L’OAS vue par Sylvie Thénault

 

Dans la revue Annales [1], Madame S. Thénault a publié une assez longue étude sur l’OAS. Elle examine notamment, à travers les archives du Tribunal de l’Ordre Public, siégeant à Tizi-Ouzou, la composition de certains commandos et leur action à Alger au second trimestre de 1962.

Elle a retenu plusieurs groupes de dossiers, à ses yeux emblématiques, et, elle analyse plus particulièrement le parcours de quatre jeunes hommes ayant participé aux activités de l’organisation clandestine. Compte tenu du titre, très globalisant, de son étude : L’OAS à Alger en 1962, on pouvait s’attendre à une analyse approfondie. Elle nous a paru sommaire, parcellaire. Voici pourquoi.

Premier Point : Qu’est-ce que le terrorisme ?

Quand elle examine l’action de l’OAS, à Alger, en 1962, Madame Thénault recourt toujours à l’adjectif terroriste pour qualifier l’action de ses commandos de rue.

Par terroriste elle entend violent. C’est là une erreur d’analyse. Que l’OAS ait été une organisation violente, personne ne le conteste. Que toute action violente, menée dans une période de crise, puisse être tenue pour illégale peut se comprendre. Qu’elle soit tenue pour illégitime ou moralement condamnable est ouvert à la discussion. Nous allons l’entamer ici, sans amalgames, sans généralisations abusives et en évitant au maximum l’emploi de l’article défini pluriel «les». Nous aurons soin aussi de ne pas confondre les différentes phases historiques de l’activité de l’OAS.

Une remarque : si toute action violente et illégale – en période de crise s’entend – devait être qualifiée de terroriste et en être subséquemment condamnée, la plupart des activités de la Résistance en France occupée devraient être condamnées. Ce serait absurde.

C’est pourtant ce que faisaient les autorités d’Occupation et leurs collaborateurs. Les accusations de terrorisme qu’ils portaient contre les résistants résultaient de leur point de vue hostile à ceux qui les combattaient. Elles n’en étaient pas justifiées pour autant. Les accusations de terrorisme que Madame Thénault porte contre l’OAS ne font qu’exprimer son hostilité envers ladite organisation.

 

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