MANUEL NATHAN/ Terminales S/ Programme 2014

Il est certes regrettable que les manuels scolaires soient émaillés d’erreurs diverses. Disons-le : les bourdes pullulent. Continuer à en dresser le catalogue serait un exercice fastidieux et long, je préfère donc me concentrer sur la cause de cette situation et sur le traitement du problème du terrorisme.

Chez Nathan , le titre des chapitres consacrés à l’Algérie est prometteur : L’historien et les mémoires de la guerre d’Algérie. Il est presqu’agréable de constater que l’on est qu’à moitié déçu à l’arrivée. Un effort est fait pour présenter les différentes mémoires : celle des Algériens, celle des Pieds-Noirs, celle des Anciens Combattants etc�?�..Ceci a le mérite de reconstituer une certaine diversité des points de vue gravement absente de nombre de manuels en raison du recours trop fréquent et exclusif à des historiens « anticoloniaux » et quasiment officiels.
Ceci est moins apparent dans ce manuel Nathan, lequel recommande la lecture de Stora mais aussi celle de Mme Verdès-Leroux. On croit rêver. Il faut bien signaler cette rareté car nous n’y sommes vraiment pas habitués. Ajoutons que la Guerre d’Algérie est justement présentée comme une guerre civile, ce qui n’est pas souvent dit.
Pour autant, le travail historique de présentation du terrorisme, fléau majeur est-il fait ? Donne-t-on à réfléchir aux jeunes générations à propos de ce problème-clé ? La réponse est malheureusement négative.
Malgré ce qui ressemble vaguement à de bonnes intentions, le Nathan ne parle pas de terrorisme. Pas ses rédacteurs en tout cas. Le terme est employé dans un extrait du Manifeste de 521 Officiers Généraux ayant servi en Algérie. C’est tout. C’est peu.
A quoi bon dire que les mémoires doivent s’apaiser ou encore se réconcilier(pas moins) ?
Encore faut-il auparavant parler de tous les aspects de cette guerre.
Car, se borner à décrire l’action du FLN comme une série d’attentats sans évoquer les victimes civiles, souvent et systématiquement visées, réserver le qualificatif de terroristes à certains protagonistes, en exonérer d’autres, c’est manquer au devoir d’information. Le tout au profit de considérations politiques, diplomatiques ou tout simplement par préjugé idéologique.
L’Histoire et la compréhension de ce qu’est le terrorisme méritent mieux. Beaucoup mieux.
Jean Monneret.
*Par terrorisme, l’auteur de ces lignes entend : l’assassinat délibéré par des mouvements révolutionnaires de civils innocents, souvent massivement, et sur la base de critères ethniques ou religieux.