On dit souvent que Jean Raspail avait prédit…..

Chers Amis,
On dit souvent que Jean Raspail avait prédit, il y a quelque 4 décennies, dans Le Camp des Saints, les torrents migratoires qui nous menacent aujourd’hui.

Sans vouloir contester les mérites de ce prosateur insigne et visionnaire, il me parait important d’indiquer que notre cher Albert Camus l’avait précédé dans cette voie. Dès I957, dans une correspondance avec Jean Grenier, il écrivait ceci:
« A longue échéance, tous les continents (jaune, noir et bistre) basculeront sur la vielle Europe.
Ils sont des centaines et des centaines de millions. Ils ont faim et ils n’ont pas peur de mourir. Nous, nous ne savons plus ni mourir, ni tuer. Il faudrait prêcher, mais l’Europe ne croit à rien. Alors, il faut attendre l’an mille ou un miracle.« 

A Camus. ( Correspondance avec Jean Grenier 1957)

Comme vous le voyez chers amis, l’auteur de La Peste avait déjà compris bien des choses. Que cela ne vous empêche pas de résister car, le bonheur est dans la lutte. Comme l’a dit aussi Camus: « Au milieu de l’ hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait dans mon coeur un été invincible ».
A vous tous salut et pugnacité
J.Monneret.

LE FLN FUT TERRORISTE

Mme Nicole Guiraud a perdu un bras en automne 1956 à la suite d’un attentat commis par le FLN au Milk-Bar à Alger. Elle a été invitée à témoigner au 7ème Collogue de l’Association Française des Victimes du Terrorisme à Paris. Fureur du FLN algérien qui craint d’être ainsi stigmatisé comme une organisation terroriste. Il a donc fait donner quelques associations satellites pour dénoncer l’invitation de Mme Guiraud.
A cette occasion, il est intéressant d’examiner l’argumentation employée par le FLN et ses sympathisants pour nier le caractère terroriste de son activité durant la guerre d’Algérie. Mme Flici, secrétaire générale de l’ONVT (Organisation Nationale algérienne des Victimes du Terrorisme) reproche à l’association française de ne pas faire de « distinction entre le terrrorisme et les actions de lutte pour la libération du peuple algérien du colonialisme criminel et barbare « . Un peu auparavant, elle avait écrit dans son communniqué: « En tant que fille de chahid (cad de combattant du FLN tombé au combat) je n’accepterai jamais qu’on cite le FLN comme organisation terroriste alors que la lutte armée durant la guerre de libération était sacrée et noble… »
IL Y A LA UNE CONFUSION CARACTERISTIQUE.

Je ne pense pas personnellement que la lutte du FLN était sacrée et noble. Mais peu importe en l’occurrence. Cette dame, elle, le croit. Il n’en demeure pas moins que son raisonnement repose sur un syllogisme grossier: La cause était sacrée et noble DONC les moyens utilisés ne peuvent pas avoir été ignobles. On pourrait sourire si la matière n’était grave. Car, la plus sacrée des causes (et celle du FLN reste ouverte à bien des contestations de ce chef) sera ,en tout état de cause, discréditée par le recours au Mal.
En d’autres termes,la fin ne justifie pas les moyens.
Il y a belle lurette que cette thèse a été réfutée dans notre vieille Europe par tous ceux, écrivains, prêtres, théologiens, philosophes qui se sont préoccupés de morale…….
Albert Camus leur a jadis prêté sa voix: « Quelle que soit la cause que l’on défend, elle restera toujours déshonorée par le massacre aveugle d’une foule innocente où le tueur sait d’avance, qu’il atteindra la femme et l’enfant. »
Nicole Guiraud est donc l’incarnation vivante du déshonneur du FLN. On comprend dès lors qu’il ne soit pas content.
Ceci est difficile à saisir par les soutiens du FLN. Il s’est même trouvé un allemand (dont il vaut mieux oublier le nom) pour juger inévitables les actions terroristes contre les Européens pendant le conflit algérien. Selon lui, la majorité de cette population soutenait le colonialisme; il était donc justifié de s’en prendre à elle. Laissons ce malheureux à ses horribles divagations.
Une certaine Mme Benhabylès, ex-ministre algérienne, a également publié un communiqué sur le même sujet. Elle, s’insurge: « Ils qualifient, dit-elle « nos résistants et moujahidines de terroristes« .
Or, le tueur qui sait d’avance qu’il atteindra la femme et l’enfant, et agit ainsi peut bien être appelé « résistant » par des idéologues, il reste un tueur.
La même dame pose plus loin une étrange question: « Dit-on de Jean Moulin qu’il était un terroriste? »
Non, évidemment, car J. Moulin n’a jamais commandé d’attentat comme ceux du Milk Bar, de la Cafétéria ou comme le massacre de Mélouza. La Résistance française a commis des erreurs. Elle n’a jamais eu recours au terrorisme en faisant périr sciemment des civils innocents visés en raison de leur origine ethnique ou religieuse.
JEAN MONNERET
1er août 2011

ALBERT CAMUS

Il faut se souvenir qu’Albert Camus était comme nous un fils du Soleil. De l’Algérie, il disait qu’elle était une « terre faite à son âme ». Il fut un authentique pied-noir car il aimait la Méditerranée et n’a cessé de songer à la Mort, en s’interrogeant sur le sens de la Vie et sur la Justice. Simultanément, il était porteur de cette joie de vivre, de cette faim de vivre qui caractérise beaucoup des nôtres. Souvenons-nous de la phrase qu’il utilisa pour nous décrire : « Ils ont mis tous leurs biens sur cette terre ». »
C’est vrai nous sommes ainsi mais également souvent, trés souvent, portés à la méditation, à la foi, à l’émerveillement devant le Divin, au mysticisme. Camus ne l’ignorait pas biensûr, lui qui sans être croyant, s’est senti parfois proche du Christianisme, particulièrement dans les dernières années de sa vie.

On se prend à rêver de ce qu’eût été notre destin collectif s’il était demeuré parmi nous. J’imagine le Prix Nobel défiant Degaulle et sa politique inhumaine. Je l’imagine dénonçant les manoeuvres, les mensonges, les barbouzes, les abandons du vrai/faux grand homme que la France eut à sa tête pendant 11 ans. Comme il eut stigmatisé aussi notre exil, notre entassement dans des centres de transit, notre non-accueil par la mère -patrie, l’hostilité envers nos enfants et envers nous! Le massacre des harkis!
Et puisque je parle de Prix Nobel, il faut en revenir à la fameuse phrase: « Je crois en la Justice mais je défendrai me mère avant la justice ». En réalité, il a dit autre chose de trés différent et de plus précis: « En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d’Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ces tramways. Si c’est cela la justice, je préfère ma mère. »
Lui seul, pouvait ainsi, en quelques courtes phrases, mettre à nu l’horreur, le côté intrinséquement criminel du terrorisme à l’heure où des misérables osent le présenter comme « l’arme des pauvres ».
L’intelligentsia gauchiste, les porteurs de valises et les porteurs de coton du FLN, le FLN lui même ne le lui pardonnèrent jamais. Déjà échaudés par L’Homme Révolté qui montrait la filiation sanglante qui unit le jacobinisme au bolchévisme, les contempteurs de Camus le poursuivirent de leur sourde hostilité. Le sinistre jean-Paul Sartre (mais il ne fut pas le seul) s’illustra de ce chef.
Non! Albert Camus n’était pas, ne fut jamais un intellectuel parisien malgré une réussite éclatante. Mais aprés tout, n’était-ce pas dans la logique des choses puisqu’il était et pour toujours un des nôtres.

7 février 2010.