Baret sont transmis au général Massu. La campagne contre la torture s’intensifie en métropole.
  • 2 juin 1957 : Attentats de l’Agha et du Carrefour de la Grande Poste. Des bombes placées dans les socles en fonte des lampadaires les transforment en obus qui fauchent des dizaines de travailleurs européens et musulmans
  • 9 juin 1957 : Attentat au Casino de la Corniche : de nombreux jeunes israélites, habitués des lieux sont touchés.
  • 11/12 juin : Maurice Audin est arrêté par des paras du 3ème RPC.
  • 15 juin : Henri Alleg important dirigeant communiste est arrêté au domicile d’Audin où une souricière a été tendue.
  • 22 juin : Mme Audin apprend que son mari est assigné à résidence. Le bruit court qu’il a été torturé.
  • 1 juillet : Elle est informée que son mari s’est évadé.
  • 4 juillet : Assistée par ses avocats communistes, elle porte plainte contre X pour homicide.
  • Début décembre 1957/ Création à Paris du comité Maurice Audin.
  • 13 mai 1958 : Parution du livre de son Secrétaire, Pierre Vidal-Naquet, l’Affaire Audin./
  • 23 juin 1960 : Le procès concernant Audin a lieu à Rennes.
  • 10 août 1960 : La Cour de cassation rejette le pourvoi de Mme Audin.
  • 24 août 1961 : Le Comité Audin proteste contre la torture qui vise des militants OAS. Un des avocats communistes de Mme Audin démissione.
  • Juillet 1961 : Les avocats du comité déposent un long mémoire.
  • 20 avril 1962 : Ordonnance de non lieu.
  • 17 juin 1966 : Une nouvelle loi d’Amnistie est votée.
  • 22 novembre 1966 : S’appuyant sur cette loi, la Cour de Cassation déclare éteinte l’action de la justice.

Chronologie succinte de l’Affaire Audin

  • 20 juin 1956 / Le FLN déclenche une vague d’attentats aveugles contre les Européens dans Alger.
  • 7 janvier 1957/ Les pouvoirs de police du préfet Baret sont transmis au général Massu. La campagne contre la torture s’intensifie en métropole.
  • 2 juin 1957/ Attentats de l’Agha et du Carrefour de la Grande Poste. Des bombes placées dans les socles en fonte des lampadaires les transforment en obus qui fauchent des dizaines de travailleurs européens et musulman
  • 9 juin 1957/ Attentat au Casino de la Corniche : de nombreux jeunes israélites, habitués des lieux sont touchés.
  • 11/12 juin/ Maurice Audin est arrêté par des paras du 3ème RPC.
  • 15 juin/ Henri Alleg important dirigeant communiste est arrêté au domicile d’Audin où une souricière a été tendue.
  • 22juin/ Mme Audin apprend que son mari est assigné à résidence. Le bruit court qu’il a été torturé.
  • 1 juillet/ Elle est informée que son mari s’est évadé.
  • 4 juillet/ Assistée par ses avocats communistes, elle porte plainte contre X pour homicide.
  • Début décembre 1957/ Création à Paris du comité Maurice Audin.
  • 13 mai 1958/ Parution du livre de son Secrétaire, Pierre Vidal-Naquet, l’Affaire Audin./
  • 23 juin 1960/ Le procès concernant Audin a lieu à Rennes.
  • 10 août 1960/La Cour de cassation rejette le pourvoi de Mme Audin.
  • 24 août 1961/Le Comité Audin proteste contre la torture qui vise des militants OAS. Un des avocats communistes de Mme Audin démissione.
  • Juillet 1961/ Les avocats du comité déposent un long mémoire.
  • 20 avril 1962/Ordonnance de non lieu.
  • 17 juin 1966/ Une nouvelle loi d’Amnistie est votée.
  • 22 novembre 1966/ S’appuyant sur cette loi, la Cour de Cassation déclare éteinte l’action de la justice.

COLLOQUE DU 14 MARS 2013 : L’ACCORD DU 19 MARS 1962 ET SES CONSEQUENCES

Le 19 mars est donc devenu une journée officielle de commémoration par la « grâce » du Parlement qu’ont élu les Français.
Pour nous, Pieds-noirs, harkis, responsables des associations, historiens attachés à défendre la vérité, c’est une défaite grave , il ne faut pas se le cacher. Dans ces conditions, il ne serait pas inutile de faire un peu d’autocritique. Avons-nous su communiquer ? Avons-nous bien défendu la vérité historique ?
1) Prenons la question des enlèvements d’Européens perpétrés après le 17 avril 1962.
Nous savons aujourd’hui par les recherches de J. J. Jordi et de quelques autres que sur 3000 personnes enlevées, les disparus s’élèvent à 1583, dont 1253 après le 19 mars auquel il faut rajouter 170 personnes dont on a retrouvé les cadavres. Est-il clair pour nous que les autres ont été libérés ou retrouvés, (certes en piteux état) ?
Trop souvent, certains s’expriment comme s’il y avait eu 3.000 disparus assassinés.

Nous avons un devoir de rigueur.
Pendant des années, le chiffre de 25.000 Européens disparus a circulé.
Nous avons tardé à abandonner ce chiffre absurde dû à un scribouillard du Ministère des Rapatriés, qui l’avait confondu avec le chiffre des soldats français morts au combat
Nous avons suffisamment protesté contre les chiffres absurdes du FLN :
– 1 million de Musulmans tués par l’armée française
– 45.000 Musulmans tués par l’Armée et les milices locales le 8 mai 1945 à Sétif et Guelma.
Les historiens ont à juste titre démoli ces chiffres, qualifiés de chiffres idéologiques.
Nous ne devons pas opposer à une propagande soviétoïde, une contre propagande du même type.
Pas de chiffres idéologiques chez nous. Diffusons le DVD de C.Feinstein sur Les Disparus. Travail remarquable.
Nous avons un devoir de rigueur.
2) Les événements du 5 juillet à Oran.
Nous connaissons mieux les événements d’Oran. La non-intervention de l’Armée est désormais prouvée documents à l’appui. Et c’est une sacrée difference.
Les travaux de Jordi sont éclairants :700 morts à Oran le 5/7 auxquels il faudrait rajouter 100 morts musulmans.
Or, c’est très exactement ce que l’on disait, il y a 50 ans, ce fut le chiffre employé par le Docteur Couniot dans son premier article historique sur le sujet. C’est celui que rapporta le regretté Mgr Boz également.

Or, au cours des décennies, certains ont cru bon de multiplier le chiffre par 7. Quelle erreur !
N’IMITONS PAS LE FLN.
De plus l’Histoire du 5 juillet commence à être sérieusement polluée par des thèses complotistes.
Certes, les complots existent, mais, en matière historique, un complot n’existe que lorsqu’il est prouvé.
Ce ne sont pas des preuves qu’il faut�?��?��?� Il faut des preuves EN BETON !!!!!
Certains voudraient que le 5 juillet soit le résultat d’un complot benbelliste. Pourquoi pas ? On ne prête qu’aux riches�?�.
Mais où sont les preuves ? IL N’Y EN A AUCUNE DANS CE QUE JE LIS A CE SUJET :
Il y a un communiqué de l’ALN des frontières, tout à fait surinterprété.
Il y a le fait que les manifestants musulmans sont entrés armés dans le centre d’Oran. C’est vrai mais cela ne prouve pas qu’il en était ainsi de par des manoeuvres de Ben Bella et du groupe de Tlemçen. Cela reste à prouver.
NOUS AVONS UN DEVOIR DE RIGUEUR ET POUR LES CHIFFRES ET POUR LES ANALYSES.
3) Le 26 mars 1962.
Sur ce sujet, il n y a pas de décrochage par rapport à l’Histoire. Pas de chiffres extravagants non plus. Ceci est dû à la pondération et à la maturité des deux dirigeants qui s’occupent de la commémoration. La nécessité de la rigueur ne leur a pas échappé.
Je regrette seulement que ne soient pas davantage diffusés les importants éléments de l’enquête que mena, en son temps feue Francine Dessaigne. Ses contacts avec les officiers généraux qui avaient vécu les événements dans l’entourage d’Ailleret sont très importants sur le plan historique. Les archives qu’elle a consultées, son propre Fonds Dessaigne déposé à Vincennes et ouvert à tous, sont un trésor pour les historiens. Il faut le faire savoir.
Trop des nôtres s’imaginent que la thèse gaulliste sur le 26 mars est absurde et qu’il ne faut pas perdre de temps à la réfuter. ERREUR !
Le pouvoir attend qu’il n’y ait plus de témoins pour produire ses propres documents biaisés, notamment le rapport Garat de la gendarmerie.
Ce dernier repose en particulier sur la photo d’une volkswagen criblée de projectiles. Selon les gendarmes, ces impacts prouveraient qu’il y a eu un tir de F.M. venant de la rue Lelluch. Or, nous avons fait faire une contre-expertise balistique par un expert près les tribunaux. Elle ne valide absolument pas la thèse Garat. IL FAUDRAIT EN PARLER LARGEMENT.
Ne faisons pas de la contre-propagande, faisons de l’HISTOIRE !!!!

JEAN MONNERET

14 mars 2013

Note de Rentrée

La vérité historique a ceci de particulier qu’elle est le plus souvent complexe, difficile à saisir, ramifiée, fuyante. L’être humain pour sa part, est ainsi fait qu’il préfère et de loin, la légende à la vérité. Cette dernière lui paraît souvent terne, étroite ou, en tout cas, autre que ce qu’il imaginait.
Exemple : la légende du masque de fer. Voltaire la créa de toutes pièces (ou à peu près) afin de discréditer la monarchie. Aujourd’hui, les travaux des meilleurs historiens montrent qu’il n’y a jamais eu de masque de fer, de jumeau dissimulé de Louis XIV, ni rien d’approchant. Le prétendu masque de fer était un valet de Fouquet que l’on mit à l’ombre car sa position lui avait permis de connaître de graves secrets d’état. Il portait un loup très ordinaire pendant son transfert, ce que l’imagination débridée du maître de Ferney transforma en un masque de fer, vissé et cadenassé s’il vous plaît.
Les historiens qui ont rétabli la vérité historique risquent de faire deux victimes collatérales : l’immense littérature inspirée par la légende et la vaste profusion de films qu’elle a suscitée. Aussi y a-t-il tout lieu de penser que cette légende, fort rémunératrice, survivra aux travaux des chercheurs sauf, évidemment, dans le milieu des spécialistes où l’on ne s’en laisse pas conter, si facilement

Tâche ingrate finalement que celle de l’historien, souvent contraint de dégonfler des baudruches ou de ramener à l’analyse glacée et précise des faits les esprits échauffés!
Ainsi en fut-il récemment à la mort du célèbre porteur de valises, Francis Jeanson qui fut « saluée », dans nos milieux, par des notations approximatives sur son action et sur sa biographie. Pour rester bref, il est assez schématique de dire que Jeanson était communiste. Ce serait oublier qu’il était en conflit avec le PCF sur le sujet de l’aide directe au FLN. L’activité pro-terroriste de Jeanson se fit par opposition à celle du PCF.
Il est vrai qu’en 1945, Jeanson aurait été journaliste à Alger Républicain. Cependant, il est effectivement connu comme un philosophe existentialiste proche de Sartre. En 1960, lorsqu’il organisa ses réseaux d’aide aux rebelles, il était un radical révolutionnaire d’extrême gauche. C’est dans un esprit de surenchère vis-à-vis du PCF, qui à ses yeux, n’aidait pas suffisamment le FLN, qu’il se lança dans son entreprise.
Le Bureau Politique de la Place Kossuth tenait ces groupes pour provocateurs (fidèle en cela à sa « logique » stalinienne). Certes on objectera, et on aura raison, que ces divergences sur l’aide directe au FLN, n’étaient que de caractère tactique. Stratégiquement, le PCF comme Jeanson étaient tous deux favorables à l’indépendance de l’Algérie.
Il est hors de question ici de retracer l’ensemble des conflits qui ont opposé le FLN et ses amis au PCF et à sa filiale algérienne le PCA. L’histoire de ce dernier reste à écrire. Il est important toutefois de tenir compte de la complexité des faits historiques.
Je conclurai par cette notation rapide : en aidant le FLN, les porteurs de valises se sont faits les complices de criminels. Or, il est finalement réconfortant de constater qu’en dépit d’une grande complaisance médiatique, l’appellation porteurs de valises reste marquée d’une connotation péjorative. L’opinion a senti confusément que malgré leurs efforts pour enjoliver leur passé, ces gens ont mal agi. La gauche française officielle, malgré sa conversion à l’anticolonialisme le plus primaire, les a d’ailleurs plutôt tenus à distance