Manuels Hachette

Avant de commencer, je voudrais réparer une injustice. Dans le Manuel Nathan TermS dont j’ai précédemment parlé ,j’ai oublié de signaler qu’on peut y lire, page 42,que le 5 juillet à Oran des centaines de Pieds-Noirs furent en levés et, pour la plupart, exécutés. Ceci est tellement rare qu’il convient de s’en féliciter, car cela prouve que les efforts raisonnés et inlassables de certains d’entre nous pour faire reconnaître ces épreuves ne sont pas vains. Même si l’opposition et le silence de plomb des media demeurent .

Le Manuel Hachette destiné aux classes SGTM n’est pas sans quelques vertus également. Le tout dans une tonalité restant généralement anticoloniale et sous-estimant complétement les handicaps démographiques de l’Algérie de l’époque, malheureusement.

Si la présentation des problèmes algériens s’ouvre par une description biaisée de la situation du pays en 1954, due à Mohammed Dib, romancier soudainement promu au rôle d’historien, de sociologue et d’économiste, elle est fort heureusement suivie de notations différentes. En termes de respect des faits et de diversité des points de vue des efforts sont à signaler :
Page 76, le terrorisme du FLN est cité.
Le massacre de Mélouza est mentionné.
Un historien considère que c’est là la moindre des choses, mais, mon étude montre que ceci ne va pas de soi pour certains rédacteurs de manuels. Il faut donc féliciter les éditions Hachette de ce chef.
L’on évitera pas toutefois la mention d’Enrico Macias, chanteur célèbre, promu au rang de parangon de la culture et de l’histoire pieds- noires .
Cependant, le Manuel Hachette destiné aux Term L/ES confirmerait plutôt les aspects positifs. Ainsi concernant la soirée du 17 octobre 1961 à Paris, marqué par une manifestation FLN, les rédacteurs ont préféré s’appuyer sur l’universitaire J-P. Brunet contrairement aux Editions Magnard qui ont fait confiance à Einaudi.
Aussaresses est cité à propos de la torture. Ce dernier point n’est pas séparé toutefois de la question du terrorisme ce qui, redisons-le, témoigne d’une absence de parti pris à remarquer.
De même, si le manuel se réfère abondamment à B. Stora, historien obligatoire dans la France actuelle, il n’oublie pas Guy Pervillé très rarement cité et même occasionnellement censuré.
Guy Pervillé démonte le mythe du Million 500.000 Algériens tués par l’Armée française( page75).
Jean Monneret